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Vers le développement d’un capitalisme populaire


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Rouxel Jean - mercredi 28 mai 2008

economie, reformes
Lundi 26 mai, Nicolas Sarkozy a présenté son projet de loi sur l’intéressement, qui devrait être débattu d’ici la fin de l’année 2008.
L’objectif annoncé est de doubler en quatre ans les sommes versées aux salariés au titre de l’intéressement aux bénéfices.

Contrairement à la participation, l’intéressement existe aussi dans les petites entreprises. Les montants des sommes versées dans le cadre de la participation et dans le cadre de l’intéressement sont du même ordre de grandeur (7 Mde pour la première et 6 Mde pour le second en 2005), de même que le nombre de salariés concernés (5 millions pour la première, quatre pour le second). Mais on voit mal l’utilité de maintenir deux dispositifs aussi proches l’un de l’autre… La première réforme utile en matière de participation des salariés aux résultats de l’entreprise ne serait-elle pas de simplifier le dispositif ?

Une autre réserve saute aux yeux, à propos d’intéressement : tout se passe comme si l’on créait une échappatoire aux invraisemblables charges qui pèsent sur les salaires et sur l’entreprise en général. En effet, le principal avantage de l’intéressement réside dans sa défiscalisation (non négligeable pour le salarié) et son exemption de charges sociales pour l’entreprise. Mais, là encore, pourquoi ne pas faire plus simple, en baissant charges et taxes, sans mettre en place un énième et complexe système de défiscalisation ?

Malgré ces réserves, nous avons tout lieu de nous réjouir d’un effort substantiel du gouvernement en faveur de l’intéressement. Car cet effort répond à deux impératifs décisifs pour sortir la France du marasme : en finir avec la lutte des classes ; développer le capitalisme populaire.

En finir avec la lutte des classes, tout d’abord : tant que l’on restera persuadé que les intérêts des employés et ceux de leur entreprise sont diamétralement opposés, aucune réforme de fond, aucun développement de l’initiative privée, ne seront possibles… Les employés ont pourtant tout intérêt à ce que leur entreprise se développe. L’intéressement peut les aider à faire le lien entre ce développement de leur société et leur propre intérêt.

Enfin, la grande faiblesse économique de la France tient à l’absence d’un capitalisme populaire. Il est clair que le développement de l’épargne salariale, sous forme d’intéressement ou sous une autre forme, est un pas dans la bonne direction. Voici donc, pour une fois, une réforme utile et consensuelle – à ne pas manquer…

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