Rouxel Jean - jeudi 16 juillet 2009
ecologie, parti-socialiste
Les Verts, forts de leur succès aux européennes, envisagent de présenter des listes autonomes dans toutes les régions, pour les prochaines élections régionales de 2010.
Cette perspective semble effrayer le PS. Celui-ci joue gros en effet : majoritaire dans toutes les régions sauf l’Alsace (je ne parle pas du cas particulier de la Corse où la gauche est majoritaire, mais où l’exécutif est dirigé par la droite), il ne peut guère que perdre des exécutifs locaux au profit de la droite.
La perspective de partir désunis aux régionales est donc risquée pour les partis de gauche.
Au demeurant, Dany le rouge ne prend pas ses partenaires en traître : l’enjeu des régionales est bien de confirmer le succès écologiste et donc faire passer le « leadership » à gauche du PS aux Verts. Quitte, naturellement, à faire gagner la droite : cela n’est pas dit, mais tout le monde l’entend…
C’est, de toute façon, un classique de la politique : le danger vient plus souvent de son propre camp que du camp d’en face (rappelons-nous Giscard et Chirac, Mitterrand et Rocard, ou Sarkozy et Villepin).
Les Verts ont un atout majeur pour la partie qu’ils entament : le PS est toujours en capilotade, sans chef charismatique et sans projet présentable.
En revanche, les Verts ont également une faiblesse que les commentateurs ont peu relevée. Le réflexe du vote utile qui n’a pas fonctionné pour les européennes, dont les Français ne perçoivent pas clairement les enjeux (les « élites » se gardent bien de les leur présenter…), peut fonctionner cette fois. Les électeurs de gauche peuvent choisir de voter dès le premier tour pour le candidat PS qu’ils estimeront mieux placé.
Par ailleurs, les élections régionales se jouent à deux tours et non un seul comme les européennes. Se posera donc nécessairement la question de la fusion entre les deux tours. Si le PS refuse les exigences des Verts, que se passera-t-il ? Cohn-Bendit et ses amis choisiront-ils de faire battre les listes socialistes en se maintenant ?
Cette division à gauche est naturellement réjouissante pour les observateurs de droite. Mais ne nous réjouissons pas trop vite. La place prise par les Verts dans le jeu politique français aura des conséquences lourdes sur notre vie quotidienne. Le chef de l’État vient d’en faire la preuve au G8 en Italie, largement centré sur les questions climatiques, et en nous annonçant une nouvelle fiscalité écologique. Comme si nous avions besoin de cela pour être les contruibuables les plus matraqués du monde!
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