|
Retour
BREVES
Toilettes
Le maire de Paris Bertrand Delanoë envisage d'instaurer la gratuité
des toilettes publiques actuellement sous concession de l'entreprise J.-C.
Decaux.
Médiateur
Lakhdar Brahimi, médiateur de l'ONU pour l'Afghanistan, est de
nationalité algérienne. Il a connu sa femme, d'origine croate,
au Caire, où le père de celle-ci vendait des armes au FLN
de la part de Tito…
Udf
En échange d'un nombre substantiel de circonscriptions " gagnables
" pour les législatives, le parti radical valoisien, normalement
allié de l'UDF, devrait soutenir Jacques Chirac en 2002. Toujours
à l'UDF, Hervé de Charette, président du PPDF, pourrait
lui aussi rejoindre Chirac…
Serbie
Les Monténégrins décideront au printemps prochain
s'ils restent ou non membres de la fédération de Serbie…
COMMUNAUTARISME
Stéphane Pocrain, délégué des Verts, et le
comédien Dieudonné veulent organiser l'an prochain une…
black -pride, sur le modèle des gay-prides actuelles…
Apartheid
Les juifs ultra-orthodoxes de Tel-Aviv ont obtenu de la coopérative
publique d'autobus Egged que les passagers des deux sexes se voient attribuer
des sièges différents. Il y aura aussi deux files d'attente
distinctes…
Pinard
Les viticulteurs portugais ont manifesté le mois dernier à
Lisbonne contre une loi portant de 0,5 à 0,2 gramme par litre de
sang le taux d'alcoolémie autorisé.
MADELIN
Jacques Chirac aurait promis le poste de président de l'Assemblée
nationale à Alain Madelin si celui-ci retirait sa candidature en
faveur de l'actuel chef de l'État…
|
Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com
24 novembre 2001
Le honteux projet du Medef !
Claude
Reichman
Le Medef ne manque pas d'air ! Le projet de réforme de la Sécurité
sociale qu'il vient de présenter à grands sons de trompe
n'est rien d'autre que… l'application de la loi, à ceci près
qu'il y ajoute une tricherie fondamentale qui n'honore pas l'organisation
patronale.
En application des directives européennes 92/49/CEE et 92/96/CEE,
le Parlement français a voté les lois n° 94-5 du 4 janvier
1994, n° 94-678 du 8 août 1994 et n° 2001-624 du 17 juillet
2001 qui permettent à tout assureur dûment agréé
de couvrir les risques maladie et accident, vieillesse et chômage.
Peuvent intervenir sur ce marché, outre la Sécurité
sociale, les assureurs privés, les institutions de prévoyance
et les mutuelles. Ce qui signifie que la protection sociale est devenue
un marché ouvert à une concurrence complète et donc
que la Sécurité sociale a perdu son monopole.
Bien entendu, dans la République du mensonge qu'est la France,
le gouvernement s'est bien gardé d'informer les citoyens des nouveaux
droits qui sont les leurs et qui ne leur ont été accordés
que sous la pression conjuguée des dispositions européennes
et des actions que nous avons menées pendant dix ans. La presse,
quant à elle, n'a pas vraiment cherché à mettre son
nez dans ce dossier, ne voulant pas déplaire aux pouvoirs publics
et aux syndicats officiels qui espèrent sans le dire que ces réformes
fondamentales resteront lettre morte. Tout, ainsi, pourrait continuer
comme avant, pour le plus grand bonheur des gérants du système
et pour le plus grand malheur des Français, qu'on priverait non
seulement de leur liberté mais aussi des bienfaits économiques
et sociaux de la concurrence.
Mais si l'on peut mentir un certain temps à quelques-uns, on ne
peut mentir tout le temps à tout le monde. C'est pourquoi le Medef,
dont on aurait pu penser qu'il était un chaud partisan de cette
réforme, a décidé de rompre le silence… mais à
sa façon. Au lieu de prendre acte de ce que la loi permet désormais,
l'organisation patronale a feint de présenter les textes officiels
comme des propositions émanant d'elle, en les assortissant de mesures
qui, elles, sont bien de son cru et qui reviennent tout simplement à
supprimer la concurrence sur ce marché.
Que veut en effet le Medef ? Que les assureurs privés puissent
gérer la protection sociale, mais en se faisant affecter par l'État
une somme forfaitaire par assuré couvert. Autrement dit il n'y
aurait pas concurrence tarifaire, mais gestion privée du monopole.
C'est ce que M. Denis Kessler, vice-président du Medef et par ailleurs
président de la Fédération française des sociétés
d'assurances (FFSA) appelle avec un incroyable aplomb la " théorie
des quasi-marchés ". Belle théorie en vérité,
qui consiste tout simplement à voler les Français au profit
des sociétés d'assurance. Car dans le système Kessler,
les assureurs se voient garantir leurs recettes par l'État, ne
sont nullement contraints de baisser leurs tarifs pour rester concurrentiels
et empochent donc l'argent que devraient économiser leurs clients
!
Le projet Kessler n'est d'ailleurs pas nouveau. M. Claude Bébéar,
le patron d'Axa, en avait déjà, il y a quelques mois, proposé
l'expérimentation au gouvernement. Si un certain patronat français
a de la constance, c'est bien dans l'impudence. Il y côtoie tous
ceux, syndicalistes et politiciens, qui ont richement vécu du système
et qui entendent bien continuer.
Les patrons, les vrais, ceux qui sont propriétaires de leur entreprise,
qui en assument tous les risques et qui rêvent d'une baisse des
charges et d'une relance de la consommation ne doivent pas se laisser
faire.
Le Medef est en fait dirigé par des hauts fonctionnaires qui ont
partie liée avec leurs homologues restés au service de l'État,
et qui eux aussi font des allers retours juteux entre le public et le
privé. Cette connivence vicie la représentation patronale.
Et nuit gravement à notre pays.
L'intérêt des vrais patrons et celui de l'immense majorité
des Français est exactement le même : une saine concurrence,
pour que les prix baissent, que tout le monde ait du travail et puisse
consommer et investir. Face à cette exigence, le comportement du
Medef ne mérite qu'un qualificatif : honteux !
Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com
|