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Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Alain Dumait

Jamais une campagne ne se sera déroulée avec aussi peu de propositions audibles de la part des candidats. Qui plus est, le candidat le mieux placé, président de la République sortant, apparaît comme n'ayant d'autre projet véritable que de gérer l'existant, y compris le " socialisme à la française " (emplois jeunes, 35 heures, retraites à 60 ans, ISF).
Les médias français sont malhonnêtes : c'est la première conclusion qui s'imposent dans cette campagne présidentielle.
Avant le début de la campagne officielle, le 5 avril, ils nous ont rebattu les oreilles avec toutes sortent de candidats virtuels, tels l'humoriste Dieudonné M'Bala M'Bala, qui n'a obtenu qu'un seul des 500 patronages nécessaires. Mais ils se sont bien gardés de donner la parole, fût-ce une seule fois, et même dans un journal réputé à droite, à un candidat à la candidature comme Claude Reichman, pourfendeur du monopole de la Sécurité sociale.
Cela a continué avec la campagne officielle. Radios et télés sont surveillées par le CSA sur une base purement quantitative. Ce qui leur laisse de larges marges de manoeuvre pour exercer leur déloyauté. Pour affaiblir Lionel Jospin, on fait la part belle aux écologistes et aux 4 candidats de l'extrême gauche, tandis que pour déconsidérer Jean-Marie Le Pen, on laisse s'exprimer ad libitum Bruno Mégret ou Christine Boutin.
S'appuyant sur des instituts de sondages, qui sont à la fois leurs fournisseurs et leurs complices, ils nous mentent. Les sondages disent quoi ? Que trois candidats sont au-dessus de la barre des 10 % (Chirac, Jospin et Le Pen), que trois autres seraient entre 5 et 10 % (Laguiller, Chevénement et Mamère), tandis que les dix autres seraient entre 0,1 et 5 %. Ils disent aussi qu'un seul a vraiment progressé depuis deux mois : Jean-Marie Le Pen.
Or, chacun a droit à son petit coup de pub dans les médias, y compris Christiane Taubira ou Corinne Lepage - créditées de 1 % d'intentions de vote -, mais Le Pen reste triquard
C'est dans ce contexte que, pour l'instant, Jacques Chirac est donné gagnant le 5 mai. Mais avec une avance si réduite que le sort final des urnes reste très incertain. D'autant que le contexte international s'invite dans cette fin de campagne, donnant un nouvel avantage au président sortant par rapport à son principal challenger, jugé plus hésitant et de moindre stature sur ce dossier particulier du Moyen Orient

La question qui est sur toutes les lèvres est aujourd'hui de savoir si l'Occident, Amérique et Europe une nouvelle fois réunis, doivent ou non intervenir directement dans le conflit palestinien, pour au moins séparer les deux belligérants. L'immense majorité de nos dirigeants, comme des commentateurs, semble favorables à une intervention. Seul Le Pen y est résolument hostile. Et je crois qu'une fois de plus il a raison !
Bien sûr que ce qui se passe là-bas est un drame affreux. Pour les Israéliens d'abord : comme le notait le rabbin Josy Eisenberg (Le Figaro du 13 avril), quand Israël déplore 500 victimes dans des attentats, à l'échelle de la France cela représente l'équivalent de 5 000 personnes, et même 20 000 à l'échelle des États-Unis. Et tout autant pour les Palestiniens arabes, qui déplorent autant de morts et de blessés, et dont les perspectives d'avenir sont également réduites.
Mais une chose est d'éprouver une grande affliction face à une situation, une autre chose est d'intervenir, en prenant le risque d'un élargissement du conflit, et même de son internationalisation, malgré des chances très réduites d'aboutir à une paix durable.
Soyons clairs, au risque de paraître cyniques : mieux vaut pour nous, pour nos enfants, et pour le monde, un conflit durable mais géographiquement limité, plutôt qu'un conflit élargi, avec des risques de contamination intérieure aussi bien en Amérique qu'en Europe, antichambre d'une possible troisième guerre mondiale.
Et qui bombarderait-on cette fois ? Sans doute pas les villes israéliennes. Mais pas non plus les camps de réfugiés palestiniens. Sauf si un kamikaze allait se faire sauter à New York.
Nous rêvons tous de paix universelle. Hélas, elle n'est pas pour demain. En attendant, et aussi horrible que cela soit, mieux vaut vivre avec des conflits limités qu'avec des conflits qui embrasent le monde entier (et aux conséquences incontrôlables). Méfions-nous des apprentis-sorciers. Le temps des croisades est passé. Celui des rêves coloniaux et orientaux aussi. L'altruisme des chefs d'État doit avoir pour limite la tranquillité et la paix civile que les citoyens sont en droit de leur demander.


Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com