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Wikileaks et la liberté d’information des citoyens


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Rouxel Jean - mercredi 01 décembre 2010


L’affaire de la divulgation de 250 000 câbles diplomatiques américains par le site Wikileaks fait grand bruit. Certains parlent même de « 11 septembre diplomatique » !

Il est certain que cette divulgation va un peu compliquer les relations internationales. Non pas du fait du contenu de ces câbles, dont il est probable que les dirigeants de la planète connaissaient déjà la teneur. Mais du fait de cette épée de Damoclès qui sera désormais suspendue au-dessus de leurs conversations. Il est bien évident que vous ne traitez pas Poutine de « Batman » ou Berlusconi « d’incapable », si vous avez des raisons sérieuses de penser que vos appréciations se trouveront bientôt dans le domaine public !…

Mais les démocraties sont ici prises à leur propre piège. On ne peut pas dire que la liberté d’information est fondamentale pour tout État de droit et s’étonner que le responsable d’un site internet divulgue les informations dont il dispose.

Bien sûr, selon toute vraisemblance, ces informations ont été obtenues frauduleusement. Mais quelle est la responsabilité réelle du fondateur du site Julian Assange ? En droit, on pourrait répondre qu’il s’agit d’un recel. Mais pourquoi Wikileaks serait-il plus fautif qu’un autre média ?
Car les informations de Wikileaks ne circulent pas simplement « sous le manteau » ou sur internet. Plusieurs célèbres quotidiens de gauche (« New York Times », « Guardian », « El Pais », « Spiegel » et, chez nous, « Le Monde ») ont repris ces informations. « Le Monde » a même théorisé cette utilisation : « Ces documents, même illégalement transmis à Wikileaks, risquant à tout moment de tomber dans le domaine public, Le Monde a considéré qu’il relevait de sa mission d’en prendre connaissance, d’en faire une analyse journalistique et de la mettre à disposition de ses lecteurs. »

L’expression est tout de même curieuse : puisque les documents risquent de tomber dans le domaine public, autant anticiper et le faire nous-mêmes, semblent dire les journalistes de notre distingué confrère !

Ce que je retiens personnellement de cette affaire, c’est qu’internet est vraiment le lieu où les citoyens, souvent asservis à la propagande politico-médiatique, peuvent reprendre leur information – et donc leur liberté – en main. Bien sûr, les informations y sont fort inégales. Mais, au moins, on peut y trouver des informations non conformes au « politiquement correct » ambiant. Et ce n’est pas pour rien que les pouvoirs publics cherchent à limiter la liberté des internautes…

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