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Sic

République
" Sans le socialisme, la République est impuissante. " (Jean Jaurès)

Travail
" Il faut permettre à ceux qui le veulent de travailler après 60 ans. " (Jacques Delors… père de Martine Aubry)

Antifascisme
" Attention à ne pas exploiter une sorte de filon antifasciste. Il n'y a pas, dans ce pays, près de 20 % d'électeurs fascistes ! " (Ségolène Royal)

Vote utile
" Il n'y a pas de vote inutile ! Un vote protestataire est politique ; tout vote est politique. " (Romain Pache, ancien directeur des études politiques de BVA)

Clivage
" Si être de gauche, c'est penser, comme Jean Jaurès, qu'il n'y a pas de démocratie sans morale ni justice sociale, alors je suis de gauche sans hésiter et de tout cœur. Et, si être de droite, c'est penser, comme Charles Péguy, qu'il n'y a pas de République sans morale ni spiritualité, alors je suis de droite, sans équivoque. " (Corinne Lepage)

Islam
" J'ai toujours eu un regard fraternel vis-à-vis de l'islam. " (Jean-Pierre Chevènement)

CONFORMISTES
"Les hôteliers qui ont refusé d'accueillir Papon lors de son procès n'étaient pas des résistants, mais des conformistes. " (Alain Finkielkraut, philosophe)

Avenir
" Je suis un passéiste-né, parce que l'avenir, c'est la mort. " (Alain Delon)

Avance
" En temps que femme noire, j'ai deux siècles d'avance pour parler de la République. " (Christiane Taubira, candidate radicale)

Droite
" Je ne suis pas de droite. " (Jacques Chirac, le 14 mars sur RTL)

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Alain Dumait < 4verites@noos.fr >

Comme toute comptabilité, la comptabilité électorale requiert de l'honnêteté, du scrupule, et de la lucidité. C'est pourquoi, vous oublierez le plus rapidement possible la quasi-totalité des commentaires dont les médias, en particulier la télé, vous ont abreuvé depuis le 21 avril, 20 heures. Car, pour vous, amis lecteurs et correspondants des " 4 Vérités ", les résultats de ce scrutin étaient tout sauf une surprise. Ils étaient même attendus, qu'ils soient espérés ou non. Si ce fut un séisme, celui-ci ne fut ressenti comme tel que par ceux qui, oreilles bouchées, n'avaient pas entendu l'orage venir.
Considérons les chiffres, examinons leur signification.
1°) Le clivage droite-gauche demeure le référent essentiel de la vie politique française. Et d'ailleurs, après l'avoir remis en cause, la plupart des observateurs y ont à nouveau recours dès la clôture des bureaux de vote. C'est ainsi que naturellement Jean-Pierre Chevènement est immédiatement reclassé à gauche, tandis que les chasseurs du CPNT sont replacés à droite.
Selon ce clivage droite-gauche, toute famille confondue, la droite est, en France, largement majoritaire. Selon les circonstances, le rapport électoral droite-gauche, depuis 15 ans, évolue entre 60/40 et 55/45, mais toujours au bénéfice de la droite.
2°) Un autre clivage, qui traverse la droite comme la gauche prend désormais une importance considérable : c'est celui qui sépare les formations politiques dites de gouvernement et les autres. C'est le clivage système contre hors système, défenseur de l'establishment et ceux qui le contestent. À droite, il s'agit du Front National, du MNR et du CPNT. À gauche, il s'agit des trois groupuscules trotskistes dont les candidats ont rassemblé un peu plus des 8 % des suffrages exprimés.
Ensemble, ils constituent un bloc d'environ 35 % des suffrages, plus important en volume que celui de la fausse droite (33,5 %) ou de la gauche de gouvernement (31,5 %).
3°) Les électeurs ont plus sévèrement sanctionné la droite parlementaire que la gauche. Non seulement le score de Jacques Chirac est le plus faible jamais obtenu par un président sortant, mais encore, en y ajoutant tous les suffrages recueillis par les concurrents de son camp au premier tour, on arrive à un total inférieur de 10 points au total enregistré par les candidats de la fausse droite en 1995.
4°) La gauche est également sanctionnée mais, par rapport à 1995, l'ensemble de ses candidats ne perd que 3 %, en pourcentage des votants. Conclusion : aux yeux des électeurs, Chirac était bien plus usé que Jospin…
5°) La dispersion des suffrages qui a concerné aussi bien la droite que la gauche, a été mortelle à celle-ci tout simplement parce qu'elle pèse globalement moins lourd dans l'opinion. Et parce que le président de la République sortant, avec à sa disposition la machine électorale du RPR en impose davantage à ses alliés concurrents que le PS avec sa culture plurielle.
6°) L'élimination de Lionel Jospin au deuxième tour de l'élection présidentielle traduit, certes, un abaissement de l'influence du parti socialiste, d'ailleurs parallèle à la diminution du poids des partis de la fausse droite. Mais, elle est surtout la conséquence des règles qui président à cette élection à deux tours, lesquelles laissent la place, en 2002 comme en 1969, à l'aberration démocratique qui aboutit à voir s'affronter au deuxième tour, deux candidats dits de droite.
7°) Mais, bien sûr, l'affrontement du 5 mai entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen, au-delà de l'affaiblissement du PS et de la perversité des règles électorales françaises, résulte d'abord et avant tout, de la fracture de la droite en deux camps adverses, apparemment plus farouchement opposés entre eux que ne le sont la droite et la gauche dites de gouvernement. Comme si, en ces temps d'exacerbation, le clivage système/hors système était plus fort que le clivage droite-gauche. Pour notre part, nous n'avons jamais accepté et nous n'acceptons pas cette guerre civile. Et nous faisons reproche à Jacques Chirac d'être responsable de cette fracture nationale. Nous considérons que le clivage droite-gauche, en tout cas pour la droite, doit inclure toutes les familles de la droite, la famille nationale que représentent actuellement Jean-Marie le Pen et Bruno Mégret, n'étant jamais historiquement que l'une des trois familles classiques de la droite (telles que l'historien René Rémond les a identifiées, analysées et suivies depuis 1815).
À cet égard, le résultat du 21 avril, pour satisfaisant qu'il soit, au moins pour tous ceux qui ont voté pour Jean-Marie le Pen, dans la mesure où il marque un nouvel approfondissement de la fracture entre la droite de conviction et la droite de gouvernement, est en même temps un événement attristant.
C'est en fonction de ce constat qu'il convient, nous semble-t-il, de déterminer une position, aussi bien pour le deuxième tour du 5 mai que pour les élections législatives des 9 et 16 juin (voir chronique page 8).


Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com