Bruno Mégret
Jacques Chirac
" De 1995 à 1997, l'échéance de la monnaie
unique a obligé le précédent gouvernement à
consacrer l'essentiel des ressources fiscales à la diminution
du déficit public et de la dette publique afin de qualifier notre
pays pour l'euro. En revanche, les recettes fiscales importantes qu'a
procurées à l'État la croissance de 1997 à
2001 n'ont pas été mises à profit, ni pour poursuivre
l'assainissement de nos finances publiques, ni pour alléger véritablement
la pression fiscale ou réformer l'État.
La France a conservé un déficit budgétaire important.
Le déficit de l'État a augmenté en 2001 pour la
première fois depuis huit ans. Il est aujourd'hui supérieur
à 30 milliards d'euros et la dette s'est accrue de 170 milliards
d'euros.
C'est pourquoi la baisse des prélèvements et le retour
à l'équilibre de nos finances publiques sont, pour moi,
une priorité d'action. La diminution de l'endettement de la France
est nécessaire, car il n'est pas acceptable de faire reposer
sur nos enfants et petits-enfants la charge des dépenses d'aujourd'hui.
La baisse des prélèvements obligatoires est aussi indispensable.
Pour cela, je conduirai une profonde réforme fiscale : l'impôt
sur le revenu devra être allégé d'un tiers sur cinq
ans avec une baisse de 5 % pour tous les contribuables dès 2002.
La fiscalité des entreprises sera associée à une
réduction des contraintes administratives et à un assouplissement
des 35 heures pour favoriser la croissance et l'emploi. Par ailleurs,
plus de justice fiscale devra être introduite dans la taxe d'habitation.
"
Lionel Jospin
" Je ne partage pas votre vision très pessimiste de la situation
économique de notre pays. Je pense absolument nécessaire
de développer au contraire une vision lucide de la France, prenant
en compte ses forces, sa capacité créative, sa volonté
d'aller de l'avant, sa capacité à s'adapter aux nouveaux
défis tels que l'introduction de l'euro.
Cette confiance est justifiée par la constatation des performances
de notre pays depuis 1997.
La baisse des impôts est une réalité depuis 1997.
Les ménages ont ainsi bénéficié de la baisse
de la TVA, de la baisse de l'ensemble des tranches de l'impôt
sur le revenu et de la mise en place de la prime pour l'emploi.
Concernant la situation des finances publiques, le déficit et
la dette de l'État sont en diminution depuis 1997. En 2002, le
déficit public sera de 1,4 % du PIB. Depuis 1997, ce déficit
a ainsi été réduit de plus de deux points.
Au total, sur près de 71,8 milliards d'euros procurés
par la croissance des recettes fiscales et non fiscales entre 1997 et
2002, 43 % auront permis des réductions d'impôts nationaux
et locaux, 37 % auront assuré la progression du budget général
et 20 % auront assuré la réduction du déficit budgétaire.
Mon gouvernement a choisi de ne pas afficher à tout prix un déficit
de l'État en baisse, et ainsi de ne pas, comme ce fut le cas
entre 1995 et 1997, conduire une politique de réduction drastique
des dépenses ou d'augmentation des prélèvements
accentuant les effets dépressifs de difficultés conjoncturelles.
L'équilibre des comptes doit être recherché pour
le long terme. Il ne peut conduire à négliger les dépenses
qui représentent des moyens nécessaires au fonctionnement
de nombreux services publics, auxquels les Françaises et les
Français sont légitimement attachés.
Nous continuerons à mettre en oeuvre une stratégie active
pour la croissance économique. Il nous faut aujourd'hui aller
plus loin, avec plus de force, pour atteindre l'objectif que nous nous
sommes fixés de plein emploi.
La politique budgétaire, tout en mettant l'accent sur la maîtrise
des dépenses et la réduction du déficit budgétaire
favorisera, les dépenses de sécurité et de justice,
ainsi que les dépenses d'avenir en faveur de l'éducation,
la formation, la recherche, la société de l'information,
l'environnement. "
Jean-Marie Le Pen
" Je suis, depuis toujours, le seul homme politique français
à avoir fait de la lutte contre le fiscalisme une priorité
et, notamment, à proposer la suppression de l'impôt sur
le revenu.
Je m'engage à ce que, par référendum, le taux des
prélèvements obligatoires soit inscrit dans la Constitution
et que ce taux soit au maximum de 35 % du PIB.
1. J'entends réduire les dépenses publiques et sociales
de 75 milliards de francs par an sur dix ans. Le piège classique
est d'opposer socialisme et libéralisme. C'est l'intérêt
national, et non l'idéologie, qui nous fait choisir l'allégement
de la pression fiscale sur tous et la liberté de choix pour l'indispensable
protection sociale de chacun.
2. On m'objecte souvent que cette diminution est impossible. Assurément,
elle est impossible sur un an, mais pas sur une durée supérieure
à raison, par exemple, d'un point de PIB par an (75 milliards
de francs environ aujourd'hui), rythme réajustable dans chaque
loi de finances annuelle, en fonction de la conjoncture économique
et des rentrées fiscales constatées.
3. Je veux recentrer l'État sur ses missions régaliennes.
L'effort portera particulièrement sur cinq départements
de l'action gouvernementale : l'éducation, avec le chèque
scolaire, la formation professionnelle rendue aux professionnels, le
repli de l'interventionnisme socio-économique, la mise en oeuvre
d'une vraie décentralisation, l'arrêt de toute immigration
et l'allégement du fardeau qu'elle constitue pour le Pays. Il
faut aussi mettre fin à la " subventionnite " : une
amputation annuelle de 10 % des crédits publics affectés
aux interventions économiques et socio-culturelles - sauf exception
justifiée -, jusqu'à leurs quasi extinction, sera programmée.
