Trémeau Bernard - dimanche 16 janvier 2005
Notre Président a présenté ses vœux aux « forces vives » de la Nation. Depuis des années, nous signalons, semaine après semaine, la dégradation de notre économie. Il est heureux de constater que notre Président s’est rendu compte que l’économie de la France était très anémique. Mais, à la lecture des mesures préconisées, on comprend mal la vision de l’économie du Président.
Il ouvre le feu en annonçant qu’on va augmenter les aides sociales : prestations familiales, personnes âgées dépendantes, handicapés, etc.
Parfait, mais on ne parle pas du financement. Si on augmente les impôts des entreprises, elles seront encore moins compétitives. Si on augmente les impôts des riches, les capitaux fuiront encore un peu plus. Il faut donc uniquement augmenter les impôts de Monsieur tout le monde. Les Français seront-ils consentants ?
Il est aussi possible d’emprunter pour financer la politique sociale. On augmente alors le déficit budgétaire français. On fait reposer la générosité présente sur une augmentation de la dette. On contraint les générations futures à payer. C’est exactement le contraire du « développement durable », si cher au Président.
Le SMIC sera augmenté de 5 %, ce qui réjouira tous ceux qui ont trouvé un emploi et qui le conserveront. Mais cette mesure fera, selon l’INSEE, environ 200 000 chômeurs supplémentaires. Les jeunes sans expérience et les vieux en fin de carrière seront un peu plus éliminés du marché du travail. Le Président veut lutter contre l’anémie grave qui touche l’économie française en lui imposant une importante saignée supplémentaire. Le traitement proposé peut être mortel…
Toutes ces mesures généreuses ont un support économique connu : elles augmenteraient la demande, donc relanceraient l’économie. Malheureusement, l’expérience montre que ce type d’action augmente d’abord l’inflation, et très peu l’activité économique.
Le Président annonce pour le futur la suppression des charges sociales des salariés embauchés au SMIC ou la diminution des impôts… Malheureusement, plus personne n’y croit. Plus on parle de diminuer les impôts, plus leur masse augmente au contraire…
Il faut moderniser le service public chargé de l’emploi. Plusieurs administrations publiques existent déjà en France pour trouver des emplois aux chômeurs ; chaque gouvernement ayant tendance à créer la sienne. Le président les menace de les contraindre à fusionner. Pourquoi ne pas prendre la décision de n’en conserver qu’une seule, mise en parfaite concurrence avec les entreprises privées qui s’occupent aussi du problème ? Le Président menace seulement d’être énergique… L’énorme poids de la fonction publique qui anémie notre économie ne sera pas allégé.
Reste enfin le gros morceau du programme présidentiel. On va donner à la France les moyens d’une grande ambition industrielle. Le gouvernement va aider les entreprises qui se lancent dans la recherche, et une longue énumération suit, allant de la voiture propre à l’énergie solaire, de la lutte contre les émissions de CO2 à la sécurisation d’internet, ou du traitement des maladies infectieuses au traitement des maladies nerveuses dégénératives. Il existe déjà de nombreuses administrations publiques qui s’occupent de tous ces problèmes. Une de plus, touchant à tout, sera-t-elle plus efficace ?
Pour innover et investir, nos entreprises n’ont pas besoin d’un saupoudrage de subventions. Elles ont besoin de ne plus être plumées. Il ne faut pas créer une contrainte administrative supplémentaire apportant quelques globules rouges. Il faut supprimer celles qui anémient dangereusement notre économie.
Par contre, quand notre gouvernement choisit de financer un grand projet innovant et très coûteux, comme la production d’énergie atomique propre avec ITER, personne ne peut le remplacer. Il est alors totalement dans son rôle.
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COURRIER Pas de trêve pour l’antiaméricanisme des médias français. C’est un commentaire fielleux et hâtif, pour souligner la contribution financière jugée insuffisante des États-Unis. Puis, un président d’ONG française qui fustige George Bush pour avoir employé le mot « coalition » lorsqu’il a appelé à une coordination des moyens. Enfin, un envoyé spécial de France2 signale que la seule présence efficace est celle des hélicoptères de l’US Navy. Las ! Son commentaire ayant été jugé trop complaisant, il s’empressa de le corriger dans les journaux suivants…
Pierre Deguinet Garches (92)
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