Lance Pierre - mardi 06 novembre 2007
immigration
Si nous pouvions douter de la justesse de ce dicton : « L’enfer est pavé de bonnes intentions », la sinistre affaire de l’Arche de Zoé nous en apporterait une preuve éclatante. Car je ne suis pas sûr que les jeunes gens embarqués dans cette galère soient des escrocs. Je crois que ce sont des esprits fragiles assoiffés de bonne conscience et profondément corrompus par l’idéologie pernicieuse de « l’amour universel ».
Ces garçons et ces filles, sans doute dépourvus de raison de vivre, s’en étaient soudain trouvé une, apparemment grandiose : ils allaient sauver les enfants du Darfour ! …Enfin tout au moins une poignée. Et les voilà partis dans la brousse africaine, en quête d’orphelins à immigrer clandestinement dans la bonne terre des Gaules. Projet insensé, parfaite synthèse des folies du monde moderne, et qui a sombré dans une mascarade.
D’abord, aller chercher des enfants au Darfour est plus facile à dire qu’à faire. On risque fort d’y laisser sa peau. Alors on se contente d’errer à la frontière du Tchad et du Soudan, en agitant dans les villages la tentation du paradis français. Dans ces régions misérables submergées d’enfants accidentels, des familles pauvres ont tôt fait de proposer leurs bambins, qui feront des « orphelins » très présentables, même s’ils ne le sont pas vraiment, et même si ce sont des Tchadiens pur sucre qui n’ont jamais mis les pieds au Darfour.
Mais les archers de Zoé ne sont pas regardants. L’essentiel est que les enfants soient du plus beau noir, le reste est accessoire. La seule chose qui compte pour ces bons apôtres, c’est de passer aux yeux du monde et à leurs propres yeux pour de petits saints sauveurs d’humanité souffrante.
Ils sont obsédés par le désir de faire leur BA haut de gamme et rien d’autre ne les soucie. En France les attendent des couples d’adopteurs à tout prix qui se prennent eux aussi pour des petits saints sauveurs, mais qui ne sont que des monstres d’égoïsme acheteurs de jouets vivants. Et n’oublions pas, dans tout ça, la part d’une immense vanité.
Ces gens déboussolés sont incapables de se rendre compte qu’ils ne sont que des dictateurs résolus à déraciner des enfants, à les arracher de vive force à leur milieu naturel et à la terre de leurs ancêtres. D’ailleurs, la terre des ancêtres, c’est-à-dire la patrie, est pour eux un concept vide de sens et ils trahissent la leur au nom d’un humanisme dévoyé qui ne conçoit l’être humain que comme une pièce anonyme et interchangeable que l’on peut déporter en tous lieux « pour son bien ». Imperméables à la notion d’identité ethnique et culturelle, aussi indifférents à l’histoire de leurs aïeux qu’à l’avenir de leurs descendants, ils n’imaginent pas les effroyables guerres civiles qui ensanglanteront l’Europe lorsque des communautés inintégrables, prolifiques et désespérées se dresseront contre les sociétés occidentales qui n’auront pas pu leur offrir l’eldorado dont elles avaient rêvé. Et si les faux orphelins d’un faux Darfour étaient arrivés en France, peut-être seraient-ils devenus dans vingt ans les nouveaux kamikazes de la conquête islamiste.
Aussi, devons-nous considérer l’aspect positif des turpitudes de l’Arche de Zoé. Cette affaire servira peut-être d’avertissement aux Africains comme aux Européens et leur ouvrira-t-elle les yeux sur la nécessité de refuser le déracinement et le mélange inconsidéré de peuples trop différents. Quant aux indécrottables naïfs qui croient que l’Église catholique est une force capable de protéger l’Europe de l’islamisme, je leur conseille vivement la lecture du livre de la journaliste italienne Maria Pace Ottieri « Une fois que tu es né, tu ne peux plus te cacher » (Éditions Xenia).
Elle a étudié l’immigration sur le terrain, au contact des expatriés, avec la plus grande objectivité et non sans compassion. Ils apprendront dans son livre que l’Italie est actuellement la porte d’entrée privilégiée de l’immigration sauvage en Europe, et ils découvriront que les associations qui accueillent, hébergent, nourrissent, défendent, soutiennent les immigrés clandestins et les aident à s’implanter, créant sans cesse un « appel d’air » vers le tiers-monde, sont principalement les associations chrétiennes du réseau international « Caritas » (dont la section française est le Secours Catholique).
Celles-ci auraient toute leur place dans l’Arche de Zoé. On n’est jamais trahi que par les siens.
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