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Victoire de l’extrême-gauche… et de l’abstention


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Thieulloy (de) Guillaume - mardi 26 mai 2009

europe
A moins de dix jours du scrutin, la campagne pour les élections européennes du 7 juin prochain n’a toujours pas commencé ! Et pour cause : aucun parti « de gouvernement » ne veut débattre des enjeux de cette élection.

À la mi-mai, les sondages donnaient une nette victoire à l’UMP (27 %), devant le PS (22 %), le Modem (13 %), la liste Europe-Écologie de Cohn-Bendit et Bové (9 %), le NPA de Besancenot, le Front de gauche de Buffet et Mélenchon, le FN (tous trois à 6 %), Libertas (5 %), Lutte ouvrière et les listes Debout la République de Dupont-Aignan (2 %).

Ces chiffres, s’ils devaient se confirmer dans les urnes, contiennent de nombreux enseignements. Tout d’abord, les élections de mi-mandat sont en général désastreuses pour la majorité en place, ce qui ne semble pas se préparer pour l’UMP – le principal opposant, le PS, n’étant pas en mesure de capitaliser les mécontentements.

Deuxième point : François Bayrou va-t-il confirmer sa place de « troisième homme » de la politique française ? Son score devrait cependant être apprécié à sa juste valeur. 13 %, c’est fort éloigné des 22 % du PS. Or, il ne faut pas seulement à Bayrou confirmer sa place de troisième homme, mais gagner celle de principal opposant. À ce stade, il en est loin. D’autant plus que l’élection présidentielle (qui est la véritable échéance de Bayrou) est beaucoup plus marquée par le bipartisme que les élections européennes. Et 13 %, c’est à peu près le score réalisé par l’UDF en 2004 (12 %) : pas de quoi crier victoire, donc !

En tout cas, l’expérience nous a appris à nous méfier des « troisièmes hommes » annoncés par les sondeurs. Les Français interrogés peuvent aussi parler du Modem pour éviter d’annoncer leur véritable choix…

On constate également, à la lecture de ces chiffres, que la droite de l’UMP a fondu comme neige au soleil. Alors qu’elle représente traditionnellement nettement plus de 15 % des voix aux européennes (en 2004, FN + MPF + CPNT représentaient 18,2 % des voix), elle ne représenterait ici que 13 % des suffrages. Certes, les divisions incessantes et les querelles de personnes, peuvent expliquer cette déperdition, mais il se pourrait aussi que nous ayons une surprise importante au soir du scrutin.

Enfin, le grand gagnant de cette élection serait l’extrême gauche : 14 % des suffrages (contre 2,6 % en 2004), et même 23 % en comptant la liste Cohn-Bendit-Bové. Ce score impressionnant, joint à l’atonie des dirigeants socialistes, explique naturellement la probable défaite du PS. Mais, encore une fois, nous devons crier casse-cou : il est certes souhaitable d’éviter tout nouveau succès socialiste, mais si nous devons payer cette défaite du PS d’un poids aussi considérable de l’extrême gauche, le prix est trop élevé ! La France n’a pas les moyens de s’offrir, avec la situation catastrophique des finances publiques, un partage du pouvoir, où l’UMP siégerait à l’Assemblée et à l’Élysée et l’extrême-gauche partout ailleurs.

Il reste un enseignement à tirer de ce sondage, et non le moindre : 40 % des personnes interrogées ne savent pas encore si elles vont voter. Cela signifie en premier lieu que les chiffres des sondages sont – plus encore que d’habitude – à prendre avec précaution. Et cela signifie aussi qu’il est probable que le grand vainqueur, le soir du 7 juin, ce soit l’abstention. Ce serait la conséquence logique d’une campagne au cours de laquelle aucun grand dirigeant n’aura jugé utile de dire aux Français quelle Europe il voulait…

...................

PS : Je dois ajouter que je regrette la décision de Pierre Lance (voir p. 6) et que je récuse évidemment sa vision des choses.
L’article sur l’affaire de Recife était factuellement erroné et inutilement insultant pour le Pape. J’accepte sans problème les attaques personnelles contre moi (et Pierre Lance nous en fait la démonstration aujourd’hui, notamment dans l’élégante accusation sur ma prétendue complaisance à l’égard de la pédomanie !), mais pas contre les autres – surtout pas contre un dirigeant respecté par 90 % de nos lecteurs.
Quant à l’article sur les Petits chanteurs à la croix de bois, il était le troisième en moins d’un mois et demi, et le deuxième en quinze jours, de polémique anticatholique. Ce qui me paraît un peu rapproché ! Quant au fond, je note que la plupart des parents de ces enfants ont critiqué la décision administrative, au lieu de s’en réjouir. Comme la plupart des décisions socialo-administratives, en contraignant à « partager » les richesses, la préfecture risque en effet de conduire à la fermeture de l’école. J’avoue que j’ai une fâcheuse tendance à préférer écouter les différents points de vue en présence, et pas seulement celui de la presse majoritaire, mais sans doute est-ce là la preuve de mon fanatisme !…

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