Rouxel Jean - mardi 22 juin 2010
villepin
Le 19 juin, dans le XIIIe arrondissement de Paris, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, a lancé son « mouvement » politique : République solidaire, devant plus de 3 000 sympathisants.
Il est bien sûr trop tôt pour savoir si ce mouvement jouera un rôle lors des prochaines échéances électorales et tout spécialement en 2012.
Cependant, de toute évidence, Villepin a envie d’en découdre et de se venger de Sarkozy. S’il en a la possibilité – financière et juridique –, il est probable qu’il ira jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à une candidature aux présidentielles.
Que peut-il y obtenir ? Cela dépendra du contexte et notamment de l’homme qui portera les couleurs de la droite.
Si c’est Nicolas Sarkozy, il est peu probable que Dominique de Villepin soit en position de le battre ; dans le meilleur des cas, il pourrait jouer le rôle du « troisième homme », naguère joué par Bayrou. Mais, à défaut de battre Sarkozy, Villepin peut le faire battre. Et l’on comprend que le PS regarde avec intérêt et gourmandise cette initiative…
Si Nicolas Sarkozy renonce à se présenter, ce sera sans doute qu’il juge l’élection non gagnable et on voit mal alors comment Villepin pourrait faire mieux.
Une question se pose également à propos de l’intitulé : il ne s’agit pas d’un parti, mais d’un mouvement. Sans doute pour faire plus « gaulliste » et moins « régime des partis ». Mais, malgré toutes les diatribes gaulliennes, la Ve République est, autant que les précédentes, un régime où, pour gagner, il faut être porté par un parti. Les « mouvements » ont vocation, soit à se transformer en partis, soit à devenir des laboratoires d’idées pour les partis. Nous verrons ce que choisira Villepin.
Dans l’état actuel des choses, en tout cas, l’initiative de Villepin n’annonce rien de bon pour la droite en 2012. On ne pourrait recevoir d’ici 2012 que deux bonnes nouvelles en la matière. Apprendre que les deux dernières années du quinquennat seront consacrées aux réformes promises. Et apprendre un rapprochement entre l’UMP et le FN. Deux hypothèses pour le moment assez lointaines !
Cependant, la gauche aurait tort de se réjouir. L’initiative de Villepin confirme que l’opinion publique persiste à se trouver mal à l’aise dans un pseudo clivage entre une droite et une gauche, toutes deux honteuses d’être social-démocrates, mais incapables d’imaginer autre chose. Et, de ce point de vue, on ne voit pas d’amélioration prochaine…
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