Sous réserve d'envois de dernière minute, postés
avant mardi minuit, des recomptages et vérifications du Conseil
Constitutionnel, ce sont donc, en principe, quinze ou seize candidats
que nous aurons à départager par nos suffrages, le 21 avril.
Certains de ces candidats, manifestement, se présentent pour leur
gloire personnelle, ou pour celle de l'organisation dont ils portent les
couleurs. D'autres défendent des éléments de programmes.
D'autres représentent des formations politiques ayant pignon sur
rue. Et enfin, trois candidats sortent du lot, car ils peuvent prétendre
être présents au deuxième tour : Lionel Jospin et
Jacques Chirac, les deux candidats dominants, depuis longtemps adoubés
par les médias, et Jean-Marie le Pen, troisième homme de
cette campagne, outsider des sondages, qui lui attribuent, selon les instituts,
entre 12 et 13 % des intentions de vote.
Dans ces colonnes, ouvertes à la diversité des opinions
de droite, nous avons pris l'habitude de nous engager à chaque
élection importante. Je m'oblige à indiquer mon choix personnel,
non pas bien sûr pour l'imposer à quiconque, mais pour éclairer
mes correspondants, qui ne comprendraient certainement pas qu'il en soit
autrement.
Comme je l'ai déjà indiqué, il y a plusieurs semaines,
mon choix au premier tour se portera sur Jean-Marie le Pen. Parce que,
s'il y a la moindre chance d'éviter un face à face Chirac-Jospin
au deuxième tour, elle réside dans la candidature du Président
du Front National. Comme le disait déjà, il y a plus de
150 ans, Frédéric Bastiat, s'adressant aux électeurs
du département des Landes : " Pour les contribuables, il n'est
pas raisonnable de choisir des fonctionnaires pour les représenter
! ". Or, s'il y a un " fossé " (dixit Chirac) qui
sépare les deux candidats dominants, c'est que l'un est sorti de
l'ENA dans le corps de la Cour des Comptes, tandis que l'autre devait
se contenter du corps des administrateurs des Affaires étrangères
!
Bien sûr, ce choix m'a valu un grand nombre de réactions
furibardes. À ce jour, une dizaine de personnes se sont désabonnées
au motif que cette revue serait devenue un quasi organe du Front National
! Je rappelle simplement à nos lecteurs qui auraient la mémoire
courte, ou qui sont des nouveaux venus, que c'est tout aussi librement
qu'au premier tour des élections présidentielles de 1995,
j'ai voté pour Édouard Balladur, puis pour Jacques Chirac
au deuxième tour. Et que j'ai voté pour la liste emmenée
par Charles Pasqua aux dernières élections européennes.
J'ajoute que mes choix personnels, qui sont publics, me laissent toute
liberté d'accueillir dans ces mêmes colonnes, des points
de vue et des choix différents.
Stratégies différentes
C'est ainsi que beaucoup de mes amis, en particulier parmi les collaborateurs
de ce journal, ont fait ou feront le choix d'Alain Madelin, dont ils partagent
les orientations libérales. Je les partage également. Je
les trouve même fort timides sur plusieurs points (financement des
retraites par capitalisation, mise en concurrence de l'assurance maladie
ou privatisation de l'audiovisuel public…). Mon désaccord avec
lui porte sur la stratégie. Je ne pense pas, en effet, que les
idées libérales - que je défends - puissent être
un point de clivage politique. Notre maître, Frédéric
Bastiat, ne siégeait-il pas d'ailleurs, au centre gauche ? Tony
Blair, le travailliste, ne serait-il pas, sur l'échiquier politique
français, qualifié d'ultra-libéral ? Pour fonctionner,
le clivage droite-gauche, qui est le seul, qu'on le veuille ou non, à
pouvoir structurer la vie politique française, doit s'appuyer sur
des définitions autrement plus larges et plus accueillantes à
des diversités de points de vue et de valeurs. Je propose pour
ma part que soient tenus pour des hommes de droite, tous ceux qui se disent
tels. Et de même à gauche. C'est ma conception " nominaliste
" du clivage droite-gauche. Dans lequel, Alain Madelin refuse obstinément
de s'inscrire, ce que je regrette.
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La multiplication des attentats contre des lieux de culte juif obligeait
les pouvoirs publics à réagir. En décidant une protection
renforcée d'un peu plus d'un millier de synagogues, le gouvernement
montre surtout qu'il a beaucoup tardé avant de prendre cette mesure.
Il était manifestement gêné, comme toute la classe
politique et médiatique d'ailleurs, par le fait que les agresseurs,
sans aucun doute possible, sont issus des mille quartiers de non-droit,
où des immigrés, d'origines diverses, font la loi.
Rétablir l'ordre. Construire de nouvelles prisons. Contrôler
l'immigration. Telles sont les vraies priorités.