La même philosophie holiste (" holisme : théorie d'après
laquelle le tout est quelque chose de plus que ses parties ", Lalande)
inspire les deux candidats dominants à l'élection présidentielle.
Elle tend à faire prendre en charge toujours davantage les individus
par la collectivité, et, de ce fait, à accroître le
poids de celle-ci par rapport à ceux-là. Ce qui mène
immanquablement au totalitarisme.
On sait que, poussé à son paroxysme communiste, un tel choix
de société aboutit à une impasse. On sait aussi,
à l'inverse, que les sociétés industrielles prospères
peuvent supporter, au moins financièrement, une certaine dose de
collectivisation. Celle-ci se mesure par la part de la dépense
publique dans le produit intérieur brut. Les États-Unis,
avec un ratio de l'ordre de 30 %, connaissent une collectivisation supportable.
L'Europe occidentale, avec un ratio de l'ordre de 40-45 % doit absolument
redresser la barre. La France, toujours à plus de 50 %, demeure
un pays de type soviétique. Et aucun des deux candidats dominants
n'envisage sérieusement de revenir là-dessus.
Le candidat socialo-trotskiste propose de multiplier les revenus de substitution
au travail. Après les chômeurs demandeurs d'emploi, les adultes
oisifs, ce serait maintenant les jeunes de 18 à 25 ans qui auraient
droit à un revenu minimum. Le logement serait garanti à
tous. Le candidat RPR conteste non pas la chose, mais seulement la partie
financière de la promesse. Il ne dit pas " c'est pas bien
! " mais simplement " ça va coûter trop cher !
"
Or, pour remettre la France sur les rails, il faut donner un coup d'arrêt
à la généralisation de l'irresponsabilité
des individus érigée en doctrine puis en système.
Cela concerne aussi bien les revenus, la prévoyance, la santé,
le logement, mais aussi les transports, la culture ou l'éducation.
Mais cela inclut aussi la sécurité, la justice ou l'immigration.
Comme on n'est économe que de ce qu'on paye soi-même, de
son argent et de sa peine, les systèmes publics, un jour ou l'autre,
pour retarder le moment de leur explosion, sont obligés d'organiser
le rationnement, ce qui suppose des contraintes, des réglementations
et de la police. C'est exactement ce qui se passe en matière de
santé : la relation intime entre le patient et son médecin
ne pouvait pas résister à la généralisation
du tiers payant et à son monopole via la Sécu.
Avec de l'individualisation, c'est-à-dire un retour à la
responsabilité individuelle, dans tous les domaines, les solutions
à tous nos problèmes collectifs sont faciles à trouver
et rapides à mettre en œuvre. Si l'on veut bien dire aux plus jeunes
de nos concitoyens, qui entrent aujourd'hui dans la vie active, que, contrairement
à une fable, on a essayé de faire passer une vérité
durable, ils devraient évidemment, par l'épargne, s'occuper
individuellement et le plus tôt possible du financement de leurs
vieux jours, alors la solution au lancinant problème des retraites
est déjà en vue, la seule difficulté n'étant
plus que la gestion du passage d'un système (collectiviste) à
un autre (basé sur la responsabilité individuelle)…
Comme disait l'humoriste, les socialistes, et leurs émules, aiment
tellement les pauvres qu'ils en fabriquent par millions. Ils invoquent
la morale chrétienne pour transformer la société
en une vaste entreprise d'assistance. Mais ce n'est pas du tout ce que
dit la morale chrétienne ! Celle-ci prêche bien la compassion
et la générosité (individuelle) à l'égard
des malades, des handicapés, des vieux ou des parias que toute
société compte et comptait déjà il y a 2000
ans. Mais à tous les autres, avec saint Paul, elle dit : "
celui qui ne travaille pas, qu'il ne mange pas ! "
Oui, il faut remettre beaucoup de Français au travail ! Mais ce
n'est pas en les déresponsabilisant qu'on y parviendra…
Le holisme évoqué au début de ce propos a une autre
conséquence. Quand les individus ne sont plus responsables d'eux-mêmes,
les phénomènes sociaux sont traités comme ayant une
existence propre. À partir du moment où la richesse n'est
plus créée par des entrepreneurs, mais existerait en soi,
ex nihilo (ainsi quand on parle du niveau de richesse d'une société,
de la répartition des richesses, de leur inégalité…),
toutes les utopies et toutes les spoliations deviennent envisageables.
De même, quand on en vient à parler de la violence comme
d'un phénomène ayant une vie propre, indépendamment
des individus violents, lesquels seraient eux aussi des victimes, une
situation qui tombe du ciel, un peu comme une maladie, loin de se rapprocher
d'une solution, on s'en éloigne et on encourage finalement la délinquance,
laquelle est sans doute un phénomène complexe, mais dont
on sait au moins une chose, c'est qu'elle est le fait d'une personne délinquante
!
Irresponsabilité : que de sottises et de crimes on commet en ton
nom !