Coco
Frédéric Beigbeder a promis à Robert Hue de faire
campagne pour lui à l'élection présidentielle. Il
lui a dit : " Je serai votre Roger Hanin "…
Encadrement
Les IUT souffrent d'un manque d'effectifs d'enseignants. Pour celui de
Chambéry, par exemple, il y a deux fois moins de cadres et enseignants
que nécessaire.
ASSIMILATION
Le gouvernement Blair va instaurer un nouveau code de la nationalité
faisant obligation aux nouveaux immigrants de démontrer leur capacité
à comprendre et à parler anglais. Il sera aussi obligatoire
de connaître les valeurs et les institutions britanniques.
CHINE
Un rapport de la CIA estime que, d'ici 2015, la Chine disposera d'une
centaine de missiles nucléaires intercontinentaux susceptibles
de frapper les États-Unis.
Bricolage
Pour rendre acceptable la réforme des 35 heures, Lionel Jospin
envisage d'augmenter de 130 à 180 le quota légal d'heures
supplémentaires dans les entreprises de moins de 20 salariés.
Drogue
Le gouvernement afghan a décidé, le 25 janvier, de dissoudre
le principal organisme de lutte contre la drogue, la commission supérieure
d'État pour le contrôle de la drogue…
Discipline
Parmi les 25 586 jeunes recrutés en qualité d'adjoints de
sécurité, depuis la mise en place du dispositif, en novembre
1997, 502 avaient déjà fait l'objet d'un licenciement pour
raison disciplinaire, à la date du 1er octobre 2001 !
SUISSE
Le canton de Saint-Gall a été le premier à supprimer
le statut de fonctionnaire, puis à instituer le salaire au mérite
pour le corps enseignant.
Après les gendarmes et les médecins, les restaurateurs
et les cafetiers ! Ils ont décidé de faire la grève
de la TVA, en appliquant le taux réduit de 5,5 %, dont bénéficie
la restauration rapide, alors qu'ils sont, quant à eux, soumis
au taux de 19,6 %. Ils estiment être victimes, en raison de cette
imposition supérieure, qui les contraint à majorer leurs
tarifs, d'une concurrence déloyale.
L'intéressant de l'affaire est que ces restaurateurs ne revendiquent
pas, comme la plupart des catégories sociales, une augmentation
octroyée de leurs revenus. Ils ne sont en effet, au titre de la
TVA, que percepteurs, au profit de l'État, et ce sont leurs clients
qui profiteront de la baisse de leurs tarifs. Si bénéfice
il y a pour eux, il n'interviendra que par l'augmentation de leur chiffre
d'affaires, donc de leur quantité de travail. Dans la France d'aujourd'hui,
leur cri : " Laissez-nous travailler davantage " mérite
d'être salué comme une originalité !
Il n'empêche qu'il s'agit là d'un nouveau refus d'appliquer
la loi et, qui plus est, dans un domaine sensible entre tous, celui de
l'impôt. On mesure, à cette occasion, la vitesse à
laquelle se dégrade l'autorité de l'État.
La raison en est double. D'une part, le consensus social, sur lequel repose
la paix civile, est rompu : la plupart des catégories estiment,
à tort ou à raison, ne pas avoir leur dû. D'autre
part, les dirigeants de l'État n'ont plus la moindre autorité
morale, ayant abandonné toute vertu pour laisser libre cours à
des comportements égoïstes et cupides, voire délictueux,
au détriment de l'argent public et du bien commun.
Il ne s'agit donc pas d'une crise passagère, mais bien d'une révolution,
au terme de laquelle nous ne vivrons plus dans le même système
politique. Celui que nous connaissons se caractérise pour l'essentiel
par une séparation radicale entre le peuple et ses représentants.
Ceux-ci sont issus d'une caste, celle des hauts fonctionnaires, qui s'est
entourée d'un corps de supplétifs recrutés pour la
plupart dans l'enseignement public. Quelques membres de la société
concurrentielle y sont également admis, à la condition d'embrasser
l'idéologie des maîtres, qui ne voit de salut pour le pays
que dans le développement illimité du corps des fonctionnaires
et des pouvoirs de l'État.
Persuadés qu'on les aime
La fonction publique, en France, représente le quart de la population
active. C'est donc ce quart qui impose sa loi aux trois autres quarts.
Majoritaires et maltraités, ces derniers ne peuvent que se révolter.
C'est ce qui est en train de se produire. Mais la mèche a été
allumée par les revendications des employés des services
publics, sous l'instigation de mesures démagogiques comme les 35
heures, qui ont laissé croire aux personnels de l'État que
le pays pouvait s'offrir le luxe de travailler moins.
Les favoris de l'élection présidentielle sont M. Chirac
et M. Jospin. Tous deux hauts fonctionnaires. Le principal outsider est
M. Chevènement, haut fonctionnaire. La presse nous apprend que
l'élection n'intéresse pas les Français. Quelle surprise
! Francis Blanche, dans " Babette s'en va-t'en guerre " jouait
le rôle d'un officier nazi qui menaçait ses victimes d'être
" sévèrement fusillées ", ce qui supposait
qu'elles le seraient gentiment si elles coopéraient
Les Français ne font aucune différence entre ces deux modes
d'exécution et abordent l'élection présidentielle
dans un esprit fait de lassitude, de résignation, de mépris
et de colère rentrée qui devrait fortement inquiéter
les princes qui nous gouvernent. Mais ceux-ci sont comme Ceausescu au
balcon de son palais dans sa dernière harangue : persuadés
que le pays les aime. Ou, plus exactement, qu'il est assez obéissant
pour faire semblant. Une bordée de sifflets eut raison du régime.
En France, les premières stridences se font entendre. Demain les
parvenus de l'État détaleront comme des lapins.
Je rencontre tous les jours des gens qui m'expliquent que les Français
ne se révolteront jamais. Ils oublient simplement que la chose
est en cours. Mais l'histoire est ainsi faite qu'elle n'est guère
lisible pour ses acteurs, sauf s'ils ont la capacité d'abstraction,
la culture et la lucidité qui sont indispensables, si l'on veut
s'élever au dessus de la foire d'empoigne du quotidien. Aucun des
favoris de l'élection présidentielle ne dispose de ces qualités.
Le 6 mai au matin, la France se réveillera avec la sensation terrible
d'avoir voté inutilement. Le président élu n'aura
pas la moindre autorité et tous les problèmes niés,
éludés ou repoussés referont violemment surface.
L'auteur dramatique Slavomir Mrozek met en scène, dans une de ses
pièces, un apparatchik du parti qu'on a envoyé évangéliser
les masses populaires et qui, revenant en piteux état de sa mission,
s'écrie : " Le peuple fidèle m'a cassé la gueule.
" Pas de panique, Messieurs les hiérarques, ce n'est que du
théâtre !