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Vers une dévaluation du franc


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Trémeau Bernard - jeudi 30 octobre 2008

inflation
Début octobre 2008. Le déficit de la balance commerciale française pour le mois d’août bat une fois de plus tous les records. Alors que les excédents allemands ont encore augmenté.

– Mardi 14 octobre 2007, la Marseillaise est sifflée par des « jeunes » au stade de France lors du match France Tunisie.
– Jeudi 23 octobre 2007, « les 4 Vérités » publient les chiffres du chômage chez les « jeunes », chiffres fournis par l’Observatoire des Inégalités : 38 % dans les « Zones Urbaines Sensibles » (les ZUS), contre 22 % en moyenne nationale en France.
– Jeudi 23 octobre (blog de Jean-Pierre Chevallier du 24 octobre), les « spéculateurs » vendent massivement les bons du trésor français pour acheter l’équivalent allemand (le Bund). Les spéculateurs estiment que le franc est surévalué de 7,2 % par rapport au mark. C’est encore pire en Italie ou la surévaluation de la lire peut être chiffrée à 23,4 %.

Ces quatre informations indiquent que la France est peut-être en train de vivre la phase finale d’une crise monétaire. Les spéculateurs entrent en jeu.

Chaque pays a son propre comportement inflationniste. Les Français et les Italiens ont un comportement bien plus inflationniste que les Allemands. Ils croient encore qu’il suffit d’augmenter leurs salaires pour augmenter leur pouvoir d’achat.

Quand les cours sont flottants, le marché détermine en souplesse tous les jours la valeur relative de chaque monnaie. Depuis 1976, c’est le cas entre les principales monnaies du monde. Un exemple : la banque centrale européenne (la BCE) ayant eu un comportement moins inflationniste que la banque centrale américaine (la FED), la valeur du dollar a chuté. C’est parfaitement normal.

Quand une parité fixe lie deux monnaies, le comportement plus inflationniste d’un peuple rend les entreprises de ce pays de moins en moins compétitives. La balance commerciale se dégrade de plus en plus. Les « spéculateurs » sentent venir la dévaluation et un beau jour ils vendent massivement la monnaie faible pour acheter la monnaie forte. Ils poussent ainsi les gouvernements à changer les parités. Certains les accusent même d’être les responsables de la dévaluation… Depuis 1944, le franc a été dévalué tous les trois ans.

Si les responsables du pays qui doit dévaluer sa monnaie tardent trop à le faire, des troubles sociaux de plus en plus graves surviennent. Ils commencent quand une population particulière compte plus de 10 % de chômeurs. Il y a 38 % de « jeunes » chômeurs dans les ZUS.

Une monnaie commune lie depuis 1999 la France et l’Allemagne. Les Français n’ont pas perdu leur comportement inflationniste, mais une dévaluation n’est plus possible. Les entreprises françaises sont de moins en moins compétitives. Le déficit de notre balance commerciale bat tous les mois un nouveau record. Nous entrons dans la phase finale d’une crise monétaire. Il fallait faire en juin 2007 ce qu’avait annoncé le nouveau président : supprimer les charges sociales payées par les entreprises et augmenter la TVA pour financer la Sécurité sociale. Cette manipulation fiscale avait le même effet qu’une dévaluation. Les socialistes ont alors dit que Nicolas Sarkozy faisait payer le peuple pour que les capitalistes en mettent plein leurs poches. Les Français l’ont cru. De nombreux députés UMP n’ont pas été élus. On n’a pas fait la manœuvre fiscale La brutale montée du Bund allemand, le 23 octobre, montre que les spéculateurs pensent que les parités des anciennes monnaies avec l’euro risquent d’être modifiées dans un laps de temps assez rapproché.

La crise des subprimes est une crise issue du mauvais comportement de la FED. La crise financière européenne actuelle a une tout autre origine. Elle est due à la monnaie commune. Il faut trouver un moyen de modifier les parités reliant les anciennes monnaies à l’euro. Il y a urgence !

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En bref
Entreprises
Le montant total des aides publiques aux entreprises distribuées dans notre pays a atteint 57 milliards d’euros en 2005…

Chiffres significatifs
Embauche > Le nombre d’intentions d’embauche de plus d’un mois a reculé de 1,2 % au troisième trimestre 2008, après une baisse de 2,2 % au deuxième trimestre. Au total, de juillet à septembre, l’Urssaf a enregistré 5,26 millions d’intentions d’embauche (en hausse de 1,5 % sur un an), mais 2,67 millions d’entre elles concernaient des CDD…

Famille > On estime que la France dépense chaque année 85 milliards d’euros pour sa politique familiale, soit 5 % du PIB…

Loyer > L’indice de référence des loyers a augmenté de 2,95 % au troisième trimestre 2008, après une hausse de 2,38 % au deuxième trimestre 2008…

Obsèques > Huit Français sur dix souhaitent une cérémonie religieuse (55%) ou civile (25%) pour leurs obsèques.

Retraite > En 2006, le nombre de retraités directs (hors pensions de réversion) a augmenté de 3,8 % par rapport à 2005, pour atteindre 14 millions !

Obama > En septembre dernier, Obama avait déjà reçu 150 millions de dollars, provenant de 3,1 millions de donateurs.

Parlement > Le budget de l’Assemblée nationale pour 2009 s’élève, dans le projet de loi de finances du gouvernement, à 554,2 millions d’euros, en hausse de 5,4 % par rapport à l’année précédente ; celui du sénat s’élève à 332,2 millions d’euros, en hausse de 1,39 %…




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