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Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com 22/09/2001 Les
fins dernières de l’Islam Durant
des années, j’ai lu René Guénon et son école, Michel Valsan,
Charles-André Gilis, Frithjof Schuon. Ces éminents penseurs haïssent la
société moderne, occidentale, protestante, judéocentrée, matérialiste.
Ils rêvent d’un monde inspiré par l’islam, dont la tradition
initiatique – le taçawwuf – est la plus susceptible de restaurer une
civilisation spirituelle. Cinquante mille Français se sont convertis à
l’islam guénonien, dont un ancien ami, converti au moment de
l’affaire Rushdie et qui m’affirma un jour tout de go que les
musulmans ne mangeaient pas de porc, parce que ces porcs étaient les
juifs tués par Allah le jour où Moïse redescendit du Sinaï, les tables
de la loi à la main… Je continue de lire Guénon, mais avec d’autres
yeux. Parlons de la
religion la plus tolérante du monde, l’islam. Des musulmans ont tué
deux à trois millions de non-musulmans au Soudan ; ils engraissent ou
excisent leurs femmes dans les pays du Sahel ; ils ont déporté cinq
millions d’afghans tadjiks ; ils massacrent les chrétiens en Indonésie
; ils exterminent des otages depuis trente ans en occident, au prétexte
que les occidentaux infidèles sont les suppôts de la conspiration judéo-américaine
; ils se lèvent contre l’autorité nationale en France, pays honni héritier
des croisés. Ils s’insurgent contre l’autorité post-coloniale de
l’occident. Tous les états terroristes sont des pays musulmans, de la
Syrie à l’Iran en passant par le Pakistan ou la Libye. Et tous les médias
de nous conforter dans l’image de l’islam tolérant, alors qu’il
n’y a pas une démocratie musulmane, pas un pays musulman développé,
pas un pays musulman qui respecte les droits de la femme ou de ses minorités,
à de rares exceptions affaiblies et qui vont l’être toujours plus
maintenant (la Tunisie ou la Malaisie)… J’ai dit «
des » musulmans pour ne pas dire « les » musulmans, espèce plus protégée
que les catholiques en France. Mais à partir du moment où l’on veut définir
un ennemi — qui est devenu fractal et numérique -, il est difficile de
séparer le bon grain de l’ivraie. Et qui va le faire ? J’ai été élevé
dans un pays musulman laïcisé, la Tunisie, muée depuis en dictature laïque
pour lutter contre l’islam. Je n’ai jamais connu enfant, là-bas, de
problème particulier. Rentré en France, j’ai assisté à la télévision
à la guerre du Kippour suivie de la hausse des prix du pétrole. Prix du
pétrole qui servent depuis à l’Arabie Séoudite, allié privilégiée
des Américains, à financer la construction de mosquées et l’équipement
des réseaux islamiques aux quatre coins du monde. L’affaire
Ben Laden est exemplaire à cet égard. Le bouc émissaire officiel de
cette affaire est un patricien séoudien, enrichi par la gomme arabique
vendue à Coca-cola ; ancien agent de la CIA (revoyez le film «
Couvre-feu »), Ben Laden est un homme d’affaires avisé et instruit,
comme les pilotes des Bœing, il a sa stratégie qui est de faire
triompher l’islam et son Djihad. Guénon ne mentait pas là-dessus :
dans « Orient et Occident », il espère que l’immigration musulmane
chassera la démocratie impie avec l’aide d’une élite locale
instruite et initiée ; dans « Symboles de la science sacrée », il célèbre
le çayful-islam, l’islam de guerre et du cimeterre. Dominique Moïsi a
rappelé que des officiels séoudiens, en visite à Paris, estiment
certain le retrait final d’Israël qui pollue leurs lieux saints. Des séoudiens,
des alliés américains… La mondialisation recueille ici le fruit de son
impéritie, de sa gnose naïve et aberrante. Et l’idéologie des Lumières
aussi, qui s’imagine que tous les hommes sont, sinon égaux, du moins
pareils dans leur course au dollar et à la célébrité et au « respect
des différences ». En réalité, s’il veut en finir avec la religion
la plus tolérante du monde, l’occident devra se bombarder lui-même. Il
le sait, et c’est pourquoi il ne fera presque rien, comme d’habitude.
Jusqu’à ce que la démographie fasse son œuvre, ici comme ailleurs.
Car notre suicide est aussi leur guerre. Dieu est grand, décidément. * Nicolas Bonnal est notamment l’auteur, chez Albin Michel, de « Mitterrand, le grand initié Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com |