Vers l’explosion du système bancaire – version public

Posté le 19 octobre , 2016, 3:34
6 mins

La politique financière imposée par les ban­ques centrales, caractérisée par des injections massives de capitaux à taux nuls ou négatifs, est une mauvaise option.

Les taux zéro encouragent les entrepreneurs à racheter leurs actions et à faire de la croissance externe en s’endettant, mais ils ne les incitent pas à investir, à augmenter leur capacité de production ou leur productivité. Ces taux permettent la survie artificielle de sociétés qui au­raient disparu avec des taux « normaux » et empêchent l’éclosion de leurs remplaçantes naturelles.

Les yeux rivés sur une croissance mondiale plus faible qu’espérée, qui devrait tourner autour des 3 % (avec 2 % pour les économies occidentales et près de 5 % pour les pays émergents), les grands argentiers du monde sont incapables d’insuffler un peu de vigueur à l’économie.

Les politiques de baisse des taux s’avèrent inefficaces, voire dangereuses.
Les liquidités monétaires inondent les marchés et provoquent des distorsions et bulles spéculatives. Les investisseurs institutionnels, que ce soit les assureurs ou les fonds de pension, se trouvent pris entre le marteau et l’enclume. La réglementation les oblige à acheter des obligations d’État, pour lesquelles ils paient un intérêt, avec le risque substantiel de voir leurs actifs se déprécier fortement dans le cas d’une hausse des taux longs.

Il s’agit clairement d’une bulle spéculative qui menace les compagnies d’assurance.

Depuis près de 10 ans, la baisse constante des taux ne permet plus aux banques de dégager une marge d’intermédiation suffisante pour être rentables. Leur métier de base a été saboté par les banques centrales. Et la réglementation a pratiquement réduit à zéro leurs bénéfices sur les marchés financiers, les poussant à prendre plus de risques.

Le cas de la Deutsche Bank en est le parfait exemple.

En janvier, la Deutsche Bank a annoncé une perte de 6,8 mil­liards d’euros pour l’année 2015. Son exposition sur les produits dérivés est estimée à 50 000 milliards d’euros – 16 fois le PIB de l’Allemagne !

Il va sans dire que la déconfiture d’un tel établissement aura des répercussions dans votre assiette.

Mais que font les responsables politiques ? Et pourquoi ne prennent-ils aucune mesure en­vers le « shadow banking », cette finance de l’ombre, véritable système spéculatif qui repose sur des prêts extrêmement risqués aux entreprises ? Le Conseil de stabilité financière, organe du G20, a calculé que cette finance de l’ombre pèse 75 000 milliards de dollars.
Il est de notoriété publique que beaucoup trop de fonds de pensions européens et mondiaux sont incapables de faire face à leurs obligations.
Heureusement, les marchés obligataires poursuivent leur montée inouïe sous l’impulsion du Brexit, favorisant les détenteurs d’obligations d’États souverains. Cependant, rien de significatif ne devrait perturber les échanges entre la Grande-Bretagne et l’UE. La livre sterling venant de chuter de 10 % par rapport à l’euro, cela devrait même permettre à la Grande-Bretagne d’accroître ses exportations. Par ailleurs, les biens ex­portés par l’Europe vers la Gran­de-Bretagne ne seront pénalisés que partiellement.

La menace du protectionnisme commercial n’est pas non plus à prendre à la légère. Le républicain Trump souhaite un retour à l’hégémonie américaine et accuse la Chine de manipuler sa monnaie. Le yuan a baissé par rapport au dollar, mais il s’est considérablement apprécié par rapport à la monnaie des autres partenaires commerciaux de la Chine. La balance commerciale de la Chine ne continue d’augmenter que parce que les importations diminuent encore plus vite en raison de la faiblesse de la demande intérieure. La croissance chinoise n’est plus que de 4,5 %, au plus bas depuis des années.
L’hypocrisie de nos dirigeants, avec l’assentiment des opinions publiques, laisse une dictature chinoise écraser son peuple d’esclaves au nom du libre-échange, tout en bombardant par ailleurs les populations civiles du Proche-Orient au prétexte de leur apporter une démocratie dont elles se moquent éperdument.

Attendons les résultats de l’élection présidentielle aux États-Unis en novembre et aussi ceux de l’Autriche, le 4 décembre prochain, qui pourraient réserver des surprises et entraîner des répercussions dans la sphère bancaire et financière…

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