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Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com
/2001
Avec la nouvelle guerre, de nouveaux clivages apparaissent
!
Alain
Dumait et Jean-Christophe
Mounic
Mis à part le gouvernement provi-
soire actuel de l'Afghanistan, aucun gouvernement ne soutient officiellement
Oussama Ben Laden et ses réseaux terroristes. Et, à notre
connaissance, aucun parti politique sérieux, ni en France ni ailleurs,
n'apporte son soutien déclaré aux ennemis de l'Occident.
Pourtant, après une brève période de compassion et
de condoléances unanimes à l'égard des 7000 victimes
recensées à New-York et à Washington, et sans plus
attendre, il est possible, en prêtant attention aux déclarations
des membres de la classe parlante, d'apercevoir un nouveau clivage, d'ordre
intellectuel et évidemment politique.
D'un côté, ceux qui ont toujours privilégié
les valeurs qui fondent la supériorité de l'Occident, ou
qui y reviennent, révisant à l'occasion de cet événement
l'échelle de leurs références. Ceux-là soutiennent,
sans barguigner, la coalition menée par les Américains même
si, analysant avec lucidité l'enchaînement qui, tout au long
des cinquante dernières années, nous a amené là,
ils ne peuvent que regretter beaucoup de décisions prises par les
États-Unis qui n'allaient pas toujours dans le sens de la politique
qu'il convient aujourd'hui de défendre. Et en particulier, comme
cela a été souligné à juste titre, à
l'égard des islamistes, obnubilés que nous étions
par le grand Satan soviétique.
D'un autre côté, aux États-Unis, comme en France d'ailleurs,
le parti de la collaboration, un temps muet, redresse la tête.
Aux États-Unis, les gauchistes du parti démocrate (fils
spirituels des communistes américains des années cinquante)
commencent à trouver de lourdes responsabilités à
George W. Bush. Bizarrement, Ben Laden lui ferait payer son isolationnisme
(?). Ils disent : il fallait forcer Israël et les Palestiniens à
faire la paix. Bush aurait dû, évidemment, selon eux, mettre
ses pas dans les traces de son prédécesseur, et réussir
là où ce dernier, un peu usé, avait échoué.
L'Amérique, non seulement isolationniste mais aussi égoïste
et arrogante, serait, selon eux, coupable de ne pas avoir pris en charge
suffisamment les misères du monde…
En France, le même parti existe. Il est représenté
par exemple par le très pacifiste, l'académicien Jean-Marie
Rouart qui, dans Le Figaro du 25 septembre, signe un article intitulé
" Non à la guerre " où il présente une
Amérique bornée, orgueilleuse et belliqueuse, s'apprêtant
injustement à frapper de pauvres musulmans pacifiques. " Transformer
le monde en un immense Liban déchiré par la guerre civile,
dit-il, est un prix exorbitant pour venger l'honneur américain,
si précieux soit-il ".
Ce qui inquiète le directeur du Figaro littéraire, ce n'est
pas Ben Laden, le mollah Omar ou Saddam Hussein, mais George Bush avec
ses " propos de matamore et ses imprécations bibliques sur
la victoire du Bien sur le Mal ". M. Rouart connaît l'origine
du terrorisme : la misère, l'injustice et le désespoir qui
en découle. Le terrorisme est l'arme du faible contre le fort.
L'académicien n'est pas loin de le défendre !
Pour lui, l'Europe et l'Amérique appartiendraient à des
cultures différentes. " La France, l'Europe, qui n'ont pas
du monde une vision aussi manichéenne et aussi tranchée
que l'Amérique, ont, dans leur sein, des communautés islamiques
avec lesquelles elles entretiennent des liens anciens de fraternité
". Nous y voilà ! À ce constat que l'Islam, sous une
certaine forme, c'est le terrorisme et la guerre, nos nouveaux pacifistes
répondent : " Pas du tout ! L'Islam c'est la paix ! ".
Les églises brûlées au Soudan ou au Nigeria, les missionnaires
assassinés aux Philippines, les chrétiens massacrés
la nuit de Noël en Indonésie, les moines égorgés
en Algérie, le terrorisme des kosovars ou des tchétchènes,
la haine qui sue dans les banlieues françaises : ce ne seraient
que des fantasmes. Le Coran, expurgé par Jean-Marie Rouart, un
livre de paix et de tolérance…
Dans la nouvelle guerre qui commence, il y aura à l'intérieur
de chez nous des complices de nos ennemis. Comme il y a eu des collaborateurs
puis, au temps de la guerre d'Algérie, des porteurs de valises.
Certains étaient de bonne foi, la question n'est pas là.
Mais ils avaient tort. Et en temps de guerre, certaines erreurs sont des
crimes.
Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com
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