Non, le revenu universel n’est pas une utopie !

Posté le 14 février , 2017, 8:39
3 mins

Suite aux articles de Messieurs Goudron (n° 1076), Lambert et Patois (n° 1079) accablant le revenu universel (RU) de tous les maux, je voudrais rétablir quelques vérités.

D’abord, ce n’est pas un sujet qui émerge tout à coup : il figurait déjà dans le programme du parti chrétien-démocrate quand Christine Boutin le présidait, et ça ne manquait pas de faire gloser.

Tant mieux si aujourd’hui tout le monde en parle, c’est le seul sujet vraiment intéressant de cette campagne présidentielle.

Causons chiffres.

Rien ne dit que le RU sera d’un montant de mille euros par mois, ni qu’on le touchera à taux plein dès la naissance.

Correspondant à la fois aux idéaux chrétien de charité et républicain de fraternité, sa vocation première est de permettre à chacun de vivre dignement dans le cas où il ne disposerait que de cette ressource-là.

Il devrait donc logiquement être au moins égal au minimum vieillesse (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées) qui est de l’ordre de 800 €.

Pour les enfants, il sera progressif jusqu’à l’âge adulte et ce petit « pactole » sera, bien sûr, géré par les parents comme le sont aujourd’hui les allocations familiales.

Ensuite, personne n’a dit que les retraités allaient le toucher en plus de leur pension. Ces derniers sont déjà rémunérés sans travailler, on ne va pas leur rajouter le RU. Sauf, bien sûr, pour ceux qui perçoivent une retraite inférieure à l’ASPA. Pourquoi les retraités n’auraient-ils pas droit à ce revenu supplémentaire ? Tout simplement parce que la deuxième vocation du RU est de remplacer toutes les prestations sociales. Or, la retraite en est bien une, puisque financée par les cotisations sociales des actifs. D’ailleurs, à terme, la mise en place du RU qui, lui, sera financé par l’impôt et notamment la TVA sociale, impliquera la disparition du système de retraite par répartition au profit de la retraite par capitalisation.

Dans la réalité concrète, les retraités percevront bien le RU, sinon il ne serait pas universel, mais en déduction de leur pension actuelle. Au final, ils ne toucheront pas plus. Là où ils seront gagnants, c’est que seule la part dépassant le RU sera soumise à l’impôt sur le revenu, qui deviendra proportionnel, c’est-à-dire à taux unique.

Si on prend en compte tous ces éléments, on doit être très loin des 600 ou 800 milliards annoncés par certains, qui critiquent par principe un système révolutionnaire et cohérent auquel ils n’ont encore rien compris.

8 Commentaires sur : Non, le revenu universel n’est pas une utopie !

  1. Jaures

    19 février 2017

    Pigis, vous commettez une erreur. Les 41,5 années de cotisation ne payent pas la retraite du cotisant mais lui donnent droit à pension. Pareillement, ses cotisations ont payé les retraites de ses anciens, il ne s’agit donc pas d’un capital reversé par rente. La retraite par répartition est un système de solidarité: on ne cotise pas pour soi-même mais pour les autres. Ensuite, ceux qui ont précédé la génération des 40 heures et retraite à 65 ans, c’est à dire la génération d’avant guerre, avaient également moins de droits qu’eux. Dire qu’une génération serait plus favorisée que la précédente ne fait que reconnaitre le progrès dans sa globalité (droits sociaux, médecine, logement, espérance de vie, éducation, culture,…).
    Christophe, les retraites ou les allocations chômage sont des revenus qui ne sont pas soumis aux cotisations patronales mais à la CSG. Rien ne dit qu’on ne peut intégrer le RU dans l’assiette de la CSG. Cela peut se faire de manière progressive car on peut dans son principe cumuler le RU avec un autre revenu.
    Drakkar, on a dit autrefois la même chose de la retraite, du vote des femmes, de la sécurité sociale, de la laïcité,…
    Brenus, le RU est défendu autant par la gauche que par certains libéraux. C’est sa mise en oeuvre qui diffère selon les opinions. On a testé le CICE qui a coûté 40 milliards pour pas grand chose. La première phase du plan Hamon ( étendre le RSA aux 18-25 ans, l’élever à 600€, le donner à tous ceux qui y ont droit) ne couterait pas plus cher et serait réinvesti dans l’économie. Cela mérite d’être expérimenté car aucun pays, même ceux qui affichent croissance et faible taux de chômage, n’a réussi à faire baisser substantiellement le taux de pauvreté.

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    • Christophe

      22 février 2017

      Ce n’est pas parce que des gens de gauche et des libéraux défendent cette allocation universelle qu’ils ont raison! Je ne suis pas sûr qu’une société ou une masse de gens vivent d’assistanat soit une société saine et vigoureuse et attractive.

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  2. BRENUS

    19 février 2017

    Chers « posteurs » : ne soyez pas trop durs avec l’émèteur de cet article, en dépit de ses invraisemblances : en l’absence de jojo (ou en remplaçant de ce dernier) il nous apporte la dose habituelle de mantra gaucho sans laquelle nous en serions presque orphelins. De plus si Pigis est totalement dans le vrai incontestable avec sa démonstration, il nous faut comprendre que pour une certaine clique qui n’a jamais réellement travaillé donc cotisé pour sa retraire, elle est persuadée qu’il en est de même pour tous. Quand je dis travailler j’exclue évidemment les affirmations de travail genre Hamon qui n’en a pas écossé une depuis sa naissance.

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  3. Drakkar

    18 février 2017

    Cette idée n’est pas une utopie. Effectivement.
    C’est une connerie majeure !
    Comment peut-on laisser déverser ce flots d’âneries socialo-communistes sur ce site ?
    Je suis effaré.

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  4. Christophe

    14 février 2017

    Ce qui est gênant dans cette affaire c’est le terme de revenu or il ne s’agit pas d’un revenu mais d’une subvention,il faut rappeler qu’un revenu est soumis à charge patronale et salariale,une subvention n’est frappée d’aucune charge et en plus n’est pas soumis à une déclaration d’impôt sur un revenu.Une subvention peut-être affectée à n’importe quelles dépenses,en la matière c’est la liberté qui règne.Il est urgent de clarifier ce point.

    Comme beaucoup d’observateurs,Michel Lacourt est un naïf

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  5. PIGIS Yves

    14 février 2017

    Y a-t-il beaucoup d’imbéciles qui pourraient croire que la retraite n’est qu’une allocation sociale comme les autres ?
    La retraite a été financée par des cotisations payées par les travailleurs tout au long de leurs 40 années de travail !
    Au cours de ces quarante années ils ont travaillé de 10 à 20 % de plus que les travailleurs du 21 ème siècle :
    – les 39 heurs et les RTT n’existaient pas et les congés payés annuels étaient réduits au minimum !
    Les anciens se sont constitué une rente dont l’Etat doit honorer les versements, d’ailleurs, il n’oublie pas, au passage de les fiscaliser ! Yves PIGIS

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