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Sic


Chirac
" Je n'étais pas contre le projet de Chirac en 1995, puisque je l'ai porté avec lui. Je ne suis pas contre son bilan, puisqu'il n'en a pas. Je ne suis pas contre son projet pour 2002, puisque personne ne le connaît. " (Alain Madelin)

Travail
" Il faut permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus, et d'en être récompensés. " (Jean-Marie Le Pen)

Et la liberté ?
" La citoyenneté est fondée sur la laïcité et l'égalité, qui nourrit la fraternité. " (Jean-Pierre Chevènement)

Bourdieu
" Le sacre de Bourdieu révèle le besoin de nos sociétés de revenir à une pensée binaire, c'est-à-dire à la conception manichéenne d'un monde où il n'y aurait que des dominants et des dominés. Un monde où le réel perdrait sa complexité et la morale son ambiguïté. " (Jean Daniel, directeur du " Nouvel Observateur ")

Libertaire
" Madelin, c'est le Cohn-Bendit de droite, le libéral libertaire, avec ses bons côtés, et ses limites. " (Franck Dhersin, député DL)

Trahison
" Si Jean-Pierre Chevènement n'appelait pas à voter pour le candidat socialiste au soir du premier tour, ce serait une trahison de quarante ans de gauche. " (Jean Glavany, directeur de campagne de Lionel Jospin)

Information
" L´expérience a montré qu´un public informé et éveillé est la meilleure forme de pouvoir, public ou privé. " (Don Wycliff, journaliste au " Chicago Tribune ")

État
" Il a fallu des siècles pour obtenir la séparation de l'Église et de l'État. Aujourd'hui, nous sommes confrontés au défi de séparer l'État des entreprises. " (Lettre de l'association gauchiste Attac)

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Guy Millière

Les élections présentent un intérêt limité. Le futur se joue désormais à un niveau planétaire. Les divers pays d'Europe ressemblent, de loin, à un ensemble de préfectures de province. Les choses sérieuses et importantes se décident dans la métropole, donc aux États-Unis d'Amérique.
En termes économiques, notre seule possibilité de retrouver un peu de croissance dépend du retour à la croissance aux USA et, donc, des débats en cours à Washington. En termes internationaux, nous sommes, nous tous Occidentaux, défendus par l'armée américaine et nous ne sommes plus face à elle, comme le disait récemment le secrétaire général de l'Otan, que des " pygmées " sans moyens réels. Le discours sur l'état de l'Union, prononcé par George W. Bush le 30 janvier dernier, aurait dû, dans ces conditions, être publié in extenso en France, car il concerne notre avenir à tous.
Ce discours montre que nous avons retrouvé, douze années après Reagan, un grand président. Bush connaît les enjeux et sait que la lutte contre le terrorisme et l'islamisme n'en est qu'à sa première étape. Il affirme clairement que c'est un conflit de valeurs, et que la ligne de démarcation sépare démocratie et totalitarisme, acceptation du terrorisme ou refus total de celui-ci.
Trois pays sont pointés du doigt en priorité : Corée du Nord, Irak, Iran. Par ricochet, il est clair que d'autres contrées sont concernées : Syrie et Arabie Saoudite, entité palestinienne, Liban, Pakistan. Il est clair aussi que l'alliance stratégique avec la Russie s'inscrit dans un projet plus large, visant à circonscrire et surveiller la Chine communiste. Le pétrole d'Asie centrale coulera par l'oléoduc russe, mais aussi au travers de la Turquie et de l'Afghanistan. Les États-Unis entament en supplément un vaste programme de réarmement.
D'ici dix ans, en ces conditions, les États-Unis auront renforcé leur position hégémonique sur la planète, ce qui devrait nous réjouir : un monde en paix est un monde plus prospère. D'ici dix ans, la carte du monde sera modifiée, et les pays musulmans les plus menaçants auront changé de régime et de statut. Nous serons sortis aussi des risques de diktats de l'Opep.
L'Europe sera devenue, davantage encore, une province de l'Amérique-monde, ce qui devrait nous réjouir encore. Faire partie peu à peu de la plus grande expérience de liberté, d'initiative et de prospérité qu'ait connue la planète devrait nous paraître stimulant. Et nous devrions voir que cela n'enlève rien à nos chances propres.

Un jeu stupide et dangereux

Nous semblons préférer nous aigrir, trépigner, regretter de ne pas être la puissance hégémonique. Et nous jouons un jeu stupide et dangereux. Nous n'avons plus les moyens de nous défendre contre les dangers qui nous menacent, et tout en restant à l'abri du parapluie américain, nous adressons à George W. Bush des remarques arrogantes. Nous n'y gagnons que l'ironie, l'irritation et le sarcasme outre-Atlantique.
Nous sommes secrètement heureux que les États-Unis nous préservent des dangers de l'islamisme et du terrorisme, mais pour acheter un peu de pétrole au marché gris, pour vendre quelques armes en fraude, nous sommes prêts à " exprimer " une " vertueuse " et feinte indignation face à ce que font les États-Unis. Nous apparaissons comme des peuples décadents, gouvernés par des gens cyniques, qui veulent disposer du beurre et de l'argent du beurre.
Cela ne trompe personne, pas même ceux dont nous croyons nous attirer les bonnes grâces. Les dictateurs à qui nous nous vendons pour une poignée de pois chiches ne comprennent pas la lâcheté.
C'est, en outre, dangereux, car les États-Unis pourraient finir par se lasser. L'irritation pourrait faire disparaître tout reste de fascination pour l'Europe chez les Américains. L'Asie et la Russie, de fait, sont des provinces plus importantes.
On se désintéressera de nous et on nous laissera à notre décrépitude. On nous dira que nous avons préféré les loisirs, les trente-cinq heures, le socialisme au travail sérieux, que nous avons une mentalité d'assistés, même en termes de défense, que nous n'avons aucune fiabilité et guère d'avenir.
Un Américain cultivé nous rappellera La Fontaine : " Vous avez chanté tout l'été, et bien dansez, maintenant ". Ces Européens, décidément pas sérieux, prétentieux, un peu pauvres, mais dans leurs villes de vieilles pierres charmantes, à visiter le temps d'un voyage. En prenant ses précautions : comme ailleurs dans le tiers-monde, les rues ne sont pas sûres.


Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com