Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Y a-t-il une affaire Julia ?


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
8 VOTES
1209 LECTURES

Lance Pierre - dimanche 13 mars 2005


Eh bien moi je lui trouve plutôt une bonne tête à M. Didier Julia, dont on dit, ces temps-ci, pis que pendre. J’apprécie le ton sérieux et mesuré sur lequel il s’exprime, sans manifester colère ni rancœur envers ceux qui l’ont traîné dans la boue avec un empressement suspect.
J’avoue n’être pas suffisamment informé sur les dessous de cette affaire, mais je doute que ceux qui en jugent catégoriquement le soient beaucoup plus que moi. Car les tractations de M. Julia et de ses collaborateurs reposent sur un système de réseaux dont la transparence ne peut pas être la caractéristique première. Je crois cependant que Didier Julia a sincèrement voulu tenter d’être utile à la libération des otages (et l’a peut-être été d’ailleurs plus qu’on ne le suppose) et que certains ombrageux lui ont mis des bâtons dans les roues, voire des peaux de banane sous les semelles. Quelques fonctionnaires français des Affaires étrangères ou des services secrets n’ont sans doute pas vu d’un bon œil les initiatives de cet « amateur » qui piétinait leurs plates-bandes. Rien n’irrite davantage les « spécialistes » qu’un outsider qui n’est pas du sérail.
Quant aux militaires américains, il est évident qu’ils n’aiment pas du tout qu’on négocie avec leurs ennemis pour libérer des otages, au point que leurs prétendues « bavures » exhalent un fort relent de préméditation. Et sans doute n’ont-ils pas oublié le voyage effectué le 13 septembre 2002 en Irak, encore à l’époque sous le règne de Saddam Hussein, pour essayer de lui faire accepter le retour des inspecteurs de l’ONU, par trois députés UMP, MM. Thierry Mariani, Éric Diard et… Didier Julia, ce dernier ayant déclaré tout de go à la délégation irakienne venue les accueillir à l’aéroport : « Nous pensons que vous êtes dans un régime totalitaire que nous n’approuvons pas. Mais nous sommes très attachés au peuple irakien, à cette vieille civilisation babylonienne. Or, les Américains veulent vous détruire pour vous prendre votre pétrole ! »
Nul doute que cela ait fait grincer quelques dents à Washington. Les Irakiens, qui ne se faisaient pas d’illusions, répondirent aux députés français : « Que nous acceptions le retour des inspecteurs ou pas, de toute façon nous serons bombardés ! » À quoi Didier Julia répliqua : « Le président Chirac estime que, si vous acceptez la venue des inspecteurs, l’ONU n’acceptera jamais une attaque qui, dès lors, serait devenue illégitime. »
On connaît la suite. Chirac et Julia avaient seulement oublié que le mot « légitime » n’a aucun sens pour les cow-boys américains qui prennent la planète pour leur jardin privatif et que Bush se soucie de l’ONU comme de sa première cuite.

Un homme qui a du cran


Lors de sa tentative ratée de libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, Didier Julia avait nettement accusé les Américains d’avoir fait capoter l’opération. « Depuis l’annonce du retour des journalistes, les Américains ont multiplié les bombardements… » – avait-il déclaré. « Ils ont installé vingt barrages sur la route et j’ai la douleur de vous faire savoir que l’équipe qui sécurise les journalistes a eu six tués ; les cinq maisons où nos amis ont habité ont été pilonnées et détruites. » Aujourd’hui, après le déluge de balles américaines qui a tué l’officier de renseignements italien Nicola Calipari et grièvement blessé la journaliste libérée Giuliana Sgrena, ces paroles prennent un poids considérable.
Au demeurant, M. Didier Julia n’est pas n’importe qui. Ce dynamique septuagénaire qui ne fait pas son âge est professeur d’université, auteur de « La question de l’homme et le fondement de la philosophie » (Éd. Aubier). Il avoue une prédilection pour la doctrine de Fichte, grand apôtre de la conquête de la liberté individuelle et qui considérait l’indépendance du moi comme le fondement de toute morale. Voilà qui suffit à me rendre M. Julia fort sympathique. D’autant qu’en s’efforçant d’aider les otages à recouvrer leur liberté, le moins qu’on puisse dire est qu’il met sa philosophie en pratique.
Didier Julia a été constamment réélu député de la 2e circonscription de Seine-et-Marne depuis 1967. Il a été membre de la Commission des Affaires étrangères de 1986 à 2002. Cet homme de caractère déclarait notamment en 2002 : « Le fondamentalisme se nourrit de la misère. Le pire qui puisse arriver en Irak, c’est un État fondamentaliste et anti-occidental à tout crin.» Grâce au lumineux génie de « Deubleiou » Bush, c’est exactement ce qui se prépare.


9 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
CANAL +
Les 48 000 abonnés supplémentaires que Canal + a recruté en 2004 représentent 1,5 million d’euros de ressources…

Média

PROSIEBEN á Moins de trois ans après son dépôt de bilan, le groupe allemand de médias ProSiebenSat. 1 (regroupant les quatre chaînes du groupe Kirch) a réalisé le meilleur bénéfice avant impôt de son histoire : 217,5 millions d’euros. Son chiffre d’affaires pour 2004 s’est élevé à 1,835 milliard d’euros.

COCA á « Avec Canal +, on a créé il y a vingt ans Coca-Cola. Il y a eu des tentatives de nous copier, mais Coca-Cola est toujours leader, et TPS restera toujours Pepsi ! » (Michel Denisot, directeur général adjoint de Canal +)

tf1 á La première diffusion de l’émission de télé-réalité « 1ère compagnie » sur TF1 a réuni 8,1 millions de téléspectateurs. Depuis, l’audience s’est stabilisée autour de 5,1 millions…

FRANCE ANTILLES á Le groupe France Antilles, éditeur en particulier de « Paris Normandie », de « L’Est éclair » ou de « L’Union de Reims », a réalisé en 2004 un chiffre d’affaires de 618 millions d’euros, en hausse de 1,22 %. À noter : la presse gratuite réalise la moitié du chiffre d’affaires du groupe…

FIGARO á Les ventes du quotidien « Le Figaro » ont baissé de plus de 2 % en 2004…

OUEST FRANCE á Le groupe « Ouest France », déjà propriétaire de deux quotidiens, du gratuit « 20 Minutes », de 39 hebdomadaires, d’une radio et d’une participation dans TV Breizh, s’apprête à racheter au groupe Socpresse trois nouveaux quotidiens (diffusés à 200 000 exemplaires sur le grand Ouest) et deux télés locales (« Nantes 7 » et « Angers 7 ») …




Plan du site