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Vers l’implosion des Etats-nations


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Rouxel Jean - mardi 15 juin 2010

belgique, europe
Dimanche 13 juin, la Belgi­que votait pour essayer de mettre un terme à ses crises institutionnelles récurrentes (la dernière en date ayant été ouverte par la démission du gouvernement d’Yves Leterme, le 22 avril).

Cette élection législative (doublée d’une élection sénatoriale) a donné une majorité relative à la Nouvelle Alliance Flamande (NVA) dirigée par Bart de Wever. Et, quand je dis « majorité relative », c’est même une majorité toute relative : la NVA obtient 27 sièges sur 150… et le deuxième parti (en l’occurrence, le PS wallon) 26 !

Ce qui amène une première réflexion : même si les médias parlent de « tsunami électoral », il faut savoir raison garder ! La partition de la Belgique n’est pas pour demain matin (même si le gouvernement Leterme est précisément tombé sur la partition linguistique du district de Bruxelles) !

Mais le plus intéressant, pour nous Français, est ailleurs. Il réside dans ce que l’évolution de la Belgique a de symptomatique pour la marche du monde en général et la marche de l’Europe en particulier.

D’ailleurs, par un amusant clin d’œil du destin, la Belgique en crise va présider aux destinées de l’Union européenne à partir du 1er juillet.
Tout se passe comme si nous rééditions les premiers siècles de notre ère : une unité impériale et des myriades de micro-souverainetés.
Les deux marchent aujourd’hui de conserve pour détruire les états-nations – construction politique nettement postérieure, dont nous avions naïvement cru qu’elle était plus solide que les empires et les féodalités…

Le plus vraisemblable, dans un proche avenir, c’est que l’unité « impériale » européenne s’allie chaque jour plus étroitement avec les régions pour enterrer les vieux États.

Certes, la Belgique n’est pas la France. Cette dernière a une existence millénaire comme État constitué. Pourtant, ne nous leurrons pas : l’européisme (de même qu’à l’échelon « supérieur », le mondialisme) est en quelque sorte un dissolvant universel. Aucune entité politique ne pourra y résister. D’autant que tout le monde adhère (ou fait mine d’adhérer) à l’idéologie de ce dissolvant qui, sous le nom générique de « droits de l’homme », prétend dicter des normes (parfois de bon sens, parfois farfelues) à tous et partout.

Il est fort improbable que l’État français puisse résister aux tendances centrifuges de l’Europe des régions. Au train où vont les choses, après la Belgique, la France implosera à son tour…

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