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Sic

Extrémisme
" Je pense qu'un des pays les plus fondamentalistes qui soient, ce sont les États-Unis, peut-être à égalité avec l'Iran. Le régime fondamentaliste le plus extrémiste au monde, c'est l'Arabie saoudite, un allié intime des États-Unis. " (Noam Chomsky, linguiste américain, ancien opposant à la guerre du Vietnam)

PROMESSES
" Le RPR a fait un brouillon de projet intéressant, mais j'ai l'impression que les promesses faites par mes concurrents de droite sont la reprise de vieilles promesses faites dans d'autres programmes et sont plutôt en recul ou au rabais. " (Alain Madelin)

État minimal
" On range d'ordinaire la notion d'État minimal parmi les curiosités du libéralisme ultra et sauvage. Or cet État minimal, nous l'avons bel et bien aujourd'hui en France, et c'est à la gauche que nous le devons, mais aussi à une droite qui a cessé d'être libérale depuis 1919. " (Jean-François Revel)

MASCARADE
" Les ministres de Jospin font un petit tour à Porto Alegre pour séduire les électeurs hostiles à la mondialisation, et un voyage à New York pour rendre hommage à la domination du grand capital sur le monde. Je ne veux pas participer à cette mascarade. " (Arlette Laguiller)

Désespoir
" Le système politique actuel est l'une des causes du désespoir ambiant et le principal verrou empêchant la transformation de notre pays. " (Arnaud Montebourg, député socialiste)

Droit de vote
" Les États de l'Union européenne doivent adapter leur législation dans les meilleurs délais de façon à étendre le droit de vote et l'éligibilité aux élections municipales et européennes à l'ensemble des citoyens extracommautaires résidant depuis plus de cinq ans sur leur territoire. " (rapport Haarder présenté au parlement européen)

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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L'antimondialisme, recyclage du marxisme
Guy Millière

Comment ne pas savoir que, voici quelques jours, s'est tenu le forum de Porto Alegre ? Toute la presse en a parlé. Jack Lang a envoyé un message de solidarité très lyrique et très sincère (qui oserait douter de la sincérité de Jack Lang ?) où il parlait de son soutien à la quête d'une " alternative au capitalisme et au libéralisme ". Comme on l'a dit abondamment, trois candidats à la présidence de la République française étaient présents, dont Jean-Pierre Chevènement et le petit postier Besancenot (l'amicale des anciens trotskystes lui a sans doute payé le voyage : un vol en première classe vers un pays exotique ne se refuse pas), six ministres ont fait le déplacement.
On aurait pu dire qu'aucun autre pays développé n'a vu autant de gens appartenant au haut personnel politique se déplacer. Cela aurait permis de souligner la " différence française " Après tout, des commentateurs se glorifiaient récemment du fait que Lionel Jospin conduise le gouvernement le plus " à gauche " du monde occidental ! Mais, non, on n'a rien dit"
Est-ce par peur qu'on découvre qu'ailleurs, en Espagne ou en Grande-Bretagne, en Italie ou en Allemagne, on s'est montré plus tiède, plus critique, plus distant vis-à-vis de ces outrecuidantes festivités pour sous-développé mental, et qu'on a laissé la position du niais prétentieux aux Français ? Peut-être. Sans doute aussi par peur qu'on découvre l'horrible réalité.
À Porto Alegre, on a parlé des pauvres comme on a parlé de la pensée économique libérale : de loin, et sans vouloir trop s'en approcher. Aucun de ceux qui sont venus ne gagne honnêtement et productivement sa vie : tous sont fonctionnaires en congé aux frais des autres, politiciens professionnels, faux syndicalistes, professeurs d'université où on ne fait pas grand chose, si ce n'est échauffer son cerveau et fabriquer une nouvelle génération d'inadaptés sociaux. Ils sont presque tous blancs venus de pays riches. Les pauvres, les basanés, avaient des choses plus importantes à faire : travailler vraiment par exemple.
À Porto Alegre, on a parlé des pauvres en feignant la compassion, mais avec le mépris paternaliste et condescendant de celui qui " sait " ce qu'est la souffrance des autres sans l'éprouver lui-même et surtout, sans vouloir risquer de l'éprouver. On a caressé le rêve d'une coercition générale et d'une grande manipulation mentale qui permettrait aux intellectuels élus du dieu Karl retrouver un peu du pouvoir qu'ils ne cessent de perdre.

Les vieilles lunes

On a parlé de taxes sur les mouvements financiers en oubliant soigneusement de rappeler que les mouvements financiers en question servent aux investissements transnationaux, donc au développement des pays pauvres s'ils sont bien gérés (quelle horreur : imaginez que le nombre des riches et des bien portants s'accroisse, qui resterait-il à exhiber à Porto Alegre ? À vous dégoûter de lire Le Monde diplomatique !).
On a rêvé, sans le dire, d'une bureaucratie mondiale qui surveillerait tout, superviserait tout, dirigerait tout et qui aurait les contours de ce repaire de truands et de dictateurs qu'est devenu l'ONU. Avec un peu d'efforts, de géniaux écrivaillons tels que Bernard Cassen pourraient être les gourous et les maîtres à penser et à dépenser de cette bureaucratie mondiale. Et pour ne pas dire les choses clairement (l'hypocrisie et le mensonge sont une seconde nature chez ces gens-là), on a dit qu'on voulait une " autre mondialisation ", plus " équitable ", plus " redistributrice ".
On a pesté contre les progrès de la science, contre la génétique, contre les grandes entreprises, contre l'esprit d'entreprise tout court. (Ce serait tellement mieux un monde sans esprit d'entreprise ! Cela pourrait ressembler à quoi ? À la Corée du Nord, dites-vous ? Quel mauvais esprit !).
On a pesté contre le profit, en feignant de ne pas voir que sans profit, sans croissance et sans création de richesse, les avions qui ont emmené tout ce joli monde parasitaire à Porto Alegre n'existeraient même pas.
On a évoqué la nécessité de faire des crimes contre l'environnement des crimes aussi abominables que les crimes contre l'humanité, mais on a feint de ne pas s'apercevoir que des crimes contre l'humanité avaient lieu pendant les débats de Porto Alegre : en Corée du Nord par exemple où, si des hommes, des femmes et des enfants meurent de faim, ce n'est vraiment pas à cause du " libéralisme " ou du " capitalisme ".
J'ai peine à croire que quiconque prête attention à des discours aussi débiles, aussi grotesques, et qui se contentent de recycler les vieilles insanités du marxisme-léninisme le plus criminel. C'est pourtant le cas ! Triste époque.

 


Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com