Cocagne
45 % des Suisses seraient prêts à s'expatrier. Destination
préférée :
l'Australie. La France arrive derrière l'Italie et l'Espagne
Mobilité
6 % des familles américaines changent d'adresse chaque année.
En Europe, la moyenne n'est que de 1,2 %.
Immigrants
400 000 immigrants clandestins pénètrent chaque année
en Grande Bretagne (où les aides publiques sont plus élevées
que partout ailleurs en Europe).
Démographie
Avec 774 800 bébés nés en métropole en 2001,
l'indice de fécondité des femmes vivant en France (mais
pas forcément françaises) se rapproche de 2 %.
Voitures
20 % des véhicules présentés en France au contrôle
technique se voient refuser leur certificat de conformité.
Californie
Quand les " Latinos " deviendront majoritaires en Californie,
sans doute aux alentours de 2035, ils pourront alors, légalement,
demander l'organisation d'un référendum sur le rattachement
de cet État au Mexique, pays auquel ce territoire a été
enlevé en 1848
ALCOOLISME
47 000 Russes sont morts d'empoisonnement éthylique en 2001. "Ils
n'étaient pas alcooliques. Ils étaient des buveurs normaux
qui ont simplement acheté des produits dénaturés",
a commenté le vice-ministre de la Santé, Guennadi Onichtchenko.
Les Russes boivent plus de quinze litres d'alcool par an et par personnes....
Les Américains, champions du libre échange, viennent de
protéger leurs aciéries par des droits de douane allant
jusqu'à 30 %, tandis que les Allemands, champions de la rigueur
monétaire, viennent d'augmenter leur déficit budgétaire
jusqu'à 2,7 % du PIB. Les premiers se battent depuis des années
pour supprimer les droits de douane, et les seconds s'étaient engagés
à supprimer leur déficit budgétaire...
Dans les deux pays, le chômage augmente depuis un an, alors que
des élections pointent dans les mois qui viennent. La majorité
sortante sait que l'augmentation du chômage risque de lui faire
perdre le pouvoir. Il faut donc réagir pour conserver le pouvoir.
Les aciéries américaines sont en difficultés pour
deux raisons essentielles. D'abord, elles se sont très mal restructurées
pour faire face à la mondialisation. Depuis 50 ans, l'État
intervient en effet sans arrêt dans leur gestion, pour les aider
d'une façon ou d'une autre. Mais, en intervenant ainsi,
l'État les a empêchées de trouver la structure la
mieux adaptée à la mondialisation. Ensuite, l'État
américain contraint les entreprises à payer les retraites
de leurs anciens salariés. Or, il y a maintenant, dans les aciéries,
un déséquilibre démographique énorme : 200
000 actifs pour 400 000 retraités. Dans certaines aciéries,
le paiement des retraites augmente le prix de l'acier de 50 dollars par
tonne. Charge totalement insupportable pour l'entreprise.
Avec des droits de douane de 30 % les protégeant, la majorité
des aciéries américaines redeviennent immédiatement
compétitives. Les dépôts de bilan et le chômage
sont évités. Mais, le chômage et les dépôts
de bilan vont s'observer chez tous ceux qui fournissaient jusque-là
de l'acier aux Américains, en Europe ou ailleurs. Et les producteurs
d'automobiles américains vont acheter 30 % plus cher leur acier
: ils vont être beaucoup moins compétitifs. Dans quelques
mois, les emplois vont baisser dans le secteur automobile américain
et augmenter en Europe. Mais ce sera après les élections
et bien des salariés de l'automobile ne feront pas le rapport entre
l'augmentation du prix de l'acier et leur mise au chômage.
Dans la période de grande restructuration des entreprises que nous
vivons avec le passage à l'euro, les Allemands ont choisi d'attirer
les entreprises en supprimant les impôts touchant les investisseurs,
sans augmenter par ailleurs les autres impôts. Ils ont donc choisi
d'augmenter leur déficit budgétaire, alors qu'ils s'étaient
engagés à le supprimer dans les deux ans qui viennent. En
agissant ainsi, les Allemands réduisent la progression du chômage
chez eux. Mais, cette politique d'argent facile, en Allemagne, va contraindre
la banque centrale européenne à réduire, de façon
drastique, la création monétaire : le chômage va progresser
plus rapidement en Europe. Les hommes politiques pourront alors accuser
la banque centrale d'être responsable du chômage.
Notons qu'en France, on ne peut plus mettre des droits de douane pour
protéger nos aciéries, puisqu'on a choisi l'euro. Pour le
faire, il faudrait revenir au franc, comme le proposent d'ailleurs certains
candidats. On ne peut plus augmenter notre déficit monétaire
car il est déjà très proche des 3 %. Signalons que
nous avons aggravé notre déficit budgétaire non pas
pour rendre nos entreprises plus compétitives, comme le font les
Allemands, mais pour financer les 35 heures payées comme 39, c'est-à-dire
pour rendre nos entreprises moins compétitives.
Ces trois exemples montrent que les interventions du politique sur l'économique
sont très dangereuses, par les conséquences à long
terme qu'elles induisent. Pour être réélues, les majorités
politiques au pouvoir n'hésitent pas à prendre des mesures
économiques inadaptées. L'action sur l'économie des
Américains et des Allemands est égoïste : elle exporte,
en effet, le chômage en dehors de leurs pays. Par contre, l'action
sur l'économie des hommes politiques français est altruiste
: elle importe le chômage en France. C'est ça, la fameuse
" exception française " ?
L'économie est une chose trop sérieuse pour autoriser les
politiques à s'en mêler