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Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com 14/07/2001 Nouvelle
actualité de la fin du monde ! Alain
Dumait 4verites@noos.fr Sous nos
yeux, la mondialisation de l’économie mondiale se superpose avec la dégradation
générale de notre environnement. Les phénomènes sont concomitants et mériteraient
néanmoins, pour être analysés et compris, d’être mieux distingués. Malgré
quelques succès locaux remarquables, – d’ailleurs uniquement situés
dans des pays développés –, la dégradation générale de notre
environnement naturel est indéniable. Inondations, raz-de-marée, tempêtes,
éruptions, incendies, pollutions… se multiplient et semblent de plus en
plus fréquents sur les cinq continents de la planète. Des espèces végétales
ou animales disparaissent, soit sous l’effet d’empoisonnements liés
à l’activité industrielle humaine, soit sous l’effet du développement
mystérieux de nouvelles bactéries, de nouveaux virus ou de désordres du
type prion. La semaine dernière, au large du Canada, ce sont quelques
millions de carpes qui ont été retrouvées mortes dans une zone de
quelques dizaines de milliers de kilomètres carrés… À ce rythme,
et à un horizon relativement proche, c’est l’avenir même de la planète
qui est en question. Avec un peu plus de deux siècles de retard, les
sombres prévisions de Malthus seraient finalement vérifiées. La planète
Terre n’était pas faite pour supporter aujourd’hui six milliards
d’individus, huit ou neuf milliards dans vingt ou trente ans (apogée démographique),
et autant de pollueurs. En 1997, un
protocole a été élaboré à Kyoto par trente-huit pays industriels afin
de réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables
partiellement, mais sûrement, du réchauffement climatique observé
depuis plusieurs décennies. Ce document, dont l’application aboutirait
à brider les industries polluantes et à réduire autoritairement les
activités de secteurs comme l’automobile, n’a encore été ratifié
par personne et a même été rejeté par le nouveau président américain
George Bush, en mars dernier, dès son accession au pouvoir. Et c’est
sous la pression de la rue, à savoir les manifestations anti-capitalistes
et anti-occidentales de Gênes (voir page 3 l’article de Claude Reichman)
qu’à La Haye, lundi dernier, le traité de Tokyo a finalement été
sauvé par la confirmation in-extremis des signatures du Japon, de la
Russie, du Canada et de l’Australie, ces quatre pays s’engageant à réduire
leurs émissions de gaz toxiques en ayant recours à des « puits de
carbone », c’est-à-dire, en gros, en développant des politiques de
reboisement, censées contribuer à une réduction de l’effet de
serre… Compte-tenu
de la complexité et des incertitudes que comportent les questions
couvertes par le protocole de Kyoto, on ne sait trop s’il faut se réjouir
ou au contraire déplorer qu’il ait été sauvé. Mais ce résultat,
survenant quelques jours après le déchaînement de violences à
l’occasion de la tenue de G8 à Gênes, sera inévitablement interprété
comme une victoire des casseurs anti-mondialistes. Et cela est tout à
fait regrettable. Comme tout le
monde, les Français vivent la mondialisation de l’économie mondiale et
en profitent, tout en la craignant. Le progrès
technique et, sous l’effet de celui-ci, la levée désormais presque
complète des obstacles à la circulation des hommes, des marchandises,
des idées, des informations et des images, en font une donnée majeure et
durable du monde moderne. Déjà, en
1945, un poète visionnaire, qui s’appelait Paul Valéry, déclarait :
« Le temps du monde fini commence ». Aujourd’hui, c’est fait. Cette
tendance lourde comporte beaucoup de facteurs favorables mais aussi un
grand nombre de risques. Des hommes
politiques sérieux devraient évidemment se poser la question suivante :
« Comment maximiser les premiers et minimiser les seconds ? ».
La meilleure réponse est certainement : en distinguant, en les découplant,
le concept de mondialisation, politiquement neutre, avec celui de
mondialisme, politiquement massivement rejeté. Or, à Gênes,
le sommet des chefs d’État, caricature du mondialisme impuissant, n’a
rien fait d’autre que de feindre être en mesure de commander à la
mondialisation. Sans être capable même de maintenir l’ordre dans une
ville de neuf cent mille habitants… Au niveau
mondial, comme au niveau national, les hommes de l’État ne commandent
ni aux choses ni aux vents. Ils ne savent que perturber et empoisonner la
vie des gens qu’ils prétendent « gouverner ». La mondialisation, ni
personne d’ailleurs, n’a besoin d’eux. Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com |