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Xavier Raufer, Davos et le nouvel hitlérisme de marché


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Bonnal Nicolas - vendredi 02 septembre 2011


Gare aux faibles alors ! C’est le petit qui prend. Les torgnoles aplatissent au mur tout ce qui ne peut pas se défendre et riposter.
Céline

Nos amis de Valeurs actuelles, peu suspects d’antilibéralisme primaire, ont récemment (numéro du 27 août) fait la publicité des dernières réflexions de l’enquêteur et sociologue Xavier Raufer. Ce dernier rappelle l’hybridation des mafias et des milieux d’affaires (vingt-cinq ans après Debord), souligne que les dérégulations à travers la planète ont été planifiées par le forum de Davos et ses très puissants affidés.

« Principal acteur et bénéficiaire de la mondialisation débridée, et même des désastres ci-dessus évoqués, ce type humain que le défunt politologue Samuel Huntington baptisa joliment “Homme de Davos”, comme on dit “Homme de Neandertal”. »

La technologie qui a favorisé la destruction en occident de nos sociétés industrielles et de tous nos savoirs techniques centenaires ou ancestraux a généré une insensibilité totale aux désastres enregistrés en France, en Angleterre, en Amérique ou ailleurs. C’est que, explique Raufer :

« Dans la société de l’information, les sortilèges de l’idéologie et de la technologie déterminent finalement un nouveau type humain aveugle au crime et à ses ravages. »

La nouvelle élite, qu’Attali nommait la surclasse, qui vit en jet et dans des condos, obsédée d’écologie et de contrôle des naissances, ne se soucie plus de ses crimes ou de ses délits, étant par-delà les frontière et les lois. Davos fait d’ailleurs de plus en plus penser à un bunker pour les Blofeld de James Bond et leurs acolytes amateurs de pinot noir et de belles Bugatti. Car, ajoute Raufer, « Dans quel cas un crime n’est-il pas considéré comme criminel ? Quand il est commis à Wall Street. »On a vu comment Ben Brafman, avocat de la mafia et du show-biz, flanqué d’ex-agents de la CIA, a pu tirer d’affaire son célèbre client récemment…

Raufer s’en prend alors aux intellectuels libertariens, nouveaux boucs émissaires dans cette dénonciation de la logique des marchés. Je trouve l’attaque bien sûr polémique, mais surtout intéressante, car elle va déterminer le champ de bataille à venir. Ce ne sera pas la droite contre la gauche, mais l’Etat-nation, traité de monstre par le gourou du management Drucker, contre les agents de sa destruction.

Raufer prend l’exemple de la prostitution ; la prostitution a explosé en Europe, et plus seulement dans le tiers-monde, de la Pologne à l’Espagne : on parle de quatre millions de filles, sans compter les michetonneuses de retour un peu partout. Cette prostitution des surnuméraires est bien vue par le système :

« Voici par exemple comment ce darwinisme social échevelé jauge la prostitution : “Acheter du sexe n’est au fond rien de plus que s’offrir n’importe quel service licite… Comparé aux salaires du commerce, de la coiffure ou de la garde d’enfants, la prostitution semble un choix judicieux. »

Enfin, Raufer enfonce le clou par deux incontournables références au nazisme :

« Par unBlitzkrieg, boursier ou autre, aimablement conduit au nom de l’“innovation”, des entités mutantes comme Goldman-Sachs – qui n’est plus une banque d’affaires, mais une authentique autocratie financière – disloquent d’abord la finance de la cible visée ; puis, le désastre consommé, s’emparent à vil prix de tout unLebensrauméconomique de terres, de ressources, de bâtiments, de biens. »

On sait par exemple que le frère affairiste d’un célèbre ludion et romancier gauchiste a acheté en Ukraine des milliers d’hectares de bonnes terres de tchernoziom, cette terre qui faisait tant rêver Hitler. J’ai assez insisté sur la sympathie que ce grand homme admirateur avant tout du modèle colonial et racial anglo-saxon (j’y reviendrai) inspirait aux Max Mosley, Ecclestone et autres Galliano, peut-être plus bavards que d’autres. Je crois aussi que la stratégie hitlérienne de dépeuplement et du remplacement des peuples et des populations, va être, avec les batailles de la terre, de l’eau et des métaux rares, le modèle à suivre pour nos élites au XXIème siècle. Cela explique pour moi l’omniprésence de l’hitlérisme dans les médias, mi-monstrueux, mi-exemplaire : le grand jeu darwinien est décidément de retour ! Comme disait sublimement le sympathique colonel nazi du film comique et géostratégique OSS 117 : « on peut avoir une deuxième chance ? ».


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