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Une folle semaine pour l'économie


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Trémeau Bernard - mercredi 17 février 2010

euro
Mardi 9 février 2010 : Joseph Stiglitz annonce la fin du monde. Prix Nobel d’économie très écouté par Nicolas Sarkozy, Joseph Stiglitz a sorti un livre intitulé en américain « Chute libre ». Il y annonce que l’économie mondiale est actuellement dans la même situation qu’une tuile qui a été arrachée du toit par la tempête. Elle tombe en chute libre depuis la dernière crise et va éclater dans quelques instants en mille morceaux en arrivant sur le sol.

Quand on est prix Nobel d’économie, écrire un bouquin qui raconte la réalité et indique que la reprise a déjà bien démarré depuis octobre 2009 aux USA, ne procure pas beaucoup de lecteurs. Annoncer, par contre, la brutale « fin du monde » économique et la décrire avec d’excellents détails attirera des milliers, voire des millions de lecteurs. On lit encore très souvent l’Apocalypse écrite par saint Jean voici presque 2 000 ans…

Mercredi 10 février : brutale spéculation contre l’euro.

Tous les pays de la vieille Europe dépensent plus qu’ils ne gagnent. Ils empruntent donc de l’argent en émettant des obligations d’État.
Certains pays sont « sages » comme l’Allemagne et respectent pratiquement la signature qu’ils ont donnée au traité de Maastricht. Quand un problème survient, gouvernement, patrons et syndicats s’assoient à une même table et trouvent une solution.

Mais d’autres pays, méditerranéens, comme la Grèce, le Portugal ou la France n’ont pas cette sagesse. Ils dépensent beaucoup plus qu’ils ne gagnent. Et, pour être réélus, leurs responsables n’hésitent pas à offrir aux électeurs toujours plus que leur concurrent : médecine gratuite, retraite à 60 ans, semaine de 40 heures, voire « droit au logement » pour les parents. École gratuite, voire droit à l’ordinateur pour les enfants. L’État paye.

En plus, tous ceux qui nous of­frent ces services « gratuits » sont des fonctionnaires ayant un « statut » solide comme du béton. Ils sont assurés de ne pas perdre leur emploi et de voir leurs salaires augmenter régulièrement avec l’ancienneté. Ils exigent d’abord en permanence des embauches supplémentaires pour avoir moins de travail au quotidien. Certains d’entre eux n’hésitent pas à utiliser la violence pour obtenir encore plus. Ils se mettent en grève, défilent dans les rues, séques­trent leur patron, menacent d’incendier leur usine, voire attaquent les CRS.

De ce fait, les prix grimpent bien plus rapidement en Grèce qu’en Allemagne. La balance commerciale grecque est de plus en plus négative. Les investisseurs fuient, ce qui aggrave le mal. Et, le 10 février, ceux qui ont beaucoup d’argent à prêter ont pensé que cette situation ne pouvait plus durer. Donc que la Grèce allait être obligée de quitter l’euro pour dévaluer et ainsi rendre à nouveau ses entreprises compétitives. Ils ont alors massivement vendu les obligations grecques qu’ils détenaient et acheté à la place des obligations allemandes ou américaines. Les prix des obligations indiquent que les marchés pensent qu’une dévaluation de 30 % de la drachme par rapport au mark serait nécessaire – de même qu’une dévaluation de 12 % pour le franc…

Jeudi 11 février, 17 heures : Angela Merkel et Nicolas Sarkozy s’opposent à la fin de l’euro.
Allemagne et France pensent qu’il faut sauver l’union monétaire liant entre eux les pays européens. Le FMI qui proposait d’aider la Grèce est renvoyé à Washington. Et la France et l’Allemagne ont décidé de prêter de l’argent à la Grèce, puisque les marchés financiers ne voulaient plus le faire.
Ces prêts vont lui permettre de payer ses fonctionnaires, sa nombreuse armée en particulier.
Mais ils ne changent rien au problème de fond : les prix sont en Grèce actuellement supérieurs de 30 % aux prix allemands. Il faudra donc dévaluer, rapidement, d’une façon ou d’une autre.

Pour le futur, on parle d’imposer à tous les pays d’Europe la même « gouvernance fiscale ».
Une seule petite question : les Français devront-ils adopter la TVA sociale allemande ? Ou les Allemands adopter les charges sociales françaises ?

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En bref
Villepinistes
Selon Ma­rie-Anne Montchamp, ancien ministre et proche de Dominique de Villepin, 127 députés sur les 327 que compte le groupe UMP seraient susceptibles de « lâcher » Nicolas Sarko­zy… et peut-être de se rallier à la candidature de l’ancien Premier ministre.

Divers faits
Drogue > Au cours des 30 dernières années, les forces armées mexicaines ont perdu 626 hommes dans la lutte contre les narco-trafiquants, dont 126 depuis l’entrée en fonction du président Calderon (en 2006).

Immigration > Notre confrère « Rivarol » signale un « fait divers » dont les « grands médias » ne se sont pas empressés de parler : un barbare a été condamné à 20 ans de prison pour avoir arraché les yeux de son épouse qui, lasse de ses brutalités, refusait de se soumettre au devoir conjugal. Peut-être l’explication du mutisme des médias s’explique-t-il par le fait que l’homme était un immigré marocain, depuis interdit de séjour chez nous…

Finlande > La Finlande est le pays d’Europe le plus « psychiatrisé » : 30 psychiatres pour 100 000 habitants. À l’inverse, l’Albanie est celui qui compte le moins de psychia­tres (3 pour 100 000)…

Serpent > Dans le monde, 20 000 personnes meurent chaque année des suites d’une morsure de serpent.

Emploi > Au troisième trimestre de l’année 2009, 1,02 million d’emplois ont été détruits dans l’Union européenne, dont 712 000 dans la zone euro !

Suez > Sur les dix premiers mois de 2009, le canal de Suez a rapporté à l’Égypte 3 milliards de dollars. Soit 25 % de moins que sur la même période de 2008 !




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