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Vers encore plus d’intervention de l’État


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Trémeau Bernard - mardi 15 février 2011

sarkozy
Jeudi soir, pendant deux heures et demie, dans l’émission « Paroles de Français », Nicolas Sarko­zy a répondu aux questions de 9 Français sélectionnés par la chaîne de télévision TF1.

Des sujets aussi variés que le contrôle de l’immigration, le respect de la laïcité, la politique agricole commune, le chômage, la démographie, l’endettement de l’État ou le manque de mé­decins ont été abordés. Finale­ment, sur chaque sujet, on est resté sur sa faim.

Il se dégage de cette longue, mais trop courte, interview une position précise du Président : seule une nouvelle intervention de l’État peut apporter une solution à un problème. Et il est évident que le responsable politique d’un pays doit avoir une telle pensée.

Mais la France est un pays où l’État intervient déjà beaucoup. En matière économique, tout particulièrement.
Nos gouvernements ont par ex­emple décidé que la retraite soit à 60 ans, que le SMIC horaire brut soit à 9 euros, que la durée de travail hebdomadaire soit à 35 heures ou que les droits de douane soient supprimés entre la France et l’Allemagne. Des milliers de pages du Journal officiel, difficiles à lire et souvent en contradiction les unes avec les autres, précisent dans le détail toutes ces interventions. Chaque président de la République, chaque ministre a rajouté sa propre couche.

Par ailleurs, la médecine doit être « gratuite » pour tous. Une retraite minimum doit être payée à tous, même à ceux qui n’ont pas travaillé. Le chômeur doit percevoir tous les mois une allocation et les enfants ont aussi droit à leurs propres allocations (allocations familiales ou école « gratuite »). Enfin, comme seulement 20 % des Français sont capables de payer les frais qui permettent à une personne dépendante de vivre le moins mal possible, Nicolas Sarkozy a décidé de créer une « allocation dépendance »

Or, tous ces services « gratuits », ou toutes ces allocations, ont un coût. Et nous sommes en démocratie.
Le parti qui propose la retraite à 60 ans a plus d’électeurs que celui qui la propose à 65 ans. Le parti qui propose d’augmenter les impôts a moins d’électeurs que celui qui propose de les diminuer. Le parti qui impose les entreprises perd moins d’électeurs que celui qui impose les consommateurs. Etc.

Par ailleurs, la monnaie unique a supprimé les droits de douane entre la France et l’Allemagne ou la Pologne. Or, les entreprises allemandes sont bien moins im­posées que les entreprises françaises. Et les salariés polonais ont un salaire cinq fois plus faible que les salariés français.
Nos entreprises ne sont plus compétitives. Elles fuient la France : elles délocalisent.

Et les gouvernements français continuent à vivre au-dessus de leurs moyens. Ils n’ont même plus le droit de « faire marcher la planche à billets ». Mais ils continuent à distribuer plus d’argent qu’ils n’en gagnent, pour avoir plus d’électeurs. Ils sont obligés d’emprunter pour boucler leur budget.
Toutes ces réalités ont été ef­fleurées au cours de l’entretien.

Nicolas Sarkozy a dit qu’il ne voulait pas augmenter les im­pôts de nos entreprises pour les rendre compétitives. Il a même semblé favorable à la suppression des charges sociales pa­yées par les entreprises et leur remplacement par un impôt pa­yé par les consommateurs.
Il a confirmé qu’il allait continuer à diminuer le nombre des fonctionnaires, dans l’Éducation nationale en particulier. Ce qui provoque des grèves.

Mais il a annoncé de très nombreuses dépenses nouvelles : pour attirer des médecins dans les campagnes françaises, pour financer l’enseignement des ap­prentis, pour aider les étudiants ou les agriculteurs.

Après cette interview, il semble globalement que nous n’allons pas vers moins d’intervention de l’État, mais au contraire vers plus d’intervention.
Avec la monnaie unique, nous risquons donc d’avoir une très faible progression de notre PIB, de nos revenus. Donc de sortir très difficilement du chômage. Alors que l’Allemagne manque de main-d’œuvre.
Pourquoi ne pas supprimer des milliers de pages inutiles du Journal officiel et copier ce qui se fait en Allemagne ?

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En bref
Urgence
 En 2010, 2 034 511 appels d’urgence ont été passés à Paris, dont 844 000 appels aux pompiers (18) et 533 621 appels à Police secours (17) !

Chiffres significatifs
Maternité > L’âge moyen de la première maternité a été de 30 ans en 2010, contre 29,9 ans en 2009.

Sites marchands > 500 sites de e-commerce français ont enregistré plus de 10 000 transactions par mois en 2009 ; 2 900 en ont enregistré entre 1 000 et 10 0000 ; 13 500 entre 100 et 1 000 ; 28 100 entre 10 et 100 ; et 19 100 moins de 10.

Bio > La France comptait à la fin de 2010, 20 600 exploitants agricoles « bio », soit 25 % de plus qu’un an plus tôt !

Espagne > L’Espagne comptait fin janvier 4,2 millions de chômeurs, soit 130 930 de plus que le mois précédent (qui avait marqué un précédent record pour le taux de chômage : 20,3 %, soit le niveau le plus haut depuis 1997)…

Gastro > Ces cinq dernières semaines, 1,13 million de Français ont été touchés par le virus de la gastro-entérite.

Suicide > 17 368 paysans français se sont suicidés en 2009 !

Apprentis > En 2009, la France comptait 331 600 apprentis (hors apprentis de niveau bac ou plus).

Chômage > Au 1er janvier, l’assurance chômage ou l’État indemnisaient 2 559 100 demandeurs d’emploi.

Déficit > Le déficit commercial de la France pour 2010 a atteint le chiffre record de 54,1 milliards d’euros (à comparer aux 126 milliards d’excédent commercial de l’Allema­gne) !




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