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Zone euro : vers la dislocation |
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Delmau Jean-Pierre - mercredi 07 septembre 2011
J’ai comme l’impression que le Gouvernement nous mène en bateau, et perd son temps à réfléchir sur ce qu’il pourrait faire ou proposer pour sortir de la crise de l’euro. Il n’a, en réalité, aucun moyen.
La solution ne peut pas être financière. Personne ne peut plus mobiliser une masse d’argent suffisante pour dégager une marge de manœuvre significative. Et ce n’est d’ailleurs pas en atténuant les effets à coups de milliards qu’on supprimera les causes.
En outre, c’est ridicule : on ne portera pas secours aux pays fragilisés par le surendettement en les endettant davantage !
On n’échappera donc pas à la dislocation de la zone euro, même si la plupart des dirigeants politiques ne veut pas en entendre parler.
Le moment approche où ils ne pourront plus l’éviter : les écarts de performance, et donc de besoins, entre les différents membres ne sont plus supportables, et la crise ne fait que les aggraver.
L’idée d’un ministre européen de l’Économie, outre qu’elle est politiquement inapplicable, est bien dans la tradition de notre Haute Administation : défier la réalité par autorité administrative interposée.
Il y aura donc dislocation. Les pays fragilisés ne sortiront pas de l’euro : l’effondrement de leur monnaie qui s’ensuivrait, s’il leur permettrait de renouer avec la croissance, les empêcherait définitivement de faire face à leurs dettes en euros ou en dollars et, très probablement, aucun chef d’État n’accepterait de se mettre ainsi en faillite.
Comme je l’ai suggéré l’an dernier (n° 752), la sortie de l’Allemagne, qui ne veut plus payer éternellement pour les autres, paraît la seule solution.
C’est sans danger pour elle : sa monnaie nationale retrouvée sera aussi solide que l’euro – et même davantage, puisque gérable sur des critères maîtrisables, et débarrassée des canards boiteux.
Les pays n’ont pas d’amis, seulement des intérêts. La prétendue solidarité européenne n’existe pas, et Mme Merckel devra entendre ses électeurs.
Quant aux canards boiteux, leur cher euro deviendra bon marché, ce qui fera du bien à tout le monde !
Bien sûr, le principe inepte de la gestion d’une monnaie unique entre 16 pays divergents subsistera, jusqu’au prochain clash qui fera sortir le meilleur, comme l’Allemagne avant lui, et ainsi de suite, jusqu’à la « chute finale »…
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