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Une reprise économique en trompe-l’œil


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Gérard Jean Pierre - mardi 27 octobre 2009


La quasi-totalité des analystes économiques acceptent l’augure d’une reprise de l’activité. Et les satisfecits de pleuvoir d’autant plus drus que les mêmes n’avaient rien vu venir et ne comprennent toujours pas que rien n’est réglé.
La morphine monétaire a fait son effet, mais l’ensemble du monde est devenu monétaro-morphinomane, sans que quiconque envisage de changer son style de vie et surtout d’abandonner ses théories stupides.

Tout d’abord, des réflexions de bon sens.

1) La dictature des pourcentages pris dans n’importe quel sens nous conduit à de graves erreurs d’analyse. Ainsi on annonce une reprise de 0,3 %, après 3 trimestres de baisses consécutives de 0,2 %, 1,5 %, et 1,2 %. Partant d’une valeur de 100, cela nous donne une valeur du PIB de 97,32 auquel une croissance de 0,3 donnera une valeur de 97,61. Le PIB étant de 1 800 milliards d’?, cela signifie qu’il a perdu 43 milliards d’?…

2) Il est en outre fort vraisemblable que tous ces chiffres soient biaisés par la spécificité française du poids administratif. Sachant que la « production des administrations » est comptabilisée au coût des facteurs et que, par ailleurs, les coûts desdites administrations ont continué d’augmenter, il en résulte mécaniquement que le tissu productif français s’est encore affaibli.

3) On se réfère à la tenue du marché boursier pour espérer la reprise. Or, ce marché était toujours au mois d’août sujet à des variations erratiques qui n’ont que peu de signification, eu égard au petit nombre des transactions.

4) Par ailleurs, l’évolution favorable de la bourse n’est pas significative de l’amélioration de l’activité, je pense même que c’est souvent le contraire. Les masses monétaires disponibles sont infiniment plus importantes en valeur que la masse des opportunités d’investissement dans les financements des entreprises. Mécaniquement, il en résulte une appréciation des valeurs mobilières.

Alors, autant le dire tout net, je ne crois pas à la résorption des difficultés, ni même à une reprise durable. Du côté positif de la balance, mettons l’extinction de l’explosion financière de septembre 2008. Due aux subprimes, elle a été étouffée par la mise sur le marché monétaire de masses considérables. Je pense qu’une fois l’explosion arrivée, il n’y avait guère d’autre moyen d’agir. Le drame c’est qu’on a étouffé l’explosion en la noyant sous de l’explosif.

La procédure d’urgence ne doit pas masquer toutes les conséquences négatives qui en sont résulté pour l’économie. Car, à chaque crise, après avoir affirmé qu’on a pris toutes les mesures, tout recommence comme avant, et la pseudo-croissance induite par l’inflation de la valeur des actifs entraîne les mêmes explosions.

Pour la première fois, les actifs toxiques des banques ne correspondent pas à des surévaluations d’actifs réels, mais à de faux actifs puisqu’il s’agit de créances garanties par des dettes irrécouvrables. Or, les estimations les plus basses de ces actifs s’élèvent à 70 000 milliards de $ (alors que la richesse mondiale est de l’ordre de 70 à 80 000 milliards de $).
Intéressons-nous à présent aux effets sur l’économie réelle.

La première conséquence entraîne la léthargie du financement des projets nouveaux et de l’éventuel redémarrage de l’activité.
La deuxième conséquence consacre l’irresponsabilité bancaire. À quoi bon la prudence puisqu’on sait que les États viendront toujours renflouer les banques ?

La troisième conséquence, c’est la disparition de tout un tissu qui ne renaîtra pas. La quatrième erreur est celle de l’emprunt. Comment un pays endetté de plus de 2 000 milliards d’? selon les chiffres officiels peut-il envisager de faire un emprunt ?
Enfin, à beaucoup plus long terme, nous aurons des mécanismes qui viendront nécessairement limiter le potentiel de croissance réelle, avec l’inévitable inflation et la croissance de la fiscalité.

Tout est réuni pour une activité en tôle ondulée de faible amplitude et donc un chômage fluctuant autour d’une moyenne élevée
. Incapables de rembourser nos emprunts, incapables de satisfaire les légitimes aspirations des Français, incapables de poursuivre la politique de redistribution avec laquelle on achète la paix sociale, nous perdrons notre indépendance économique, militaire et finalement politique…

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En bref
Dette
En 2008, la dette des collectivités territoriales s’élevait à 112,6 milliards d’euros, en hausse de 7,2 % par rapport à 2007. Les intérêts de la dette ont représenté une dépense de 4,6 milliards d’euros, en hausse de 9,4 % par rapport à 2007.

Chiffres significatifs
Professeurs > La France compte 457 200 enseignants en collège et lycée (toutes filières confondues).

Chômage > 2 204 500 Français sont inscrits au Pôle emploi service.

Fonds > Alors que les actifs des fonds souverains représentent actuellement un encours de l’ordre de 3 000 milliards de dollars, on estime qu’ils atteindront 7 000 milliards en 2019 !

Cadres > Entre 140 et 150 000 cadres devraient être embauchés cette année en France, contre 200 000 en 2008.

Pharmacie > Les pharmaciens propriétaires de leur officine gagnent en moyenne 132 000 euros par an. Entre 2001 et 2006, ce revenu a diminué en moyenne de 0,6 % par an…

Nuit > 42 % des Français laissent leur portable allumé durant la nuit.

Enfants > L’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (oui, ça existe !) soutient que 200 000 enfants seraient élevés dans des foyers homosexuels. Ce n’est jamais que 5 fois plus que les chiffres donnés par l’Ined (40 000), chiffre qui est probablement déjà surestimé !

Croissance > Le budget américain pour 2010 prévoit un déficit record de 1 750 milliards de dollars et 3 552 milliards de dollars de dépenses !




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