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Antibiotiques
La moitié des 100 Millions de prescriptions médicales comportant l'un ou l'autre des 165 antibiotiques disponibles sur le marché français serait injustifiée, selon un rapport remis à Bernard Kouchner.

Mariage
Les mariages religieux, 120 000 par an, représentent 40 % des mariages civils.

Braquages
Le fichier des voitures volées en France comporte 380 000 dossiers. 6 958 véhicules ont été volés à Paris au cours des neuf premiers mois de 2001…

Transports
Les transporteurs aériens américains ont du licencier plus de
90 000 personnes depuis le 11 septembre. Les compagnies européennes ont viré 40 000 employés…

POLICE
A Vitry-sur-Seine, suite à une hausse de 100 % des vols avec violence entre 2000 et 2001, la municipalité (communiste) s'est résignée à consulter les habitants de la ville sur l'opportunité de créer une police municipale.

Privatisations
Depuis 1993, les privatisations ont rapporté quelques 300 milliards de francs au budget de l'Etat, la meilleure année étant 1994.

EURO
Pour 52 % des Français, l'euro apporte plus d'inconvénients que d'avantages, 33 % étant de l'avis opposé (sondage Ipsos).

Bourses
En termes de multiple du bénéfice par action (PER), l'indice Nikkei de la bourse de Tokyo se paye 65 fois les bénéfices moyens 2001, contre 28 fois seulement pour le Dow Jones, et
21 fois pour le CAC 40 de Paris.

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com 15 décembre 2001

Très chère Sécu, notre ruine à tous !

Bernard Trémeau

En 1945, quand la Sécurité sociale a été instituée, la France était très pauvre. On consultait exceptionnellement son médecin et les médecins ne disposaient que de quelques médicaments efficaces : la pénicilline arrivait à peine avec les troupes sméricaines. La Sécurité sociale a alors décidé de rembourser toutes les dépenses médicales, le gros et le petit risque.
Cinquante ans plus tard, la médecine a fait de fantastiques progrès. Le gros risque médical reste toujours aussi exceptionnel qu'avant : on n'a pas tous les jours une fracture de jambe ou un cancer du sein. Ce gros risque relève toujours de l'assurance. Par contre, vis-à-vis du petit risque, le comportement des Français a totalement changé. Ils décident maintenant d'aller consulter leur médecin quand ils en ont envie, pas forcément quand ils sont malades. Assurer le petit risque devient une absurdité.
Le Ciflox est le médicament efficace contre le charbon. Or, depuis quelques semaines, la prescription de Ciflox a été multipliée par 15 en France, alors qu'aucun cas de charbon n'a été signalé dans notre pays. Ce comportement montre le niveau d'irresponsabilité collectif auquel nous a conduit notre système social. Les médias nous informent du réel danger d'une épidémie de charbon déclenchée par des terroristes aux USA. Cette information crée de l'angoisse chez de nombreux Français. Certains consultent leur médecin pour obtenir du Ciflox. Il est probable que dans la plupart des cas, le médecin de famille arrive à calmer l'angoisse de son client sans avoir besoin de prescrire de Ciflox. Mais dans quelques autres cas, le médecin sent qu'il n'y arrivera pas, que son client ira consulter un autre médecin plus malléable. Autant conserver son client et éviter une consultation supplémentaire rembour-
sée par la Sécu : le médecin prescrit le Ciflox et la Sécu paye.
Un autre exemple montre le danger du remboursement. C'est presque un conte de Noël. Trois pauvres petites vieilles dames amies, au grand cœur, sont totalement prises en charge par notre système social. Elles regardent comme tout le monde la télévision. Une émission leur présente le grand malheur des petits enfants africains condamnés à mourir, faute d'antibiotiques. Elles décident d'agir. Chacune va consulter son médecin personnel, avec tous les symptômes d'une infection débutante. Elles obtiennent facilement toutes les trois des antibiotiques. Et comme leur infection met un peu plus de temps que d'habitude à guérir, elles demandent le renouvellement de leurs ordonnances. Elles peuvent alors envoyer en Afrique de gros colis d'antibiotiques, colis préparés avec amour et permettant de guérir quelques petits enfants.

Chacun
peut gérer
ses petits risques

Si ces trois grands-mères n'avaient pas habité le même quartier, leur " forfait " serait passé totalement inaperçu. Mais comme elles habitaient le même quartier, elles avaient le même pharmacien. Celui-ci a compris que quelque chose d'anormal reliait ces trois dames. Il en interroge une, qui lui raconte comment elles avaient créé leur propre " ONG ". Le pharmacien leur a fait comprendre qu'il valait mieux ne pas poursuivre leur entreprise caritative…

La médecine est devenue un bien de consommation courante, une consommation aussi banale que l'achat de nourriture ou de vêtements. Le remboursement de cette consommation pousse à " surconsommer ". La Sécurité Sociale essaye de gérer à notre place et le moins mal possible " nos " dépenses de santé. Dans sa logique technocratique, elle décide par exemple de rembourser les médicaments s'opposant à la diarrhée, mais pas ceux s'opposant à la constipation. Chaque année, un " plan de stabilisation des dépenses de santé ", tout aussi inefficace que le précédent, est mis en place.
Le petit risque représente en moyenne 500 F par mois et par Français. Nous donnons donc à la Sécurité Sociale ces 500 francs, d'une façon ou d'une autre et la Sécurité Sociale gère ensuite à notre place nos dépenses. Pourquoi ne pas laisser aux Français ces 500 francs, ils les géreront bien mieux que la Sécurité sociale. Mais on ne peut oublier qu'il y a des adultes sous tutelle et qu'il existera toujours des citoyens incapables de gérer leur petit risque médical. Il faudra les aider à le faire.
Tous ceux qui voudront prendre du Ciflox pourront le faire, mais à leurs frais.

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com