Rouxel Jean - mercredi 22 novembre 2006
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Chaque élection présidentielle, depuis la première en 1965, s’est déroulée de façon particulière, nonobstant des règles qui, à l’exception des 500 parrainages obligatoires pour se présenter au premier tour, sont demeurées stables.
Les enseignements que nous apportent les sept consultations précédentes vont dans des sens variés. Un candidat doit-il partir tôt ou au contraire tard ? L’exemple de Jacques Chirac en 1995 plaide pour la réponse du premier type mais plusieurs autres cas démontrent la pertinence de la réponse du second type…
En tout cas, la campagne finale, celle des trois derniers mois, est déterminante. Aussi bien pour départager les concurrents d’un même camp que pour faire émerger les champions.
On ne sait pas encore quelles seront les écuries effectivement représentées sur la ligne de départ le 22 avril 2007. Mais on peut d’ores et déjà avancer, avec peu de chances de se tromper, que le tiercé final de la course du premier tour se jouera entre Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen et Ségolène Royal.
S’agissant des deux premiers, ils ont suffisamment fait la preuve de leurs qualités de présentation et d’expression pour qu’on soit assuré qu’ils sauront cravacher jusqu’à la ligne d’arrivée. Mais s’agissant de Ségolène Royal, rien n’est moins sûr. Il faudra attendre encore de longs mois pour savoir si elle est ou non un « tocard » (comme se sont révélées l’être, en leur temps, des personnalités aussi différentes que Jacques Chaban-Delmas ou Alain Poher…).
Contrairement à ce que disent les enquêtes d’opinion publiées, Jean-Marie Le Pen a toutes les chances d’arriver en première ou en deuxième position du premier tour. On voit mal en effet pour quelles raisons le vote protestataire qu’il rassemble serait moindre en 2007 qu’en 2002.
La candidate du Parti socialiste, si elle ne commet pas de trop grand faux-pas, sera portée par la nouvelle ferveur qui bénéficie – en particulier chez les journalistes – au Parti socialiste. Spontanément, pour ne pas voir revenir « le spectre » du 21 avril 2002, les électeurs de gauche seront enclins à voter pour le candidat du PS dès le premier tour.
Dans ces conditions, la tâche de Nicolas Sarkozy est difficile. Depuis plusieurs mois, on devine que le clan Chirac est prêt à tout pour l’empêcher de gagner. Pour qu’au mieux, il ne soit que le troisième du tiercé.
Tel serait le seul objectif d’une candidature Villepin, Alliot-Marie, voire même du Président sortant.
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