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Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com 07/07/2001 Compétition
économique internationale de plus en plus vive. La France
régresse ! Alain Dumait En matière
économique, il faut toujours s’efforcer de distinguer les tendances
lourdes, à moyen ou long terme, des aléas conjoncturels. La
mondialisation pousse à la volatilité. Or, comme la mondialisation va
encore s’accentuer, la volatilité – des marchés, des bourses, des
conjonctures – va probablement elle aussi, augmenter. Il va falloir
s’y habituer. À
l’origine de cette mondialisation toujours grandissante, on cite souvent
le libre-échange et la libéralisation du commerce international, autant
de facteurs qui dépendent de la volonté des hommes et, en
l’occurrence, principalement des hommes politiques occidentaux. Mais il
y a aussi des facteurs techniques sans doute autrement plus puissants, et,
notamment la fantastique diminution du coût des transports et des
communications. Si, depuis 1920, le coût moyen du transport maritime a été
divisé par quatre, depuis 1930, le coût moyen du transport aérien a été
divisé par six, celui des communications téléphoniques par cent et,
depuis 1960, le prix des ordinateurs a été divisé par 125 ! Cette évolution-là,
loin d’être en panne, est au contraire en pleine accélération. Le
système économique qui résulte du phénomène du téléphone portable
et du réseau Internet, ne fait que commencer. L’année dernière, en
France, le trafic lié à l’accès Internet a augmenté de 162 %, tandis
que celui lié aux téléphones mobiles augmentait de 71 %… Au plan
industriel, les cartes sont redistribuées constamment. Le leadership
change de mains tous les trois mois. La concurrence sur les prix, des
produits et des services, est terrible. Malgré la croissance, les pertes
d’un grand nombre d’intervenants sont colossales. Mercredi
dernier, un journaliste du Figaro interroge Serge Tchuruk : « Le court
terme, c’est le mois ? ». Réponse du président d’Alcatel : «
C’est même la semaine ! »… Résumons :
les forces de l’innovation sont toujours puissamment à l’œuvre, et
pas seulement dans l’électronique, les télécommunications ou les
biotechnologies. Tous les secteurs économiques se transforment et améliorent
leurs performances. De ce point de vue, l’optimisme est de rigueur. Et
cela, quelles que soit les sautes d’humeur de la Bourse. La question
qui nous concerne spécifiquement, nous, Français, c’est le différentiel
de potentiel entre notre économie et celle des principales autres
puissances mondiales. Tous les
indicateurs officiels internationaux le démontrent : nous régressons. En
termes de croissance économique, parmi les quinze pays actuellement
membres de l’Union européenne, nous nous plaçons en onzième ou douzième
position. Alors que tous les autres pays continuent à réduire la part
des dépenses publiques dans leur produit intérieur brut, nous ne faisons
à peu près rien sur ce terrain. Nous traînons
les pieds sur les réformes de structures. Nous freinons des quatre fers
pour introduire de la concurrence dans les transports publics, de
passagers ou de marchandises, alors que tous les autres pays occidentaux
l’ont déjà fait ou envisagent de le faire. Samedi
dernier, 30 juin, premier jour des vacances scolaires en région
parisienne, les personnels navigants d’Air France n’ont pas pu s’empêcher
de faire grève afin d’enquiquiner les premiers vacanciers… Pour l’économie dans le monde, on peut être serein. Pour la place de la France dans celle-ci, il y a toujours lieu d’être inquiet… Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com |