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Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com 8 decembre 2001

 

Terrorismes et Violences sociales
Alain Dumait

La montée du terrorisme international organisé est évidemment le fil conducteur reliant les présentes situations en Afghanistan et au Moyen-Orient, avec une dizaine d'autres conflits, qui perdurent, même s'ils ne sont qu'épisodiquement repris dans l'actualité par les médias (Philippines, Sri Lanka, Birmanie, Afrique de l'Ouest et du Centre, Bolivie, Kurdistan, Kosovo, Algérie…).
Aussi longtemps que les relations internationales furent régies par la bipolarisation Est-Ouest, mettant en compétition les partisans du capitalisme libéral et ceux de l'étatisation marxiste-léniniste, chacune de ces situations régionales se rattachait plus ou moins à l'un ou l'autre bloc. Les plus nombreux étaient rattachés au au bloc soviétique, tandis que les adversaires de ces " révolutionnaires " faisaient appel à l'Oncle Sam.
Avec l'écroulement de l'empire soviétique, le monde est devenu unipolaire. On peut le regretter, mais c'est ainsi : le capitalisme, dont les Etats-Unis sont le modèle, est le seul système capable de procurer la prospérité économique au plus grand nombre des humains ; tandis que l'Amérique, en tant qu'Etat-nation, est le seul pays disposant de suffisamment de moyens militaires pour intervenir efficacement à l'autre bout du monde, comme elle en fait actuellement la démonstration dans les montagnes de l'Asie centrale.
Qui peut le plus, peut le moins. Ce que les Américains font actuellement à Kandahar, ils peuvent aussi le faire, après-demain, en Afrique ou en Amérique latine. Et on voit bien qu'un grand nombre d'appels montent vers eux, dans ce sens, sous des formes à peine voilées. Des appels qui viennent d'ailleurs d'horizons très différents : des intellectuels pacifistes maudissent l'isolationnisme Yankee…, le Premier ministre israélien Ariel Sharon demande à Washington qu'on lui laisse carte blanche à Gaza…, et ensuite, le gouvernement turc voudra peut-être, une fois de plus, "régler" le problème kurde…


Georges W. Bush n'entend certainement pas devenir le gendarme du monde. Sans les attentats du 11 septembre, les boys américains ne seraient pas à Kaboul. Et rien n'indique que les Etats-Unis ont l'intention, au risque de s'enliser, de s'installer durablement sur de lointains théâtres d'opérations. Mais, en même temps, aujourd'hui, et plus particulièrement pour l'Amérique, le terrorisme n'est plus supportable, sous aucune de ses formes. Les Etats terroristes, et les organisations qui aspirent à le devenir doivent le savoir.
Ces deux considérations déterminent la ligne étroite qui pourrait être le fil conducteur de la politique internationale au cours des prochaines années : les Américains ne pourront certainement plus faire preuve de la moindre compréhension à l'égard de quelque organisation adepte du terrorisme que ce soit. C'est avec cette certitude qu'Ariel Sharon est revenu de Washington avant de s'adresser à l'opinion israélienne et lancer des frappes sur les moyens matériels du gouvernement de Yasser Arafat. Mais, en contre-partie, l'Amérique est prête à mettre en œuvre des moyens importants, diplomatiques et matériels pour aboutir à la paix et pour la garantir. Au Moyen-Orient et dans quelques autres endroits.

Les terroristes, fanatiques et désespérés, venus des quatre coins du monde, que l'on débusque actuellement dans les caves de Kaboul ou dans les grottes de l'Hindû Kûch, s'ils arrivent à échapper aux mailles du filet qui les enserre, vont-ils revenir clandestinement d'où ils viennent, et notamment dans nos banlieues, comme leurs aînés revenus de Bosnie ou du Kosovo ?
Qui ne voit que la lutte contre le terrorisme international va forcément de pair avec la lutte contre le terrorisme intérieur. Cette lutte, on le sait, commence par la répression systématique à l'égard de la moindre incivilité. Mais elle nécessite aussi un changement radical de politique. Car, contrairement à ce qu'on nous serine depuis des lustres, ce n'est pas tant la pauvreté ou l'inégalité qui fabriquent des révoltés, mais c'est l'irresponsabilité érigée en principe.
Et la machine à fabriquer des irresponsables porte la marque du socialisme !

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com