Rouxel Jean - mardi 24 avril 2007
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La politique étrangère est encore plus discrète dans cette présidentielle que dans les précédentes. Les candidats l’évoquent peu et vaguement. Pourtant, on élit le président de la République, qui la détermine et la conduit : une fonction cruciale, eu égard aux tensions internationales, et à la globalisation qui installe l’étranger au cœur de la vie française.
Une large fraction de l’électorat ne se détermine pas du tout en fonction de la politique étrangère. Mais une autre - majoritairement d’origine immigrée - est hypersensible à la politique arabe de la France, au conflit israélo-palestinien, ou à la crise nucléaire iranienne : les candidats ne veulent pas la heurter.
D’abord, Sarkozy afficha son atlantisme. Son escapade états-unienne de septembre, pendant laquelle il se fit photographier serrant la main de Bush, provoqua un tollé médiatique. Le 14 janvier dernier, au congrès de l’UMP, il a modéré son américanophilie pour une ligne plus gaulliste, qualifiant la guerre en Irak de « faute ». Il a envoyé des signaux de connivence au monde arabe. Récemment, il a rencontré, à Paris, le président Moubarak qu’il a crédité d’« une grande expérience, une très grande sagesse », et a dit avoir « beaucoup d’admiration pour l’Égypte ». L’Afrique sera la destination de son premier grand voyage présidentiel.
Sarkozy proche des États-Unis et d’Israël
La visite de Ségolène Royal au Proche-Orient ayant créé des remous, elle délaisse ce sujet. Les candidats jugent crucial le conflit israélo-palestinien, mais en parlent peu. Sarkozy est plus amène envers Israël - dont la sécurité est « non négociable » - et les États-Unis que Royal, et aussi Bayrou, bien que l’UDF ait été longtemps atlantiste.
Sarkozy, Royal et Bayrou excluent l’idée d’une attaque des sites nucléaires iraniens. Mais Sarkozy accepte que des sanctions contre Téhéran puissent être décrétées hors du Conseil de sécurité de l’ONU, entravé par la Russie et la Chine. Il subordonne le droit de l’Iran au nucléaire civil, à l’administration de la preuve de ses intentions pacifiques. Royal approuve la proposition russe de fournir de l’uranium enrichi à Téhéran : « cela écarterait le risque de prolifération ».
Seul Jean-Marie Le Pen trouve légitime que l’Iran ait la bombe atomique. Il dit que la dissuasion nucléaire, qui a bien fonctionné jusqu’à maintenant, l’empêchera de s’en servir. C’est méconnaître le messianisme suicidaire des radicaux du régime des mollahs. Sans doute le chef du Front national cherche-t-il un supplément de suffrages dans les banlieues.
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