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Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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et le recevoir ainsi par la poste tout les samedis.
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L'association Contribuables Associés a interrogé les candidats à l'élection présidentielle pour leur demander de s'engager, envers les contribuables, à :
1) réduire les dépenses publiques ; 2) établir la sincérité des comptes ;
3) diminuer le nombre de fonctionnaires ; 4) rendre incompatibles les statuts de
parlementaire et de fonctionnaire ; 5) équilibrer les comptes ; 6) rembourser
les dettes publiques ; 7) baisser massivement les impôts. Nous donnons
ici les extraits les plus significatifs des réponses obtenues.

Ils ont répondu à Contribuables associés :

Jacques Chirac
Lionel Jospin
Jean-Marie Le Pen
Alain Madelin
Bruno Mégret


Jacques Chirac
" De 1995 à 1997, l'échéance de la monnaie unique a obligé le précédent gouvernement à consacrer l'essentiel des ressources fiscales à la diminution du déficit public et de la dette publique afin de qualifier notre pays pour l'euro. En revanche, les recettes fiscales importantes qu'a procurées à l'État la croissance de 1997 à 2001 n'ont pas été mises à profit, ni pour poursuivre l'assainissement de nos finances publiques, ni pour alléger véritablement la pression fiscale ou réformer l'État.
La France a conservé un déficit budgétaire important. Le déficit de l'État a augmenté en 2001 pour la première fois depuis huit ans. Il est aujourd'hui supérieur à 30 milliards d'euros et la dette s'est accrue de 170 milliards d'euros.
C'est pourquoi la baisse des prélèvements et le retour à l'équilibre de nos finances publiques sont, pour moi, une priorité d'action. La diminution de l'endettement de la France est nécessaire, car il n'est pas acceptable de faire reposer sur nos enfants et petits-enfants la charge des dépenses d'aujourd'hui. La baisse des prélèvements obligatoires est aussi indispensable. Pour cela, je conduirai une profonde réforme fiscale : l'impôt sur le revenu devra être allégé d'un tiers sur cinq ans avec une baisse de 5 % pour tous les contribuables dès 2002. La fiscalité des entreprises sera associée à une réduction des contraintes administratives et à un assouplissement des 35 heures pour favoriser la croissance et l'emploi. Par ailleurs, plus de justice fiscale devra être introduite dans la taxe d'habitation. "

Lionel Jospin
" Je ne partage pas votre vision très pessimiste de la situation économique de notre pays. Je pense absolument nécessaire de développer au contraire une vision lucide de la France, prenant en compte ses forces, sa capacité créative, sa volonté d'aller de l'avant, sa capacité à s'adapter aux nouveaux défis tels que l'introduction de l'euro.
Cette confiance est justifiée par la constatation des performances de notre pays depuis 1997.
La baisse des impôts est une réalité depuis 1997. Les ménages ont ainsi bénéficié de la baisse de la TVA, de la baisse de l'ensemble des tranches de l'impôt sur le revenu et de la mise en place de la prime pour l'emploi.
Concernant la situation des finances publiques, le déficit et la dette de l'État sont en diminution depuis 1997. En 2002, le déficit public sera de 1,4 % du PIB. Depuis 1997, ce déficit a ainsi été réduit de plus de deux points.
Au total, sur près de 71,8 milliards d'euros procurés par la croissance des recettes fiscales et non fiscales entre 1997 et 2002, 43 % auront permis des réductions d'impôts nationaux et locaux, 37 % auront assuré la progression du budget général et 20 % auront assuré la réduction du déficit budgétaire.
Mon gouvernement a choisi de ne pas afficher à tout prix un déficit de l'État en baisse, et ainsi de ne pas, comme ce fut le cas entre 1995 et 1997, conduire une politique de réduction drastique des dépenses ou d'augmentation des prélèvements accentuant les effets dépressifs de difficultés conjoncturelles. L'équilibre des comptes doit être recherché pour le long terme. Il ne peut conduire à négliger les dépenses qui représentent des moyens nécessaires au fonctionnement de nombreux services publics, auxquels les Françaises et les Français sont légitimement attachés.
Nous continuerons à mettre en oeuvre une stratégie active pour la croissance économique. Il nous faut aujourd'hui aller plus loin, avec plus de force, pour atteindre l'objectif que nous nous sommes fixés de plein emploi.
La politique budgétaire, tout en mettant l'accent sur la maîtrise des dépenses et la réduction du déficit budgétaire favorisera, les dépenses de sécurité et de justice, ainsi que les dépenses d'avenir en faveur de l'éducation, la formation, la recherche, la société de l'information, l'environnement. "

