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Vincent Mathieu : Prenons la France en main


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Entretien - jeudi 25 août 2011

livres
Vincent Mathieu
Co-auteur de l’essai « La France ?! Regards croisés de 4 jeunes sur leur pays »



france regards croisésVous brossez un portrait très sombre de la France, pouvez-vous nous dire pourquoi ?

 
Il faut avoir l’optimisme de la volonté et le pessimisme de l’intelligence. Le portrait que l’on dresse de la France n’est ni noir ni rose, il est critique, pour ne pas dire réaliste. Il est en effet désolant de constater que le Mal français que décrivait Alain Peyrefiite en 1976 est, on ne peut plus d’actualité. 35 ans sont passés et rien ou si peu à changé. Combien de temps allons nous devoir encore attendre - pour ne pas dire subir - pour que les problèmes récurrents et connus de toutes et tous soient réglés une bonne fois pour toute ? Y a-t-il une fatalité à ce que le taux de chômage soit aussi élevé, à ce que la balance du commerce extérieur de la France soit en déficit, etc ?
 
Nous ne sommes ni déclinistes, ni des idéalistes à l’eau de rose. Le portrait nuancé que l’on brosse de la France est gris. On démontre que notre pays est capable du meilleur comme du pire, de l’excellent comme du médiocre sans douter un seul instant que le plomb puisse se changer en or. Car au-delà du constat parfois sombre, mais juste rançon d’une vision lucide et assumée comme telle, notre ouvrage se veut aussi un plaidoyer pour l’action, le combat et la responsabilité car comme disait Bernanos « l’avenir est quelque chose qui se surmonte » ! Notre essai a pour objectif de réveiller les consciences endormies et d’interpeller les décideurs politiques sur le fait que le destin de la France ne se dessinera pas sans les Français.
 

Que faudrait-il, selon vous, pour remettre notre pays dans une meilleure direction ?

Ce n’est pas tant une meilleure direction que la France doit prendre, mais plutôt redevenir compétitif pour nettement accélérer sur cet immense circuit qu’est la mondialisation et ce afin de gagner des places (ou tout du moins ne pas perdre) face aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Accélération qui doit notamment passer par la mise en application plus précise et plus rapide du programme du candidat Nicolas Sarkzoy en 2007 et plus particulièrement des décisions proposées par la Commission pour la libération de la croissance française (CLCF) présidée par Jacques Attali.

Cela s’appliquera d’autant mieux si la classe politique française retrouve son sérieux. En l’état actuel des choses, les hommes politiques qui disent que la France est grande disent cela pour mieux se grandir eux-mêmes. En effet, si la France a perdu de sa grandeur, c’est qu’elle ne sait plus qui elle est et où elle va. Il nous semble capital que notre pays ait conscience de sa mission, de ses valeurs, de ce qui a fait sa gloire dans l’Histoire et qui fera la sienne dans le futur. Les valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité par exemple ont été victimes de la dictature de la pensée unique. Elles ont été amoindries à leur sens tiède, édulcoré et sans saveur de permissivité, d’égalitarisme et d’assistanat. Comment voulez vous fédérer des citoyens adultes autour de ces interprétations infantiles ? Redonnons du sens, de la grandeur et de la noblesse à nos valeurs et les français retrouveront une fierté à s’investir pour leur pays et leurs concitoyens. La France sera alors à nouveau fidèle à sa vocation.
 

Vous notez que la France compte de nombreux atouts. Comment expliquez-vous que la plupart des politiques et des journalistes soient aussi peu ambitieux pour notre pays ?

Manque d’ambition ou plutôt - et sans faire de populisme, sinon comment, entre autre, expliquer l’abstention - un manque criant de professionnalisme. Sans rentrer dans ce débat là, nous constatons que l’action citoyenne, sans prendre la place de celle des politiques, doit nettement accroître sa présence pour inspirer et peser dans l’action politique. En clair, les hommes politiques n’ayant ni le monopole ni de la pensée, ni de l’écrit et ni de la parole, nous, les citoyens devons apporter notre part à l’édifice.
 
Nous avons écrit cet ouvrage, libres de tout cadre de pensée arrêté et de tout souci de plaire pour rameuter. La vie est devant nous et il appartient à notre génération d’apporter sa contribution pour édifier une France solide dans un monde qui n’attend pas.
 
L’ouvrage s’inscrit dans cette démarche dynamique. Il est un appel à relever la tête, à lancer la rénovation de la société française. Les erreurs du passé sont dues à des erreurs de diagnostic (lorsqu’il existait), qui ont conduit à de mauvaises thérapies. N’étant pas aveuglés par des œillères, nous avons choisi de dresser un constat objectif sur les principaux maux dont souffre la France, sans renier ni notre identité, ni nos valeurs.
 
Dire du bien de notre pays est devenu suspicieux, sans doute à cause d'amalgames historiques. Les leaders d'opinion craignent pour leur image et semblent se complaire dans ce manque d'ambition qui ne leur fait prendre aucun risque. A défaut d'avoir du charisme, ils se réfugient dans des postures qui les protègent, même si cela contamine progressivement l'ensemble de la population.
 
 A qui s’adresse ce livre ?
 
Ce livre répond à l’exaspération de la majorité silencieuse face à deux phénomènes majeurs de la société française :
-      le refus de la classe politico-médiatique de voir les échecs catastrophiques où nous a conduit l’application des idéologies véhiculées par mai 68 ;

-      le règne du politiquement correct dans les médias, où seule la « pensée unique » d’un certain microcosme parisien a droit de cité, les autres opinions étant rejetées et étiquetées comme populistes, ringardes ou irréalistes.


Son caractère franc et sans concession touchera davantage ceux qui n’ont pas peur de regarder la vérité en face, d’appeler un chat un chat, et d’aller à l’encontre de l’opinion dominante.
 
De ce fait, il s’adresse principalement à trois publics :
-      ceux qui exercent des responsabilités dans la société, afin qu’ils ne se trompent pas de débat ;

-      les jeunes, afin qu’ils prennent conscience de la société dans laquelle ils vivent, de ses spécificités, de ses pièges…et qu’ils ne se laissent pas désorienter par la démagogie ambiante ;

-      leurs aînés, afin qu’ils sachent qu’une nouvelle génération arrive, et qu’elle a pleinement conscience des défis à relever.


P. et R. Datausse
B. et V. Mathieu
La France?!
Regards croisés
de 4 jeunes sur leur pays
Persée

238 pages

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