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Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com
24 novembre 2001
Totalitarismes, Libéralisme et tolérance
Alain
Dumait
De Canal + à France Culture, en passant par l'immense majorité
des autres médias, en ajoutant le discours ordinaire des politiciens
et des inamovibles représentants de la classe parlante, l'épouvantail
principal est partout le même : ce " néolibéralisme
" qui, à la faveur de la mondialisation prétend soumettre
le monde entier à ses lois, ses règles, son ordre !. Le
mythe de la World Company a beaucoup progressé ces derniers temps
Le libéralisme, pour tous ses adversaires, serait donc une idéologie
parmi d'autres, tout aussi contestable et dangereuse que les autres. Comparable
en tous points aux totalitarismes mortifères qui ont ensanglanté
la planète tout au long du siècle dernier.
Ce point de vue est si répandu que je le trouve même exprimé
dans une partie du courrier de nos lecteurs
Jean-François Revel, mieux que personne, a su démontrer
que le libéralisme n'était justement pas une idéologie
comme une autre mais, au contraire, un ensemble cohérent de principes
et de règles, dictés par une morale expérimentale
et universelle, préservant mieux qu'aucun autre système
la liberté de tous et de chacun.
Le libéralisme, dont nous nous prévalons dans ces colonnes
est synonyme de tolérance, d'acceptation de la diversité.
De l'autre côté de l'Atlantique, le terme " libéral
" se traduisant par " socialiste ", nos correspondants
se disent plutôt " libertariens ". Libéral ici,
libertarien là-bas, c'est la même chose.
Les uns et les autres nous mettons au-dessus de toute autre valeur celles
de la liberté et de la responsabilité individuelle. Ce qui
signifie, en bonne logique, que nous refusons d'imposer à autrui
quelque point de vue, quelque opinion ou quelque croyance que ce soit.
Nous sommes des extrémistes de la liberté. En théorie
au moins, tout serait même " acceptable " à la
seule condition que personne ne porte préjudice à autrui,
à sa personne ou à sa propriété. Vous pouvez
bien faire ce que vous voulez avec votre corps ou vos biens à condition
que ce soit volontaire. A la condition - évidemment essentielle
- de ne faire de tort à personne d'autre qu'à soi-même,
on a le droit de se prostituer ou de vénérer les petits
hommes verts venus d'autres planètes, même si cela est désapprouvé
par la quasi totalité de ses concitoyens. C'est un grand tort qu'on
se fait à soi-même d'être immoral. Mais il est vain
de prétendre l'interdire.
Certains diront que les libéraux-libertariens sont pourtant intolérants
envers leurs adversaires idéologiques, par exemple envers les socialistes
ou les nationalistes parce qu'ils les critiquent vertement. Cela peut
sembler exact dans une société comme la nôtre où
la liberté de penser et même de vivre est réduite
à sa plus simple expression. A l'inverse, dans une société
véritablement libre, personne ni aucun groupe d'individus ne pourraient
imposer son mode de vie à ceux qui ne le souhaitent pas. Certains
souhaitent-ils pratiquer le communisme ? Rien ne les empêcherait
d'acheter un
territoire, de fonder une commune, de se soumettre volontairement à
un gouvernement qui prélèverait 90 % de leurs revenus et
qui planifierait, dans les moindres détails, leur vie de prolétaires.
Ils pourraient même inviter le reste du monde à venir partager
les délices de ce paradis terrestre. Même si on a vu, tout
au long du 20ème siècle qu'il convenait de relativiser les
attraits de cette utopie.
De même, rien ne devrait empêcher des groupements nationalistes
à pouvoir se constituer, sur quelque critère que ce soit
(langue, religion, origine ethnique).
C'est d'ailleurs pour une part la réalité actuelle. Les
communistes sont toujours là à ressasser leurs vieilles
lunes, tandis que dans différents endroits du monde (même
si c'est maintenant interdit en Europe), de nombreux regroupements de
population se font sur de stricts critères nationalistes.
Ce ne sont pas ces idées-là qui sont couramment dénoncées
mais au contraire le corpus intellectuel libéral qui passe pour
être dangereux. C'est l'idée même de liberté
qui dérange. A moins que ce soit plutôt la notion de responsabilité
qui lui est intimement liée.
Bien sûr ce n'est pas parce que le libéralisme est tolérant
même souvent à l'égard des intolérants qu'il
est si souvent dénoncé. C'est tout simplement parce qu'il
est juste et parce que seuls ses principes sont susceptibles d'assurer
à l'humanité toute entière la prospérité
et la paix, dans la dignité, par la liberté.
Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com
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