Jean-Marie Le Pen
" Je suis, depuis toujours, le seul homme politique français à avoir fait de la lutte contre le fiscalisme une priorité et, notamment, à proposer la suppression de l'impôt sur le revenu.
Je m'engage à ce que, par référendum, le taux des prélèvements obligatoires soit inscrit dans la Constitution et que ce taux soit au maximum de 35 % du PIB.
1. J'entends réduire les dépenses publiques et sociales de 75 milliards de francs par an sur dix ans. Le piège classique est d'opposer socialisme et libéralisme. C'est l'intérêt national, et non l'idéologie, qui nous fait choisir l'allégement de la pression fiscale sur tous et la liberté de choix pour l'indispensable protection sociale de chacun.
2. On m'objecte souvent que cette diminution est impossible. Assurément, elle est impossible sur un an, mais pas sur une durée supérieure à raison, par exemple, d'un point de PIB par an (75 milliards de francs environ aujourd'hui), rythme réajustable dans chaque loi de finances annuelle, en fonction de la conjoncture économique et des rentrées fiscales constatées.
3. Je veux recentrer l'État sur ses missions régaliennes. L'effort portera particulièrement sur cinq départements de l'action gouvernementale : l'éducation, avec le chèque scolaire, la formation professionnelle rendue aux professionnels, le repli de l'interventionnisme socio-économique, la mise en oeuvre d'une vraie décentralisation, l'arrêt de toute immigration et l'allégement du fardeau qu'elle constitue pour le Pays. Il faut aussi mettre fin à la " subventionnite " : une amputation annuelle de 10 % des crédits publics affectés aux interventions économiques et socio-culturelles - sauf exception justifiée -, jusqu'à leurs quasi extinction, sera programmée.
4. L'homme politique est en charge de la Nation et de l'État : il trace la direction politique à suivre par les administrations. Les fonctionnaires et agents publics ne peuvent donc être élus parlementaires ou faire partie d'exécutifs locaux, sauf à démissionner de leur administration.
5. Faire reculer l'étatisme implique de s'attaquer non pas à la dépense, mais à la recette. Quand on collecte moins d'argent, on dépense forcément moins, alors qu'à l'inverse, on est toujours tenté de ne faire que des baisses marginales.
6. Les dettes publiques engagent notre avenir pour des générations, l'emprunt d'aujourd'hui étant l'impôt de demain. C'est la raison pour laquelle je veux diminuer la recette. Par ailleurs, je crois qu'il faut limiter la capacité d'emprunt des collectivités locales. Enfin un programme de désétatisation prévoira la remise à la libre entreprise (ce qui ne veut pas dire aux grands groupes du capitalisme financier !) de tout ce qui a trait à des biens ou des services " commercialisables ", en utilisant le " capitalisme populaire " ou la reprise par les salariés (RES), en développant les formules de sociétés coopératives de production et de main-d'oeuvre, pour les télécommunications, les transports, les loisirs, l'industrie - à l'exception de l'énergie -, les activités financières Le produit de cette désétatisation sera intégralement affecté à l'apurement de nos dettes publiques.
7. On peut d'autant plus facilement supprimer l'impôt sur le revenu que, contrairement à la situation des autres pays occidentaux, il ne représente en France que 6,8 % du total des prélèvements obligatoires. Quant à son effet redistributif, il est inexistant. Il est très profondément injuste : la charge de cet impôt est fortement concentrée sur quelques catégories de contribuables.
Je fais donc pleinement miens les sept engagements que vous me proposiez dans votre lettre, conformément à la maxime du cardinal de Richelieu : " Les dépenses absolument nécessaires pour la subsistance de l'État étant assurées, le moins qu'on peut lever sur le peuple est le meilleur ". "

