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Sic

Monnaie unique ?
Les euros étrangers ne sont pas acceptés par tous les péages automatiques. Ceux de l'autoroute A8, entre Aix-en-Provence et l'Italie, notamment, les refusent.

Manipulation
" À mon avis, il a été manipulé par les Américains pour justifier leur guerre contre l'islam " affirme l'imam Abou Hamza de la mosquée de Finsbury Park, à Londres, à propos du terroriste Richard Reid.

Gauche
" Depuis 1789, l'imagination et l'innovation sont à gauche. " (Claude Allègre)

Radicaux
Christine Taubira représentera le parti des Radicaux de Gauche (PRG) aux présidentielles. Pourtant, le 27 novembre dernier, elle avait failli être expulsée d'une réunion des élus de ce parti à l'Assemblée au motif qu'elle… n'était pas membre du PRG !

Simplicité
" Ce qui est extraordinaire avec la science économique, c'est que toutes ses lois tiennent réellement en une page, mais leur simplicité n'a jamais été acceptée par la plupart des gens. " (Milton Friedman, prix Nobel d'économie)

Projet
" Il n'y a ni à droite ni à gauche le moindre projet politique où les Français puissent se retrouver. " (Edmond Maire, ancien secrétaire général de la CFDT)

Blanc bonnet…
" Nous sommes dans un schéma bonnet blanc, blanc bonnet, pour les grandes orientations économiques ", explique Jacques Bille, ancien membre du cabinet de Raymond Barre et vice-président de l'Association des agences conseils en communication, qui se réjouit de la disparition du débat idéologique entre la droite et la gauche.

Luxe
" La domination de la France dans le domaine du luxe, c'est terminé ! " (Françoise Giroud).

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com 24 novembre 2001

Imbéciles euros
Guy Millière

En voyant à la télévision au début du mois de janvier, quelques Français fébriles et impatients se précipiter vers le distributeur automatique pour avoir enfin entre les mains leurs beaux billets tout neufs, je me suis senti, je dois le dire, nauséeux.
Imbéciles, me suis-je dit. Imbéciles heureux quelques jours encore. Imbéciles euros très bientôt. Et le bonheur disparaîtra vraisemblablement en même temps que l'imbécillité. Le retour aux réalités sera difficile. Néanmoins, la dissimulation n'aura qu'un temps.
Qu'espérer d'une monnaie née du plus abject constructivisme technocratique ? Qu'espérer d'une monnaie qu'on édifie à marche forcée sans consulter les populations, sans les informer, en les soumettant à une indécente overdose de propagande ? Qu'espérer d'une monnaie qui commence à fondre avant même qu'on ait commencé à s'en servir ?
Des mensonges, bien sûr. Rappelez-vous, ils disaient que l'euro fait la force, avant que ne vienne une dégringolade de 30% et que l'euro ne doive être arrêté dans sa chute par un Federal Reserve Board américain compatissant et désireux d'éviter une catastrophe aux dimensions planétaires…
D'autres mensonges encore : n'ont-ils pas voulu vous faire croire que la chute de l'euro était une aubaine et rendait l'Europe plus " compétitive ", tout en lui permettant de sauver son " modèle social " ? Après l'euro-monnaie forte et l'euro-providentiellement faible, nous sommes censés passer à l'euro par la joie.
Cela n'aura qu'un temps, disais-je. Le temps qu'on découvre les conséquences qu'il y a à imposer une seule monnaie à des économies et à des sociétés porteuses de différences, difficiles à effacer en quelques jours, de fonctionnement, de réglementation, de législation, de fiscalité, de coutumes. Le temps qu'on voie qu'un pays qui aurait besoin de taux plus bas doit s'accommoder de taux trop élevés, et qu'un autre pays qui aurait besoin de taux plus élevés encore doit se contenter de taux trop bas. Le temps que des dysfonctionnements se fassent jour, que le chômage monte ici, que la croissance se casse là-bas, tandis qu'ailleurs d'autres problèmes se poseront.
D'ici là, se disent les technocrates bruxellois, nous aurons tellement annihilé les procédures démocratiques que plus personne n'osera protester, et nous régnerons sur des masses apathiques et résignées. D'ici là, ajoutent-ils à voix basse, nous aurons de toute façon réussi l'homogénéisation des économies et des sociétés européennes vers le plus médiocre dénominateur commun. À ce moment, subsisteront dans chaque pays des semblances spectrales de gouvernement tandis que nous tirerons les fils des marionnettes dans l'ombre. À ce moment, nous aurons substitué aux identités collectives et individuelles une identité européenne aussi fabriquée et déconnectée de toute histoire que les monuments inexistants qui figurent sur les ternes billets d'un pays virtuel.
À ce moment, dirais-je quant à moi, peut-être aussi les individus voudront-ils se réapproprier le pouvoir qu'on leur a confisqué et demanderont la liberté, la concurrence. Peut-être que les individus, voyant venir le cataclysme et le déclin accéléré, se révolteront contre les nouveaux maîtres. Souvent les révolutions cheminent dans des sociétés où la plupart des gens n'ont rien vu venir. Les révolutions naissent, en fait, de l'opposition frontale entre des gouvernants trop sûrs d'eux-mêmes et trop certains de la bêtise de la " populace ", et des gens du peuple qui, après avoir longtemps remâché intérieurement leur colère et leur amertume, les laissent éclater enfin.
L'aurions-nous oublié ? Les droits n'existent que parce qu'ils ont été conquis. Les marchands du Moyen Âge finissant sont devenus marchands parce qu'ils ont quitté le servage et les terres de leurs seigneurs. Un mépris et une haine tenace se sont attachés à leurs basques depuis, et il en flotte des relents alentour de la gauche-vison-caviar, lointaine héritière des seigneurs de jadis. Nous vivons une féodalité d'un nouveau genre. Je prends le pari que des gens, tôt ou tard, se lèveront pour refuser le nouveau servage. Il en est déjà qui se sont levés, d'ailleurs, et ils ont quitté les terres de leurs seigneurs pour partir au-delà de l'Atlantique. Il en faudra d'autres. Quand des individus sentent que c'est leur peuple et leur culture qu'on assassine, ils se découvrent quelquefois des forces inouïes et entraînent à leur suite d'autres individus jusqu'à ce que le droit revienne.
Il est d'autres cas aussi où les maîtres triomphent : ces autres cas sont décrits dans les livres où l'on parle des civilisations mortes. Les eurocrates parient sur la mort, et prétendent régner quelque temps sur les décombres. Ne leur donnons pas raison.

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com