4. L'homme politique est en charge de la Nation et de l'État
: il trace la direction politique à suivre par les administrations.
Les fonctionnaires et agents publics ne peuvent donc être élus
parlementaires ou faire partie d'exécutifs locaux, sauf à
démissionner de leur administration.
5. Faire reculer l'étatisme implique de s'attaquer non pas à
la dépense, mais à la recette. Quand on collecte moins
d'argent, on dépense forcément moins, alors qu'à
l'inverse, on est toujours tenté de ne faire que des baisses
marginales.
6. Les dettes publiques engagent notre avenir pour des générations,
l'emprunt d'aujourd'hui étant l'impôt de demain. C'est
la raison pour laquelle je veux diminuer la recette. Par ailleurs, je
crois qu'il faut limiter la capacité d'emprunt des collectivités
locales. Enfin un programme de désétatisation prévoira
la remise à la libre entreprise (ce qui ne veut pas dire aux
grands groupes du capitalisme financier !) de tout ce qui a trait à
des biens ou des services " commercialisables ", en utilisant
le " capitalisme populaire " ou la reprise par les salariés
(RES), en développant les formules de sociétés
coopératives de production et de main-d'oeuvre, pour les télécommunications,
les transports, les loisirs, l'industrie - à l'exception de l'énergie
-, les activités financières Le produit de cette désétatisation
sera intégralement affecté à l'apurement de nos
dettes publiques.
7. On peut d'autant plus facilement supprimer l'impôt sur le revenu
que, contrairement à la situation des autres pays occidentaux,
il ne représente en France que 6,8 % du total des prélèvements
obligatoires. Quant à son effet redistributif, il est inexistant.
Il est très profondément injuste : la charge de cet impôt
est fortement concentrée sur quelques catégories de contribuables.
Je fais donc pleinement miens les sept engagements que vous me proposiez
dans votre lettre, conformément à la maxime du cardinal
de Richelieu : " Les dépenses absolument nécessaires
pour la subsistance de l'État étant assurées, le
moins qu'on peut lever sur le peuple est le meilleur ". "
Alain Madelin
" 1. Oui, bien sûr, je m'engage à cette réduction
: j'ai précisé 5 % du PIB en cinq ans.
2. J'ai l'habitude de me référer aux articles 14 et 15
de la Déclaration des Droits de l'Homme : " Tous les citoyens
ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants
la nécessité de la contribution, publique et de la consentir
librement. " " La société a le droit de demander
compte à tout agent public de son administration. "
Vous devriez demander aux candidats de supprimer la règle des
" services votés ". Quant aux comptes des organismes
de sécurité sociale, il n'y a aucune chance de les rendre
transparents, tant que le contrôle est confié au Parlement
et surtout tant que ces organismes n'auront pas été transformés
en centres de gestion autonomes et décentralisés, en concurrence
avec des prestataires privés. Me suivrez-vous jusqu'à
exiger la refonte de la vieille " sécu " ?
3. Mon projet n'est pas de ne remplacer " que la moitié
" des fonctionnaires qui partiront à la retraite, mais de
ne pas remplacer la totalité.
4. La démission des fonctionnaires élus me semble une
bonne chose ; mais pourquoi pas celle des fonctionnaires candidats ?
6. Équilibrer les comptes : oui, bien sûr. Mais l'essentiel
est moins d'équilibrer un budget que de le réduire. J'ai
proposé l'interdiction pour le Parlement d'accroître la
dette publique.
Je suis pour la suppression pure et simple de toute politique macro-économique,
qu'elle soit budgétaire ou monétaire.
6. J'ai proposé deux moyens complémentaires : l'un est
la vente d'actifs de l'État et des administrations publiques,
l'autre est la refonte fiscale que je propose.
7. Mon projet n'est pas de baisser la masse des impôts, mais les
taux d'imposition. Je l'ai annoncé clairement : réduire
à trois le nombre de tranches de l'IRPP, et ramener à
33 % le taux sur la tranche de revenus la plus élevée.
J'ai précisé que cette baisse des taux aura un effet radical
sur l'incitation à entreprendre et à investir, créera
des emplois et de la croissance. De la sorte, les recettes fiscales
globales risquent fort d'augmenter. Cette " cagnotte fiscale "
n'autorise pas le gouvernement à dépenser davantage, mais
sera affectée au remboursement de la dette publique par anticipation,
et à la constitution d'un fonds de garantie pour les retraites.
À terme, elle permettra de supprimer encore des impôts
aberrants.
À ce sujet, je crois être le seul à proposer une
refondation fiscale complète :
- baisse des taux de l'IRPP,
- fusion de la CSG dans l'IRPP, constituant une première tranche
proportionnelle au revenu et payée par tous les Français,
- prélèvement de l'impôt direct à la source,
- suppression des doubles taxations de l'épargne et des impôts
patrimoniaux (plus-values mobilières et immobilières,
droits de succession, droits de mutation),
- suppression de la taxe professionnelle, qui ne pénalise que
l'investissement. "
Bruno Mégret
" La baisse massive des impôts et, au-delà, des prélèvements
obligatoires est au coeur de mon projet.
C'est donc bien évidemment par oui que je réponds à
vos sept questions, avec enthousiasme et surtout avec la ferme volonté
de mettre en oeuvre, au plus vite, les mesures de salubrité publique
qui s'imposent dans ce domaine.
Loin d'être utopique ou de constituer une promesse quasi obligée
de tout candidat, la décrue fiscale est aussi nécessaire
que possible.
L'urgence politique, dans ce domaine comme dans bien d'autres, c'est
de rompre avec le socialisme ! "
Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com