Alain Madelin
" 1. Oui, bien sûr, je m'engage à cette réduction : j'ai précisé 5 % du PIB en cinq ans.
2. J'ai l'habitude de me référer aux articles 14 et 15 de la Déclaration des Droits de l'Homme : " Tous les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants la nécessité de la contribution, publique et de la consentir librement. " " La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. "
Vous devriez demander aux candidats de supprimer la règle des " services votés ". Quant aux comptes des organismes de sécurité sociale, il n'y a aucune chance de les rendre transparents, tant que le contrôle est confié au Parlement et surtout tant que ces organismes n'auront pas été transformés en centres de gestion autonomes et décentralisés, en concurrence avec des prestataires privés. Me suivrez-vous jusqu'à exiger la refonte de la vieille " sécu " ?
3. Mon projet n'est pas de ne remplacer " que la moitié " des fonctionnaires qui partiront à la retraite, mais de ne pas remplacer la totalité.
4. La démission des fonctionnaires élus me semble une bonne chose ; mais pourquoi pas celle des fonctionnaires candidats ?
6. Équilibrer les comptes : oui, bien sûr. Mais l'essentiel est moins d'équilibrer un budget que de le réduire. J'ai proposé l'interdiction pour le Parlement d'accroître la dette publique.
Je suis pour la suppression pure et simple de toute politique macro-économique, qu'elle soit budgétaire ou monétaire.
6. J'ai proposé deux moyens complémentaires : l'un est la vente d'actifs de l'État et des administrations publiques, l'autre est la refonte fiscale que je propose.
7. Mon projet n'est pas de baisser la masse des impôts, mais les taux d'imposition. Je l'ai annoncé clairement : réduire à trois le nombre de tranches de l'IRPP, et ramener à 33 % le taux sur la tranche de revenus la plus élevée. J'ai précisé que cette baisse des taux aura un effet radical sur l'incitation à entreprendre et à investir, créera des emplois et de la croissance. De la sorte, les recettes fiscales globales risquent fort d'augmenter. Cette " cagnotte fiscale " n'autorise pas le gouvernement à dépenser davantage, mais sera affectée au remboursement de la dette publique par anticipation, et à la constitution d'un fonds de garantie pour les retraites. À terme, elle permettra de supprimer encore des impôts aberrants.
À ce sujet, je crois être le seul à proposer une refondation fiscale complète :
- baisse des taux de l'IRPP,
- fusion de la CSG dans l'IRPP, constituant une première tranche proportionnelle au revenu et payée par tous les Français,
- prélèvement de l'impôt direct à la source,
- suppression des doubles taxations de l'épargne et des impôts patrimoniaux (plus-values mobilières et immobilières, droits de succession, droits de mutation),
- suppression de la taxe professionnelle, qui ne pénalise que l'investissement. "

Bruno Mégret
" La baisse massive des impôts et, au-delà, des prélèvements obligatoires est au coeur de mon projet.
C'est donc bien évidemment par oui que je réponds à vos sept questions, avec enthousiasme et surtout avec la ferme volonté de mettre en oeuvre, au plus vite, les mesures de salubrité publique qui s'imposent dans ce domaine.
Loin d'être utopique ou de constituer une promesse quasi obligée de tout candidat, la décrue fiscale est aussi nécessaire que possible.
L'urgence politique, dans ce domaine comme dans bien d'autres, c'est de rompre avec le socialisme ! "


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