Justice
Darren Bloomfield a demandé à la justice australienne le
droit de tuer à coup de lance, selon la coutume aborigène,
un policier qu'il accuse d'avoir profané un feu sacré. Le
policier avait, en effet, exigé l'extinction d'un feu que les aborigènes
avaient allumé dans l'enceinte de l'ancien parlement de Camberra,
où ils font campagne pour faire reconnaître leurs droits.
Recherche
Le Japon demeure le pays qui consacre le plus de moyens (par habitant)
à la recherche. Il devance les États-Unis et l'Allemagne.
Avantages
Un mouvement se développe aux États-Unis : celui des salariés
sans enfant exigeant les mêmes avantages sociaux que leurs homologues
heureux parents.
19 mars
Six socialistes ont voté contre l'adoption du 19 mars comme "
journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire
des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des
combats du Maroc et de Tunisie " : Laurent Cathala, Marcel Dehoux,
Jean Delobel, Georges Frêche, Michel Lefait et Gilbert Roseau. À
l'inverse, trois députés RPR ont voté pour : Didier
Julia, Alain Marleix et Franck Marlin.
Limite d'âge
Le RPR a décidé de ne pas présenter de candidats
de plus de 70 ans. Jacques Chirac a cependant demandé à
Michèle Alliot-Marie de faire une exception pour Édouard
Balladur (72 ans). Ce privilège sera-t-il étendu à
Jacques Baumel (84 ans), dont la succession est briguée par Patrick
Olier, compagnon de " MAM " ?
Secte
Robert Barcia, dit Hardy, fondateur de Lutte Ouvrière, a interdit
à certains membres de la fraction minoritaire du parti trotskiste
d'assister à l'incinération de l'une des figures du trotskisme,
Pierre Blois, ancien meneur de la grève de 1947 chez Renault.
Quelle injustice ! Seul Chirac a droit au titre de " Supermenteur
". Son guignol fait fureur et le rend populaire jusqu'aux fins
fonds des banlieues où ça " craint ". Il paraît,
d'après un sondage, que cela n'aura pas d'effet sur le résultat
de l'élection. Erreur, profonde erreur. En 1995, sa marionnette
de bon type trahi lui avait valu les faveurs d'une jeunesse prompte
à s'attendrir. Alors quand Jospin le voit parader aux lucarnes
dans son costume moulant et avec son masque, il se dit qu'il n'y a pas
de justice. Et il a raison. Vous en voulez la preuve ? La voici.
Nous avons révélé, textes officiels à l'appui,
qu'il n'y a plus de monopole de la Sécurité sociale. Et
chacun peut lire au " Journal officiel " les lois qui le prouvent.
La dernière en date est une ordonnance du 19 avril 2001. Elle
édicte un nouveau code de la mutualité et abroge l'ancien.
Elle est signée de Lionel Jospin et se trouve précédée
d'un " rapport au président de la République ".
Selon des informations concordantes et que nous avons soigneusement
vérifiées, celui-ci se nomme Jacques Chirac. Aucun doute,
nos deux cohabitants sont dans le coup.
Or, voilà qu'à l'occasion de la campagne présidentielle,
ils sont interrogés par les gazettes sur leurs idées et
leurs projets. Si, si, ils en ont ! Vous allez voir. Le " Quotidien
du Médecin " du 26 mars 2002 pose à Jacques Chirac
la question suivante : " Rejetez-vous l'idée d'une mise
en concurrence de l'assurance-maladie, c'est-à-dire la possibilité
pour les assurés sociaux de choisir l'opérateur de leur
choix en matière de couverture maladie (caisse maladie, mutuelle,
assurance privée) ? " Et voici la réponse de Supermenteur
: " La santé n'est pas une marchandise et les professionnels
de santé ne sont pas des prestataires de services. Je suis contre
tout système qui introduirait une rupture avec les principes
de solidarité nationale, et donc hostile aux sécurités
sociales privées. "
Ah bon ? Mais, alors, pourquoi a-t-il promulgué sans protester
l'ordonnance du 19 avril 2001 ? En juillet 1986, Mitterrand avait mis
son veto aux ordonnances du gouvernement Chirac, et celui-ci s'était
interrogé sur la poursuite de la cohabitation, avant de s'incliner
au motif que, selon un dicton inventé pour les besoins de la
cause, " le premier qui tire est mort ". Ce qui, depuis lors,
nous a valu au total neuf années de cohabitation.
Insupportable
suspense
Le lendemain, 27 mars 2002, le quotidien médical interroge Jospin
: " En vous déclarant candidat à la présidence
de la République, vous avez rangé l'avenir de la Sécurité
sociale parmi les enjeux majeurs de la société française
et dénoncé "les menaces que font peser certains"
sur l'institution. Où se trouve, selon vous, le danger ? "
Et Lionel Jospin de répondre : " Effectivement, l'avenir
de la Sécurité sociale est un enjeu majeur, car elle est
au cœur du pacte social de notre pays. La Sécurité sociale
est le socle de la solidarité nationale et je veux la préserver
et la conforter. Depuis longtemps, des menaces pèsent sur elle.
Certains voudraient la vider de sa substance pour la privatiser. Le
programme du Medef a, au moins, le mérite de la franchise. En
mettant en concurrence les caisses de sécurité sociale,
les mutuelles et les assurances privées comme financeurs et opérateurs
du système de santé, il s'agit, dans un premier temps,
de disloquer l'organisation sociale actuelle pour privatiser, dans un
deuxième temps, le système de protection sociale. À
droite, certains responsables politiques sont sensibles à ces
sirènes de privatisation de notre système de santé.
Cette tentation doit être dénoncée vigoureusement,
car elle ouvre la voie à la sélection des risques et des
malades et tourne le dos à la philosophie de la solidarité
que porte notre Sécurité sociale. Il va de soi que les
professionnels de santé n'auraient rien à y gagner, bien
au contraire. "
Oh ! le gros, l'admirable menteur ! Il a pris un texte qui institue
précisément cette concurrence et il a l'incroyable culot
de la dénoncer ! Oui, décidément, il y a scandale
à réserver le titre de Supermenteur à Chirac. Jospin
y a droit au moins autant. Amis lecteurs, seriez-vous d'accord pour
qu'ensemble nous adressions une pétition aux Guignols de l'info
afin qu'un costume moulant et un masque identiques à ceux de
Chirac soit affectés à Jospin ?
Quel bonheur ce serait, pour nous, de voir ces deux personnages que
nous aimons et respectons tant traverser l'espace de concert et prodiguer
leurs conseils d'experts à de moins bons menteurs qu'eux ! Le
penchant français pour l'unanimisme trouverait assurément
à s'y satisfaire et la réconciliation nationale ferait
un progrès décisif.
Mais, ne rêvons pas : les vieux clivages et le goût de la
division ont la vie dure. Il ne peut y avoir qu'un seul Supermenteur.
Qui va finalement gagner le titre ? Jospin ? Chirac ? Le suspense est
insupportable. Allons, cessez de vous ronger les sangs. N'est-ce pas
merveilleux d'avoir deux types capables l'un et l'autre de l'emporter.
C'est une vraie richesse, une chance, un don du ciel. Pour tout dire,
un bonheur français !