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Trémeau Bernard - mardi 26 mai 2009

inflation
Yves Morin, un de nos lecteurs, s’oppose à la sortie de l’euro et au retour au franc pour dévaluer. Il pense donc que la parité fixée en 1999 et liant actuellement le franc à l’euro est bonne pour notre pays.
Je peux me tromper, bien évidemment, mais je pense que, mal informé, M. Morin se trompe.

En effet, depuis 1999 et l’euro, gouvernements et syndicats français unissent leurs efforts pour alourdir les prix de revient de nos entreprises. Et tous les ans, les coûts de production augmentent en France d’environ 3 % de plus que les coûts allemands. Il existe donc une « inflation » annuelle française supérieure de 3 % environ à l’inflation allemande.

Les Français chassent ainsi les consommateurs, car les droits de douane ont été supprimés. Depuis 1999, exportations et importations ont certes progressé. Mais, du fait de l’augmentation plus rapide des coûts français, les importations françaises croissent plus rapidement que les exportations. À qualité égale, les consommateurs français, préfèrent acheter des produits allemands moins coûteux. De ce fait, en 2004, la balance commerciale de la France a commencé à devenir négative. Et, depuis, le déficit s’aggrave régulièrement. Il bat chaque mois un nouveau record. Et, ce trimestre, pour la première fois depuis 1967, les exportations françaises ont chuté au lieu de progresser encore. Mais pratiquement personne ne parle de tous ces chiffres officiels.

Les Français chassent leurs entreprises qui ont de moins en moins de clients. Elles sont obligées soit de déposer leur bilan, soit de délocaliser une partie ou la totalité de leur production.

Les Français chassent les investisseurs, là où le capital investi est plus rentable, en Allemagne ou en Pologne. Or, l’investissement est le seul moteur de l’augmentation de notre pouvoir d’achat.

Les Français chassent enfin les capitaux et les sièges sociaux de leurs entreprises dans les « paradis fiscaux ». La Suisse, le Luxembourg ou le Liechtenstein les accueillent avec joie.

Enfin, les bons du trésor français, exposés à une dévaluation, trouvent de moins en moins d’acheteurs. Les possesseurs de capitaux leur préfèrent les bons allemands ou américains.

Contrairement à Yves Morin, je pense qu’inflation, fuite des entreprises ou fuite des capitaux font partie de notre vie depuis des années. Mon analyse repose sur des chiffres officiels que tout le monde peut vérifier, ce qui est long. Ou consulter très rapidement en ouvrant le blog de mon ami Jean Pierre Chevallier (jpchevallier.fr).

Quant aux « dévaluations en cascade », qui effraient M. Morin, le choix d’un « cours flottant » entre le franc et l’euro les rendrait totalement inutiles. C’est le choix fait depuis 10 ans entre l’euro et le franc suisse ou le dollar.

Enfin, le passage de l’euro au franc ne pose pas de problème technique. La France a en effet conservé sa Banque centrale, sa monnaie et ses coins, son Imprimerie nationale et sa planche à billets. On peut en 24 heures passer de la fabrication d’euros à la fabrication de francs. Mais il faudra changer toutes les étiquettes.

Le passage de l’euro au franc serait un véritable tsunami politique auquel l’opinion publique française n’est pas préparée. M. Morin a donc raison de dire qu’il est totalement irréaliste. Mais il nous semble possible de « dévaluer » sans sortir de l’euro. Imaginons qu’il existe en 2009 une augmentation de 2,28 % des coûts de production français alors que les coûts allemands sont stables. La création d’une taxe de 2,28 % sur tous les produits allemands importés en France rétablira la compétitivité des entreprises françaises. Les gouvernements européens peuvent parfaitement décider d’une telle taxe. Elle supprimerait totalement les effets du libre-échange associé à des comportements inflationnistes différents. Sans avoir besoin de sortir de l’euro… Elle aboutirait en pratique à modifier tous les ans la parité liant le franc à l’euro.

Nous ne pouvons pas continuer sans « dévaluer ». Car, quand le chômage dépasse 10 %, des troubles sociaux de plus en plus graves apparaissent toujours. Quand il dépasse chez nos jeunes 20 %, on tire à la kalachnikov sur les policiers. Que nous propose M. Morin ?

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En bref
Garde à vue
Le nombre de gardes à vue en France s’est élevé à 577 816 en 2008, soit une hausse de 35,4 % en cinq ans !

Chiffres significatifs
Voiture > Les ventes de voitures neuves en Europe ont reculé en avril pour le douzième mois consécutif. Sur les quatre premiers mois de 2009, la baisse est de 15,9 % !

Ile-de-France > L’Ile-de-France regroupe environ un Français sur cinq : 11,4 millions d’habitants. Mais elle produit près du tiers du PIB : 29 %.

Industrie > La production industrielle a diminué de 1,4 % entre février et mars. Cela porte le repli du premier trimestre à 6,9 % par rapport au dernier trimestre de 2008.

Investissement > Les investissements des entreprises américaines ont chuté de 37,9 % en moyenne annuelle au cours du premier trimestre 2009 !

Japon > Le Japon prévoit une diminution de 6,2 % de son PIB en 2009 !

Embryon > Chaque année, 238 000 embryons sont conçus en France au cours de l’une des 119 649 interventions d’assistance médicale à la procréation (AMP). Ils donnent lieu à quelque 7 300 accouchements seulement (les autres embryons conçus étant détruits ou congelés).

Plaisance > Le secteur de la marine de plaisance emploie quelque 40 000 personnes en France.

Chômage > Le taux de chômage est passé à 7,9 % dans l’Union européenne à la fin du mois de février, contre 6,8 % en février 2008. Dans la zone euro, la hausse est plus sensible encore : le chômage est passé de 7,2 % à 8,5 %.




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