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Sic

Cabris
" Ceux qui crient comme des cabris " l'Europe sociale, l'Europe sociale " devraient faire attention aussi au maintien de la spécificité de chaque pays et à ce qui fait la cohésion nationale. " (Jacques Delors)

État de droit
" L'État de droit, ce n'est pas le droit de l'État, mais un État soumis aux droits fondamentaux dont il assure la garantie. " (Alain Madelin)

Conviction
" Ma différence principale avec Jacques Chirac, c'est que je crois que les convictions sont plus importantes que le pouvoir. " (François Bayrou)

Bové
" Les bonnes questions - celles qui concernent la vie quotidienne des citoyens - sont posées par José Bové, par les organisations antimondialistes, par les ONG et par les mouvements écologistes. " (Jean-Marie Messier)

Fédéralisme
" En matière de surveillance des politiques budgétaires nationales des États membres, l'Union européenne est allée plus loin que toutes les fédérations ou confédérations existantes, États-Unis et Confédération helvétique compris. " (Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque de France)

Sécurité
" Le gouvernement donne le sentiment de vouloir gérer l'insécurité, alors que les Français lui demandent de rétablir la sécurité. " (Pierre Lasbordes, député RPR)

Modèle
" Les hétérosexuels ont beaucoup à apprendre des façons d'aimer habituelles à la culture gay. " (Serge Chaumier, sociologue)

Répartition
" La répartition des richesses n'a de réalité durable que si les agents économiques sont encouragés à créer, produire, innover. " (Laurent Fabius)

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Guy Millière

 
Pierre Bourdieu est mort voici quelques semaines. Les journalistes et les politiques auraient pu présenter leurs condoléances, avant de passer à autre chose. Mais non ! Nous avons eu droit à tous les éloges imaginables. " Une perte irremplaçable pour la pensée française ", déclara l'un. " Un immense intellectuel ", ajouta l'autre. " Un philosophe majeur ", risqua un troisième.
Ce pays est entré dans un déclin tel, qu'on y entonne ainsi un concert de louanges à un homme, somme toute assez médiocre et nettement haïssable. On peut aussi se dire que, si la gauche française n'a plus d'autre référence, c'est qu'elle glisse vers le coma dépassé
Bourdieu a commencé sa carrière comme un néo-marxiste déterministe orthodoxe, par des livres tels que " la Reproduction " ou " les Héritiers ", où il s'essaie à montrer que l'école d'un pays occidental comme la France n'est rien d'autre qu'une machine à reproduire les privilèges. Vieille accusation, qu'on croirait sortie tout droit d'un opuscule oublié de Karl le furonculeux s'il n'y avait les ajouts et les afféteries de la pseudo " sociologie moderne "
Il continua en devenant professeur dans l'un de ces établissements prestigieux qu'il dénonçait, et en s'y conduisant, jusqu'au sectarisme le plus abject, comme l'un des mandarins qu'il fustigeait.
Dans une troisième partie de carrière, Sartre et Foucault étant morts et la place de faux prophète démagogue et détraqué semblant vide, Bourdieu s'est essayé à l'occuper et s'est mis à jouer au tribun de la plèbe, rôle dans lequel il fut aussi convaincant que Foucault, exigeant, devant la Santé, la disparition des prisons, ou Sartre, gesticulant, juché sur un bidon devant les usines de Billancourt.
Son combat à lui, Bourdieu, ce fut la grève des services publics de transports en 1995. Il s'y fit le défenseur des fonctionnaires et de l'étatisme, et y tint un discours que même Robert Hue et Arlette n'auraient osé tenir. Il fut si fier de ses rencontres avec des syndicalistes (de vrais syndicalistes, vous vous rendez compte, quelle excitation pour un bourgeois aigri !) qu'il publia ses diatribes sous la forme d'un livre. Cela s'appela " Contre-feux ". En lisant, on discerne très bien ce qui est " contre ", mais on voit mal le feu, tant le style est abscons et froid. Si l'on simplifie les phrases, ce n'est pas mieux, et cela devient d'une indigence risible.

Lénine au petit pied

Bourdieu n'a rien d'autre à dire que " les capitalistes sont des exploiteurs et les ouvriers des exploités ". Traduit en Bourdieulangue, cela devient : " Ces hommes qui oppriment les autres et que, par convenance de langage économique, nous appellerons capitalistes, se retrouvent en situation de confrontation dialectique avec d'autres hommes, déshumanisés en leur essence par la condition qui leur est faite, et que, par une autre convenance de langage, nous appellerons ouvriers, et la confrontation dialectique aboutit par la logique structurelle financière à ce que les premiers soient en situation d'exploitation par rapport aux seconds ". (Vous n'y comprenez rien ? Dites-vous que Bourdieu non plus).
Bourdieu, sur la fin de sa vie, se chercha une nouvelle cible, et celle-ci prit la forme de la télévision, incapable, disait-il de véhiculer la pensée. Comme Bourdieu était " de la gauche pure et dure ", les journalistes l'interviewèrent de leur mieux, quitte à recevoir des gifles ou des crachats de la part du Maître. Ce sont les risques du métier.
Ces jours derniers, comme des esclaves orphelins, ils firent circuler la myrrhe et l'encens, et on put voir des images d'archives où le Maître traitait de valets les présentateurs qui lui offraient la parole. On put l'entendre dire qu'ils le censuraient, alors qu'ils lui tendaient leurs micros. On put voir, aussi, un entretien entre le Maître et Gunther Grass : Grass apparut comme le représentant de la gauche qui dit n'importe quoi, mais qui aime la dépense, la fête et la truculence. Bourdieu, à côté, apparut comme le rigide, le monomaniaque de service. Lénine à Zurich devait ressembler à cela. Bourdieu avait la méchanceté et les frustrations d'un Lénine au très petit pied.
À voir l'absence de toute réaction négative, on pourrait penser que la gauche est déjà agonisante. Bourdieu est mort, mais il reste des disciples encore plus médiocres que lui. Lionel Jospin, l'homme au parapluie dans les fesses, a le même autoritarisme desséché. José Bové a des raisonnements aussi stupides, mais plus faciles à comprendre. Si cela ne suffit pas, rajoutez Guy Bedos. Il est aussi méchant et obtus que le Maître. Il ne fait rire personne, comme le Maître. Et, comme le Maître, il prend tous ceux qui ne pensent pas comme lui pour d'ignobles salauds à exterminer. Tous les espoirs lui sont permis

 


Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com