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Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Les néo-communistes de Porto Alegre
Alain Dumait

L'ordre et la tranquillité sont pour tout individu les biens les plus précieux. Ce sont les préalables à sa sécurité. Le seul point de départ de son éventuelle prospérité.
Pour obtenir cet état souhaitable, les libéraux sont partisans de faire intervenir l'État dans des proportions variables selon leur sensibilité ou leur inspiration philosophique. Certains sont partisans d'un État fort aux compétences s'étendant jusqu'à certains aspects des relations sociales, par exemple sous la forme de minimas (salaire, couverture médicale, retraite). D'autres militent pour un État minimum, pouvant même tendre vers zéro. Mais il est important de noter que, pour ces libéraux-là, moins il y a
d'État, avec ses fonctionnaires et leur réglementation tatillonne, plus les règles doivent être fermes et stricte leur observance. Le libéralisme, même poussé à l'extrême - version Pascal Salin -, ce n'est pas l'anarchie, mais au contraire l'ordre dans la rigueur !
Les participants à la parade anti-mondialisation de Porto Alegre au Brésil, à laquelle, depuis plusieurs jours, les médias français font la part si belle (8 pleines pages dans le journal " Le Monde " daté du 27 janvier), prétendent constituer un contre-pouvoir et symboliser une autre mondialisation puisant sa légitimité des peuples eux-mêmes plutôt que des états-majors des multinationales qui mènent le monde économique et financier d'aujourd'hui.
Il convient évidemment de ne pas se laisser prendre aux pièges des mots, des images, des représentations et même des pseudo-concepts.
Tout d'abord, pour importants qu'ils soient, les rassemblements des militants anti-mondialisation, aujourd'hui au Brésil, ou hier à Gènes, doivent être relativisés. À Paris, nous sommes habitués à des manifestations rassemblant des centaines de milliers de personnes. Et il n'est pas rare (sur le Mall), à Washington, de compter les manifestants par millions. De toute façon, le nombre ne prime sur le droit que dans les systèmes totalitaires…
La littérature issue de cette mouvance qui se qualifie elle-même de mouvement (comme en 1968…) est difficile à analyser d'une part compte tenu de sa diversité (un millier de structures à travers le monde) et d'autre part, du fait de sa propension irrépressible à jargonner. Mais il est clair qu'on a affaire à une résurgence collectiviste. Les leaders sont presque tous d'anciens communistes, des compagnons de route ou des trotskistes.
Et, si les porte-parole ne font plus référence au marxisme, ils sont dans la droite ligne de sa vulgate. Le philosophe italien Tony Negri (une page dans " Le Monde " du 27 janvier) ne déclare-t-il pas à la fin de son interview " les gens commencent à penser que tous les services - éducation, santé, transport, protection sociale… - mais aussi tous les services qui sont liés au travail intellectuel doivent être considérés comme des biens communs ". Le débat, comme il le dit lui-même, ne serait plus entre propriété privée ou publique, mais entre toute forme de propriété, quelle qu'elle soit, et un mythique bien commun. Nous avons affaire, ni plus ni moins, à une nouvelle forme d'utopie communiste. Ce ne serait plus " les soviets + l'électricité " mais " tout est à nous " (c'est d'ailleurs le titre de l'ouvrage d'Olivier Besancenot, candidat de la Ligue communiste révolution-
naire à l'élection présidentielle)
"+ Internet !"
C'était d'ailleurs le message de Pierre Bourdieu dont la brutale disparition a suscité de véritables dithyrambes de la part de nos médias, en particulier des radios du service public. Selon lui, la révolution se justifie en effet par le fait que tous les exploités sont les victimes d'un système qui, comme toute construction sociale, peut être démoli puis reconstruit.
Ils ont la haine de la propriété. C'est elle qui suscite et justifie leurs violences qu'ils s'efforcent d'étendre à l'ensemble du monde occidental. Ainsi, ils se font les complices, qu'ils le veuillent ou non, de tous les terrorismes. Ils constituent une variante, parmi d'autres, des ennemis de la liberté et de la civilisation.
Attention : certaines de leurs critiques sont parfaitement fondées. On a le droit de vouloir rester à l'écart de la mondialisation. On peut refuser le libre-échange. On peut critiquer l'Organisation Mondiale du Commerce. Le libre-échange n'a pas besoin de tant de multinationales. La concurrence doit être organisée et profiter en premier lieu aux entreprises petites ou moyennes. Le libéralisme est une chose ; le capitalisme en est une autre...
Mais, la violence et la lutte contre la propriété, seront toujours une forme de terrorisme inacceptable.

 


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