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Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com 15/09/2001

La prospérité de l’Occident reviendra quand il aura gagné la guerre contre l’islamisme

 Alain Dumait 

Alain Dumait

 Non seulement, au moment où nous écrivons ces lignes, les criminels du 11 septembre courent toujours, mais encore on peut craindre qu’ils aient fait beaucoup de nouveaux émules. Car la folie, on le sait, est éminemment contagieuse. Il est raisonnable de penser qu’il y aura d’autres faits de guerre du même ordre, identiques, moindres, ou pires car il y a, à travers le monde, à nos portes, et même chez nous, des milliers et des millions de candidats islamistes au martyr.

C’est donc durablement, non seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe, en France, qu’il va nous falloir vivre autrement, en privilégiant comme nous ne l’avons encore jamais fait, les questions de sécurité, celles de notre pays, de ses frontières, celles des citoyens et de leurs biens.

Jusqu’à présent, la sécurité, dans le sens le plus large et le plus général du mot, était à la fois une question concrète et un sujet de débat politique, voire académique. Certains prétendaient qu’il y avait du fantasme dans l’air. Trop d’attentions portées aux affaires de sécurité pouvaient se retourner contre les libertés fondamentales. Ce temps n’est plus et ne pourra plus être, sans doute avant longtemps.

Comme une époque vient de basculer, il est normal et même souhaitable que, sans délai, du jour au lendemain, hommes politiques, intellectuels ou observateurs, changent d’opinion, d’orientation, même si c’est à 180 degrés. Les faits commandent. L’opinion va exiger. Et pas seulement aux États-Unis.

Attendons-nous à beaucoup de révisions déchirantes. Et peu importe qu’elles soient ou non tout à fait sincères. On a déjà pu en noter plusieurs dans les moments qui ont suivi la déclaration de guerre. Par exemple, ni Jean-Marie le Pen ni Bruno Mégret ne s’y sont trompés, qui ont exprimé immédiatement à l’endroit de l’ex « grand Satan », l’un ses condoléances et l’autre sa sympathie. Tant mieux. Même des chefs d’États aussi irresponsables que les dictateurs de la Libye ou de l’Iran ont cru devoir faire part de leur émotion. C’est heureux. Jusqu’aux Talibans de Kaboul qui n’excluaient pas, mercredi après-midi, d’expulser Ben Laden.

Attendons-nous en conséquence à des reclassements politiques dont certains seront inattendus. Que ce soit en politique intérieure ou dans le domaine des relations internationales. Je ne serais pas surpris pour ma part que l’Occident révise sa politique dans l’ex Yougoslavie, cette boîte de Pandore qui, depuis qu’on est allé l’ouvrir, dégorge vers nous, par milliers, des réfugiés qu’on ne sait pas où mettre, des criminels organisés, de la drogue et des armes, avec en prime, des prostituées malades…

On a fait reproche à l’Amérique de George Bush de faire cavalier seul en politique internationale. Que ce soit au Moyen-Orient, sur l’environnement (protocole de la conférence de Tokyo) ou en matière de défense (nouvelle guerre des étoiles). Nous étions plutôt de ceux qui approuvaient le comportement moins interventionniste du nouveau président américain. Comme Jean d’Orgeix (Les 4 Vérités hebdo du 8 septembre), nous pensons qu’il y avait finalement beaucoup de sagesse dans le principe de la non-ingérence dans les affaires des pays étrangers. Mais toutes ces considérations, peut-être pertinentes avant le 11 septembre, ne valent plus rien. L’Occident tout entier doit se défendre. Agressés, les États-Unis sont à la barre. Tous ceux qui renâclaient à la mondialisation vont devoir accepter aujourd’hui l’américanisation du monde.

Sur le coup, les Bourses mondiales ont proprement dévissé. Est-ce à dire que l’hyper terrorisme a efficacement frappé le capitalisme mondial et, avec lui, notre prospérité ? À court terme, c’est possible… Car il faudra bien financer les mesures nouvelles, pour la défense et la sécurité. Et les entraves au commerce, comme aux déplacements des personnes, auront évidemment un coût.

Mais, à moyen terme, il est probable que cette situation nouvelle sera plutôt économiquement favorable. Si la mobilisation de l’Occident est rapide, massive et efficace, si le terrorisme international régresse, et s’il est finalement bientôt en voie d’être partout extirpé, si la sécurité des biens et des personnes peut être un jour mieux assurée, alors, quand prendra fin cette troisième guerre mondiale, la situation sera peut-être meilleure qu’elle ne l’était auparavant. Après tout, les années cinquante, ont été sensiblement plus prospères que les années trente. 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com