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Michel de Poncins

Thatcher
à
l'Elysée


Éditions Odilon Média

Publié en 2001. En librairie :130 F

 

Terroristes
" Quand on est pas capable de retrouver Yvan Colonna en Corse on ne va pas chercher ben Laden en Afghanistan ! " (Jean-Marie Le Pen).

Afghanistan
" Si les Américains se décident à lancer une opération terrestre, il leur faudra engager sur le terrain au moins 500 000 hommes " ( déclaration faite le 7 novembre 2001 par le général Rouslan Aouchev, ancien d'Afghanistan, président de la République musulmane d'Ingouchie , qui ajoutait ne pas croire à l'efficacité des bombardements…)

AUSSARESSE
" Le vrai scandale est que des magistrats aient été invités, une fois de plus, à trancher d'un point d'histoire, non en juriste, ni même en historien, mais en arbitres de la mémoire " (Alain-Gérard Slama).

RPR
" Ne nous trompons pas sur l'intention affichée par le RPR : il s'agit d'absorber l'essentiel de l'UDF et de DL au sein d'un nouveau parti créé autours du chef de l'Etat et qui ne sera en réalité qu'une version ravalée du RPR." (Hervé de Charette)

BON SENS
" Il y a quelque temps, Laurent Fabius n'hésitait pas à faire une prime pour l'emploi, c'est-à-dire de redistribuer de l'argent. C'était antipédagogique, nous l'avons dit. Les gens sont persuadés que l'Etat est une caisse sans fond et ils revendiquent. " (Marc Blondel)

JOSPIN
" Si mon compte est bon, depuis le 1er octobre, Lionel Jospin dépense un milliard de francs par jour pour toutes les promesses qu'il fait. On ne sait plus s'il achète la paix sociale ou les voix. " (Jean-François Copé)

HAINE
" On peut penser maintenant que "FN" est une rime naturelle à "haine", qui doit être dans les dictionnaires de rimes" (Jean-Jacques Goldman, chanteur tolérant).

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com 15 décembre 2001

 

Thatcher à l'Elysée !

Guy Millière

A la saison des vacances a succédé brutalement, le 11 septembre, la saison de la stupeur, des craintes et de la tétanie. Depuis quelques jours, les choses retrouvent peu à peu leur cours normal et nous entrons dans la longue saison des grèves à répétition qui devrait durer jusqu'à l'été prochain, quand les grévistes prendront des vacances.
Tout se passe comme si une accumulation de ras-le-bol faisait peu à peu que ceux qui ont pris l'habitude de se taire décidaient de crier leurs griefs et de marquer leur refus. Trop c'est trop, semblent-ils nous dire. Et si on examine le pays en éteignant la machine à propagande qu'est devenu le téléviseur familial, on en vient vite à penser soi-même qu'ils ont raison. Trop c'est trop. Les hommes politiques et les chiens de garde médiatiques auront beau continuer à répéter que la France reste la quatrième puissance du monde, ils ne pourront pas empêcher les gens de ce pays de voir ce qui se délite et tombe en morceaux.
Un nombre croissant d'hôpitaux et de lieux de soins français en viennent à ressembler à des établissements du tiers-monde : personnel débordé et exténué, patients laissés à eux-mêmes pendant des heures, murs mal repeints et craquelés, maladies nosocomiales en croissance exponentielle. Des établissements d'éducation, du primaire au supérieur ne sont plus entretenus, et dans nombre d'entre eux, des portes ne ferment plus, des fenêtres restent cassées plusieurs jours sans être remplacées, des fuites d'eau ne sont pas réparées et des fils électriques dénudés et bricolés restent à portée de main des élèves ou étudiants. L'essentiel des commissariats de France respirent l'indigence et le sous-équipement. Faut-il ajouter la situation d'anéantissement de l'armée française ? Faut-il noter que la visite de nombreuses zones d'habitation à loyer modéré fait penser à une plongée dans une cité lépreuse et sale d'Afrique ou d'Amérique du Sud ? C'est difficile à dire, mais ce doit être dit : la France en vient à ressembler à un pays misérable.
L'existence, à côté de la pauvreté du plus grand nombre et du délabrement généralisé, de zones marquées encore par le luxe ostentatoire et les dépenses somptuaires (plus on se rapproche des ministères, en général, plus luxes et dépenses deviennent visibles) ne vient pas contredire l'image de misère et la renforce au contraire. Dans le pays le plus délabré de la terre, il existe en effet, à proximité des palais où se détient le pouvoir politique, des traces de luxe et de dépenses qui rendent presque obscènes la corruption et les prébendes de quelques-uns. Ce qui caractérise un pays développé, ce n'est pas l'existence de très riches, encore moins l'existence de très riches étroitement liés au pouvoir politique, c'est l'existence d'une grande classe moyenne prospère et assurée de vivre en sécurité et en paix. Cette classe moyenne, en France, est harcelée, pressurée, appauvrie, soumise à l'insécurité et à des rudiments de guerre civile.
Des hommes politiques dignes de ce nom devraient, à l'approche des prochaines élections, sonner l'alarme et dire que nous sommes dans un état d'urgence où le sursaut est une question de survie. Force est de constater qu'à l'heure actuelle, personne, parmi les grands candidats n'a ce courage. Ni à gauche, bien sûr (la gauche s'accommode très bien du délabrement de la France : le délabrement est sa spécialité), ni à droite, où personne n'en appelle clairement et nettement aux valeurs de la civilisation occidentale. On peut comprendre qu'en ces conditions, on se demande : qui ? Qui pourrait redresser la barre ?
Et c'est à la lumière de ce que je viens d'écrire qu'il faut lire l'excellent dernier livre de Michel de Poncins. Sa description des étapes de l'irrésistible arrivée au pouvoir en France de Margaret Thatcher est minutieuse, et précise. Et quand bien même on peut penser que Margaret Thatcher n'a aucune envie de venir se perdre dans le marécage français, on peut voir dans ce qu'écrit Michel de Poncins se dessiner la silhouette et le parcours de quelqu'un qui, doté tout à la fois de crédibilité, de ténacité et de moyens financiers, pourrait vouloir tenter d'agir.
S'il n'y a pas de Thatcher, il faudrait un Churchill, quelqu'un qui ose regarder le désastre en face et ne rien promettre sinon du sang, de la sueur et des larmes, avec peut-être au bout la victoire. Un Churchill existe-t-il en France ? J'en doute, hélas. Et j'ai en moi la rage impuissante de celui qui voit sombrer son pays sans pouvoir rien y faire.

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com