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Union méditerranéenne : attention, danger


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Lambert Christian - mercredi 05 mars 2008

europe
L’anti-sarkozysme systématique est à proscrire. Il ne peut que nuire aux droites quelles qu’elles soient. N’oublions pas que si Ségolène Royal avait été élue à la tête de l’État, la situation en France serait aujourd’hui probablement pire encore. Ceci dit, il serait éminemment souhaitable que notre Président cesse de « multiplier les bourdes, les gaffes et les impairs comme s’il voulait se suicider politiquement » comme l’écrit fort justement Pierre Lance dans « Les 4 Vérités » du 22 février 2008.

Or, pour l’avenir proche qui pourrait bien être à l’image de ces derniers mois, on reste inquiet. Au plan international notamment, on voit se profiler une erreur qui pourrait coûter cher. Une nouvelle fois, mal conseillé, Nicolas Sarkozy a lancé l’idée d’une vaste Union Méditerranéenne. Cette union serait formée des pays suivants : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Israël, l’Autorité palestinienne (Fatah et Hamas ?), Liban, Syrie, Turquie, Grèce et si l’on considère la mer Adriatique comme partie intégrante de la Méditerranée, ce qui, il est vrai, est discutable, on aurait l’Albanie, le Monténégro, la Croatie, la Slovénie, puis l’Italie et l’Espagne sans oublier les Îles : Chypre et Malte, soit 19 États avec la France, sauf omission de ma part, plus un certain nombre de pays de l’Union Européenne, non méditerranéens comme le Portugal, s’ils veulent bien venir, peut-être cinq ou six.
On arriverait alors à quelque 25 délégations officielles qui se réuniront les 12, 13, 14 juillet à Paris. On n’en est plus au stade verbal. Les invitations, à ma connaissance, ont été lancées et un ambassadeur a été nommé pour piloter le projet.

Il va sans dire qu’un tel rassemblement, à ce niveau-là, pose pour commencer des problèmes considérables de sécurité.
25 chefs d’État à Paris, plus le nôtre, au même endroit font espérer que ce jour-là, il n’y aura pas dans le ciel de Paris un avion kamikaze.

Par ailleurs, si chaque délégation compte en moyenne 50 membres, il faudra réquisitionner la plupart des palaces parisiens pour les héberger : 1 250 chambres et suites princières, plus les escortes et les protections individuelles. Le contribuable paiera. Il a l’habitude.

Plus important est le fond politique. Les pays arabes et musulmans du sud de la Méditerranée sont très favorables au projet parce que, profitant de la circonstance, ils comptent bien obtenir de l’Europe davantage d’argent et de visas. Ils se plaindront, stigmatiseront le « colonialisme », revendiqueront avec véhémence sous la houlette du chef d’orchestre, notre grand ami Mu’ammar al Kadhafi, guide suprême de la Grande Jamahiriya Libyenne Populaire et Socialiste dont on espère qu’il ne plantera pas sa tente de Bédouin, cette fois-ci, sur le parvis de la cathédrale de Paris.

Plus grave encore est l’importation, à cette occasion, à tout le moins le rapprochement en France, de conflits qui secouent le Proche-Orient depuis soixante ans. Il me semble qu’on n’a pas vocation à traiter dans une ambiance qui peut être très tendue, de la guerre entre Israéliens et Palestiniens, entre Turcs et Kurdes sur fond d’extrémisme islamiste, alimenté par l’Iran, la Syrie et Al Qaïda. N’a-t-on pas assez de problèmes à l’intérieur de nos frontières ? Faut-il mettre sur notre table des problèmes insolubles qui ne nous concernent pas directement ? Et pour quel résultat ?

Ce n’est pas tout. Je rappelle que l’Union Méditerranéenne existe déjà sous forme d’une administration peu connue mais très onéreuse, « le Processus de Barcelone » qui, fondée en 1995, paraît n’avoir d’autre bilan tangible que ses budgets alimentés par l’Union Européenne, soit quelque 9 milliards, je dis bien milliards, d’euros depuis 1995, plus des prêts accordés surtout au Maghreb par la Banque européenne d’investissement : 10 milliards d’euros en 2006, remboursables, espérons-le…

Enfin, conséquence diplomatique négative, l’initiative de Nicolas Sarkozy provoque une levée de bouclier des États-membres de l’UE, en particulier l’Allemagne, qui en dénoncent les dangers, laissant entendre discrètement mais cependant très clairement que la France brouille les cartes, manque aux règles élémentaires de la solidarité européenne et cherche toujours à faire des coups dans le dos des autres sans autre résultat que de créer la confusion et d’affaiblir, en la divisant, l’Union Européenne.

Alors, sincèrement M. le Président, on aimerait bien vous dire bravo mais les choses étant ce qu’elles sont, force est de vous dire : « Au secours ! »

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En bref
Municipales
La guerre entre le maire UMP de Nice, Jacques Peyrat, et le candidat UMP Christian Estrosi, secrétaire d’État à l’Outre-Mer, donne des chances à la gauche qui, en 2001, avait raté la mairie à seulement 3 000 voix.

Divers faits
Complot > Xavier Bertrand, le ministre du Travail, attribue la révélation de son appartenance maçonnique dans les colonnes de « L’Express » à un complot de ministres - Lagarde, Darcos, Hortefeux… - visant à lui barrer la route de Matignon.

Conseillers > Nicolas Sarkozy a annoncé à son entourage un remaniement parmi ses conseillers, à cause des polémiques soulevées par leurs déclarations.

Satisfecit > Nicolas Sarkozy a adressé un mot de félicitations au journaliste Emmanuel Schwartzenberg pour son livre intitulé « Spéciale dernière » (éd. Calmann-Lévy) sur les dessous de la presse française depuis la Libération.

Al-Qaida > Michaël McConnell, Directeur national du renseignement américain, estime que le risque majeur, pour les États-Unis et leurs alliés, ne se situe pas en Irak mais en Afghanistan, au Pakistan et en Asie centrale, là où Al-Qaida reconstitue ses capacités de nuisance.

Nucléaire > Équipée de la seule centrale nucléaire d’Afrique noire, l’Afrique du Sud, a approché Areva et son concurrent américain Westinghouse pour en construire une seconde.

Islamisme > Un député israélien arabe, Ibrahim Sarsour, appelle à boycotter le journal « Yediot Aharonot », qui a publié la caricature controversée de Mahomet.




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