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Une malsaine atmosphère de curée


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Milliere Guy - mercredi 22 septembre 2010

sarkozy, retraites
Je n’ai, en ces colonnes, pas épargné Nicolas Sar­kozy. Je pense qu’il a gaspillé sa présidence et réduit à néant la possibilité d’une effective rupture. Je pense qu’il a permis à une gauche profondément débile et délétère de se refaire une santé et d’avoir toutes ses chances lors de l’élection de 2012.

Avoir placé les Roms en position de boucs émissaires, alors que le problème essentiel de l’insécurité réside dans ce qu’on appelle les « banlieues de l’islam » (ou, com­me on dit dans les médias aseptisés, les « quartiers sensibles »), est une faute morale et politique et une forme d’aveu d’impuissance qui ne dit pas son nom.

Enfin, je pense que la réforme des retraites qui vient d’être adoptée à l’Assemblée est une réforme pusillanime qui ne résoudra rien et ne fera que reporter à une période ultérieure (et assez proche) la véritable résolution des problèmes et la faillite d’un système essentiellement frauduleux.

Néanmoins, il règne aujourd’hui dans ce pays une atmosphère de curée qui me semble profondément malsaine et indigne.

Cela a commencé avec la prétendue affaire Woerth. Éric Woerth étant en charge du dossier des retraites, il y a eu, clairement, vo­lonté de le faire tomber. Ceux qui ont voulu le faire tomber espéraient sans doute que le dossier passe à la trappe avec lui. Tout ce dont on accuse Éric Woerth, et qui fait les titres des journaux depuis deux mois, est pratiqué par tous les hommes politiques en France depuis des lustres – et, souvent, à un niveau de gravité bien plus important. La chasse à l’homme est une pratique de république bananière ou de démocratie populaire. Elle n’a pas sa place dans un pays civilisé.

Je n’avais déjà qu’une piètre opinion des grands médias français ; j’ai vu qu’ils pouvaient encore descendre dans mon estime, ce qui me semblait pourtant assez difficile !

La chasse à l’homme contre Éric Woerth s’est accompagnée d’une chasse à la milliardaire, Liliane Bettencourt, absolument nauséabonde et très révélatrice du rapport putride qu’entretient ce pays avec l’argent : si on gagne ou Loto ou si on est en couverture des magazines « people » – en somme, si on n’a rien fait pour gagner une fortune –, on est en quelque sorte exonéré moralement. Si on est un homme ou une femme d’affaires (et c’est ce qu’a été Liliane Bettencourt), on peut se trouver traîné dans la boue avec l’acharnement que peuvent avoir les roquets lorsqu’ils se trouvent face à une proie facile.

Il y a du courage ou de l’inconscience chez Liliane Bettencourt à être restée dans ce pays : la plupart de ceux qui ont très bien gagné leur vie en France sont partis à l’étranger : en Suisse, en Belgique ou au Royaume-Uni, parfois plus loin. Au vu de ce qui vient de se passer, on peut les comprendre. Ce n’est pas seulement l’argent qu’ils ont gagné qui se trouve mis à l’abri, mais leur propre personne et leur vie privée.

Comme si tout cela ne suffisait pas, les attaques personnelles contre Nicolas Sarkozy s’ajoutent en toile de fond et, maintenant, les attaques contre son épouse, selon des méthodes du journalisme de poubelle.

Quand, dans un pays, la presse d’investigation reprend les procédés de la presse à scandale, et quand des magazines autrefois honorables s’essaient à ressembler à Voici ou Gala, c’est que ce pays est très malade.

Quand, plutôt que de critiquer une politique, on s’en prend aux personnes et qu’on semble prêt, pour cela, à utiliser des façons de faire léninistes ou fascistes, c’est que ce pays est plus malade encore.

Nous en sommes là. Nicolas Sarkozy et l’UMP ont gouverné n’importe comment, et fait n’importe quoi, depuis trois ans. Ils ont adopté un comportement erratique, tissé d’impulsions désordonnées et de gestes contradictoires. Peut-être que le fait que cette période s’achève comme elle semble en train de s’achever est une suite logique, hélas. Mais voir la gauche espérer revenir au pouvoir, et avoir les meilleures chances de l’emporter, en pratiquant la démagogie la plus vile, en utilisant des promesses sorties de l’esprit de crétins incurables et en s’appuyant sur des campagnes de presse vomitives, suffit à provoquer mon dégoût. Jusqu’où allons-nous donc tomber ?

Je n’ai pas quitté la France parce que j’ai des parents âgés que je ne puis abandonner. Mais pas grand-chose d’autre ne me retient !

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En bref
Drogue
En croisant les prélèvements de résidus de cocaïne et d’ectasy dans les eaux usées avec les données démographiques, des chercheurs de la faculté de pharmacie de Chatenay-Malabry ont déduit qu’il se consommait 645 mg de cocaïne et 7 mg d’ectasy par jour de semaine pour 1 000 jeunes adultes de 15 à 44 ans. Ces chiffres montent même à 979 mg de cocaïne et 15 mg d’ecstasy par jour de week-end !

Divers faits
Bâle > Le canton de Bâle vient de rendre les cours de natation obligatoires et a instauré des amendes pour les parents (le plus souvent musulmans) qui interdiraient à leurs filles de s’y rendre…

Mosquée > Le député UMP, Louis Guédon, a mis en parallèle le tintamarre médiatique qui accompagne les actes de vandalisme sur des mosquées (13 actes recensés en 2008) et le silence assourdissant qui entoure les mêmes actes commis sur des églises (266 cas en 2008)…

Bohémiens > Un lecteur nous transmet cette information publiée sur Wikipédia : « Dès 1666, par souci d’éviter le vagabondage transfrontalier et par défiance pour leur utilisation par certains nobles, Louis XIV décrète que tous les Bohémiens (aujourd’hui Roms) de sexe masculin doivent être arrêtés et envoyés aux galères sans procès. L’ordonnance du 11 juillet 1682 confirme et ordonne que tous les Bohémiens mâles soient dans toutes les provinces du Royaume où ils vivent, condamnés aux galères à perpétuité, leurs femmes rasées et leurs enfants enfermés dans des hospices. Une peine était en outre portée contre les nobles qui donnaient dans leurs châteaux un asile aux bohémiens ; leurs fiefs étaient frappés de confiscation. »




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