Lambert Christian - mercredi 21 mai 2008
humour
Autrefois, l’on chantait dans les églises : « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau. » On ne chante plus guère désormais dans les églises, mais le mois de mai est toujours considéré comme le plus beau. Pensez donc, des jours fériés à répétition dont trois peuvent tomber un jeudi, ce qui fait des semaines très allégées. Départ le mercredi, et même le mardi, retour le dimanche soir, voire le lundi. Mais, à bien y réfléchir, le mois de mai n’est pas très loin de l’été, donc des grandes vacances. Alors ne croyez-vous pas que le mieux serait de partir en vacances le 1er mai et de revenir le 1er octobre ? Ce serait tellement plus simple !
Pendant ces 5 mois, on pourrait donc partir en vacances, les grandes, les vraies, à la mer, à la montagne, et ailleurs. On a l’embarras du choix. Les « tour-operators » comme on dit en français, innombrables, sont là pour vous conseiller. On vous proposera la Mauritanie et son désert fascinant, la balle de kalachnikov dans la tête par Al-Qaïda, le Sud tunisien et son désert non moins fascinant avec enlèvement, assuré toujours par Al Qaïda. Ceci dit, ne dramatisons pas. La libération vous sera accordée contre 3 millions d’euros que le contribuable bien de chez nous finira par verser avec ses compliments. Et pour patienter, vous aurez du couscous !
La Turquie ? Facile de s’y rendre. C’est pour revenir que c’est parfois un peu difficile. Mais on peut aller plus loin. Dans des pays sûrs, ou à peu près sûrs. Aux États-Unis, par exemple. Mais alors, aux États-Unis, évitez de chanter : « Les patrons sont des salauds, le marxisme-léninisme-trotskisme, ya qu’ça d’vrai… » Les Américains, qui sont pragmatiques, n’apprécieraient pas.
Le Japon, plus loin encore. Mais attention, le Japon est un pays propre, sérieux, travailleur, et d’une grande politesse. Vous y serez donc dépaysés…
Malheureusement, les vacances ont une fin. Le 1er octobre, c’est la rentrée. Pas tout à fait. On a un recours : les congés pour maladie. Pensez-y, trois jours par-ci, cinq jours par-là, ça arrange bien… Ce qui peut permettre d’atteindre la Toussaint. Il faut tout de même un peu de religion !
Comme me disait un ex-sans papier, régularisé grâce à la CGT : « Mon saint à moi, c’est le saint Dycat ! » Puis arrivent les saintes vacances de Noël, suivies généralement des vacances de neige, car en janvier-février, la neige est, paraît-il, plus poudreuse. Quel délice, avec les avalanches qui chaque année massacrent pas mal de skieurs. Mais, là encore, pas de pessimisme, les survivants peuvent partir en vacances pour Mardi gras, ce qui est bien compréhensible avant le Carême. Sans doute n’observe-t-on plus guère le jeûne que l’Église recommandait naguère. Profitez-en bien, car dans la nouvelle République Islamique de France, avant longtemps, il faudra faire le Ramadan et en ces temps futurs et prochains, le rôti de porc arrosé de Côtes-du-Rhône, fini ! Sauf à être décapité par le cimeterre d’un futur martyr qui, lui, fidèle mahométan, sera un jour accueilli au paradis par 72 vierges qui déjà se préparent…
Et nous revoici en mai, le mois le plus beau donc, qui commence par la fête du travail, qui est le jour de l’année où l’on travaille le moins. Il faut dire que les autres jours, on ne travaille pas beaucoup non plus. Les 35 heures permettent de travailler de façon mesurée. Le sigle magique RTT brille au firmament des travailleurs. Comme on dit en haut lieu : « Travaillez peu pour gagner peu » On arrive même dans une grande entreprise nationale de transports ferroviaires à travailler par semaine 34 h 39 minutes. Il faut dire que cette grande entreprise de transports est subventionnée par le contribuable à raison de plusieurs milliards d’euros par an, ce qui permet à l’entreprise de faire des bénéfices, mais pas le contribuable, ce malheureux citoyen dont le nom commence horriblement mal…
Tout ceci pour dire que la France est champion du monde toutes catégories pour ce qui est des vacances. C’est le pays industriel où l’on travaille le moins avec, hélas et logiquement, les résultats économiques et financiers désastreux que l’on connaît.
Christian Lambert
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