METEO
" Un vent de droite souffle sur le vieux continent. " (Mario
Soares, ancien président socialiste du Portugal)
VIVENDI
" Si Jim Morrison ou Jacques Brel entraient aujourd'hui dans mon
bureau… et bien je ne signerais pas, avec eux ! " (Pascal Nègre,
patron d'Universal Music, filiale du groupe de Jean-Marie Messier…)
AVENIR
" D'ici 2050, on aura exterminé 25 % des espèces vivantes
sur la Terre. La dernière fois où une telle chose s'est
produite, c'est lors de la chute de cette météorite qui
en a exterminé 50 %, il y a 65 millions d'années… "
(Hubert Reeves)
MENTEURS
" Les Français doivent commencer à comprendre qu'ils
sont gouvernés par des menteurs. " (Jean-Pierre Chevènement)
BACHELOTISME
" En mon nom personnel (sic), j'estime que si un couple d'homosexuels
apporte des garanties de stabilité et un choix parental authentique,
il n'y a aucune raison qu'il soit exclu. Aucune. " (Roselyne Bachelot,
porte-parole du candidat Chirac)
CULTURE
" Je préfère les artistes influencés par Balthus
plutôt que par Buren, et j'accuse la gauche d'exposer toujours les
mêmes ! " (Vittorio Sgarbi, secrétaire d'Etat aux biens
culturels du gouvernement Berlusconi)
Laïcité
" Nous, chrétiens, qui avons accepté la laïcité
et la liberté religieuse, nous invitons les musulmans à
emprunter le même chemin " (pasteur Marcel Manoël, président
de l'Église réformée de
France).
Ancienneté
" L'ancienneté est à l'image du cholestérol
: il y a la mauvaise qu'on appelle vieillesse, et la bonne qu'on nomme
expérience " (Philippe Bouvard).
Parlons un peu des prochaines élections dans la province du monde
où nous vivons. Il serait impossible à un observateur extérieur
de dire que toutes les tendances politiques ne sont pas représentées.
Jamais autant de candidats n'ont été en lice. A gauche,
on trouve l'archéo-communisme barbu avec Robert Hue, le gauchisme
débile et fébrile avec Arlette Laguiller, vérification
incarnée de ce que les imbéciles ne changent jamais d'avis,
et le petit Besancenot. On trouve aussi l'archéo-socialisme national
chevénementiste qui, tout en étant résolument de
gauche, semble attirer tout ce que la droite compte d'étatistes.
On trouve, enfin, Jospin pour défendre une social-démocratie
marxisante et Noël Mamère pour incarner le néo-communisme
collectiviste et anti-industrialiste. Il manque la social-démocratie
façon Tony Blair, dites-vous ? Elle est incarnée par le
robinet d'eau tiède que certains appellent François Bayrou.
Au centre-droit, vous avez Chirac le radical corrézien, du coeur,
une tête de veau et pas beaucoup de conviction mais un gentil garçon
qui ne sera jamais marxiste. Vous avez Pasqua pour le gaullisme pur, si
cela existe. Vous avez Jean-Marie Le Pen, un discours de droite claire,
la demande d'une baisse nette des impôts qui enlisent ce pays, des
propos fermes en faveur d'un retour de la sécurité. Une
difficulté, hélas, à transcender les barrières
d'une diabolisation qu'il a lui-même parfois contribué à
entretenir. Vous aurez Alain Madelin qui a d'excellentes idées,
à même, si elles étaient mises en oeuvre, de redresser
le pays : tolérance zéro, renforcement de nos armées,
baisse des impôts, dérégulation.
Madelin est un ami depuis vingt ans. Je pense que ce qu'il propose est
salubre et digne… J'ai peur qu'il lui manque quelque chose… Un rappel
de l'urgence extrême dans laquelle nous sommes… Une touche de conservatisme
dans son discours… Je voterai Madelin au premier tour, mais j'aurais aimé
voter d'enthousiasme, au service d'une vraie alternance…
Toutes les tendances sont représentées, oui. Avec plus ou
moins de force, de talent, de capacité de saisir l'instant et la
configuration qui crée une vague gagnante… Mais nous avons, en
plus, une presse aux ordres ou conformiste qui focalise déjà
toute son attention sur le duel Chirac-Jospin. Nous avons une école
et une université qui s'évertuent à rendre certains
discours inaudibles et impensables, et qui permettent de placer sur le
même plan les inepties débiles et haineuses d'Arlette La-givrée
et les propositions étayées et cohérentes de Madelin.
Nous avons, surtout, une démocratie faussée où les
socialistes tentent de se créer de façon irréversible
un électorat captif, tant par un lavage de cerveau soft et subtil,
que par la naturalisation d'immigrants subventionnés censés
dire merci.
Toutes les tendances sont représentées, mais certains discours
ne sont déjà plus audibles, bientôt ils ne seront
plus compréhensibles… Et je ne puis m'intéresser vraiment
à un scrutin qui se déroule au bord du désastre sans
que personne n'ose vraiment le dire.
Je ne puis m'intéresser à un scrutin où le choix
final sera entre un suicide accéléré de mon pays
dès lors qu'il sera tombé entièrement entre les mains
d'un psychorigide, et un déclin lent, géré au jour
le jour, par un corrézien sympathique mais sans caractère
ni convictions.
Par confort personnel, en pensant à mes enfants, pour ne pas jouer
la politique du pire, je finirai par choisir le corrézien. L'autre
me donne des cauchemars. Mais je déteste les choix de résignation.
Je déteste devoir choisir le moins pire et ne pas pouvoir choisir
le meilleur. Je déteste me dire que je risque fort, quel que soit
mon bulletin de vote, de voter nul car les résultats de mon vote
seront nuls.
J'aimerais me dire qu'une autre chance existera dans cinq ans, mais je
n'y crois guère. Dans cinq ans, la France n'existera plus. Ou une
bureaucratie européenne aura recouvert nos visages de réglementations
qui feront de nous l'ultime ilôt du socialisme réel et du
totalitarisme new look. Ou l'Amérique-monde nous aura placé
sur la liste de ses sous-traitants et de ses parcs de loisirs, et on viendra
d'outre Atlantique voir les sauvages des banlieues, et jeter des cacahuètes
au Français typique, un peu borné, mais tellement amusant
(surtout quand il se met en colère et serre ses petits poings).
J'aurais aimé une troisième alternative : une France forte,
digne, capitaliste, vraiment démocratique, fière de l'Occident
et fière de ce qu'elle partage avec l'Amérique. Cela n'aura
été qu'un rêve