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Ce pays est entré dans un déclin tel, qu'on y entonne ainsi un concert de louanges à un homme, somme toute assez médiocre et nettement haïssable. On peut aussi se dire que, si la gauche française n'a plus d'autre référence, c'est qu'elle glisse vers le coma dépassé Bourdieu a commencé sa carrière comme un néo-marxiste déterministe orthodoxe, par des livres tels que " la Reproduction " ou " les Héritiers ", où il s'essaie à montrer que l'école d'un pays occidental comme la France n'est rien d'autre qu'une machine à reproduire les privilèges. Vieille accusation, qu'on croirait sortie tout droit d'un opuscule oublié de Karl le furonculeux s'il n'y avait les ajouts et les afféteries de la pseudo " sociologie moderne " Il continua en devenant professeur dans l'un de ces établissements prestigieux qu'il dénonçait, et en s'y conduisant, jusqu'au sectarisme le plus abject, comme l'un des mandarins qu'il fustigeait. Dans une troisième partie de carrière, Sartre et Foucault étant morts et la place de faux prophète démagogue et détraqué semblant vide, Bourdieu s'est essayé à l'occuper et s'est mis à jouer au tribun de la plèbe, rôle dans lequel il fut aussi convaincant que Foucault, exigeant, devant la Santé, la disparition des prisons, ou Sartre, gesticulant, juché sur un bidon devant les usines de Billancourt. Son combat à lui, Bourdieu, ce fut la grève des services publics de transports en 1995. Il s'y fit le défenseur des fonctionnaires et de l'étatisme, et y tint un discours que même Robert Hue et Arlette n'auraient osé tenir. Il fut si fier de ses rencontres avec des syndicalistes (de vrais syndicalistes, vous vous rendez compte, quelle excitation pour un bourgeois aigri !) qu'il publia ses diatribes sous la forme d'un livre. Cela s'appela " Contre-feux ". En lisant, on discerne très bien ce qui est " contre ", mais on voit mal le feu, tant le style est abscons et froid. Si l'on simplifie les phrases, ce n'est pas mieux, et cela devient d'une indigence risible. Lénine au petit pied Bourdieu n'a rien d'autre à dire que " les capitalistes
sont des exploiteurs et les ouvriers des exploités ". Traduit
en Bourdieulangue, cela devient : " Ces hommes qui oppriment les
autres et que, par convenance de langage économique, nous appellerons
capitalistes, se retrouvent en situation de confrontation dialectique
avec d'autres hommes, déshumanisés en leur essence par
la condition qui leur est faite, et que, par une autre convenance de
langage, nous appellerons ouvriers, et la confrontation dialectique
aboutit par la logique structurelle financière à ce que
les premiers soient en situation d'exploitation par rapport aux seconds
". (Vous n'y comprenez rien ? Dites-vous que Bourdieu non plus).
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