Rouxel Jean - mercredi 12 août 2009
mpf, ouverture
Ces derniers jours ont vu la confirmation d’une nouvelle dont on parlait depuis le début du mois de juillet : l’entrée du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers au sein du Comité pour la majorité présidentielle.
Ce comité, présidé par le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a vocation à unir les différentes formations politiques soutenant l’action de Nicolas Sarkozy. À l’heure actuelle, il s’agit du Nouveau centre d’Hervé Morin, des Progressistes d’Éric Besson, de la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel – et, naturellement, de l’UMP.
Autant dire que la gauche s’y taillait la part du lion, au nom de cette sacro-sainte « ouverture ». Avec l’entrée du MPF au sein du comité, l’ouverture à droite fait une timide apparition. Timide, car il n’y a toujours pas de ministre MPF. Mais apparition tout de même.
Nous avons suffisamment réclamé, dans ces colonnes, l’entente à droite pour nous réjouir de ce premier pas.
Naturellement, se réjouir ne signifie pas nécessairement être naïf et trois motifs (au moins) d’être inquiets subsistent.
Tout d’abord, cette petite ouverture à droite se fait tout de même sur fond de « front républicain ». Les dernières municipales partielles d’Hénin-Beaumont nous ont montré que Nicolas Sarkozy n’avait pas franchi le tabou chiraquien de l’alliance avec le (ou au moins de l’indifférence à l’égard du) FN. Tant que ce verrou idéologique n’aura pas sauté, l’ouverture à droite restera problématique.
Deuxième élément : les européennes ont montré la fragilité de la droite. Certes, les listes sarkozystes ont réalisé un très beau score. Mais, en leur adjoignant le MPF, on reste très loin des 50 % nécessaires pour l’emporter au second tour d’une élection présidentielle ou législative.
Enfin, et c’est peut-être le plus important, cette ouverture à droite se produit sans le moindre débat politique. Philippe de Villiers s’est réjoui d’apporter la composante souverainiste de la majorité présidentielle. Mais quel sens y a-t-il à créer une majorité présidentielle qui dit à la fois blanc et noir ?
Nous sommes heureux que des hommes de droite eurofédéralistes puissent enfin parler à des hommes de droite souverainistes. C’est ce que nous pratiquons chaque semaine dans « Les 4 Vérités ». Le débat à droite est évidemment préalable à toute entente à droite. Mais, pour le combat politique, il faut faire des choix : que retiendra la majorité présidentielle des idées villiéristes ? Voilà la question qui se pose maintenant.
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