Sommaire

 

 

Sic


Dialogue
" Une poignée de mains à Jean-Marie Le Pen me paraîtrait encore de trop. Je suis prêt à expérimenter tous les plats qu'on voudra, mais on ne discute pas recettes de cuisine avec des anthropophages ! " (Jean-Pierre Vernant, historien marxiste)

35 heures
" Dès qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste… " (Karl Marx)

Idées
" Si les autres candidats montrent leur femme ou parlent de leur chien, c'est pour masquer la pauvreté de leurs idées. " (Daniel Gluckstein)

Oslo
" Oslo n'est pas un coup pour rien, ce fut une étape essentielle de la reconnaissance mutuelle entre Israéliens et Palestiniens. À mes yeux, elle est irréversible. " (Élie Barnavi, ambassadeur d'Israël en France)

Égalité
" L'égalité ne peut s'accommoder du démantèlement du service public. " (Jean-Pierre Chevènement)

Passivité…
" Quand une crise survient, nul n'accepte que le pouvoir reste passif. " (Édouard Balladur)

… Et intervention
" L'interventionnisme et le protectionnisme doivent être révolus. " (Laurent Fabius)

Europe
" Libéralisme, fédéralisme, communautarisme : les trois piliers de l'Europe sont étrangers à l'histoire de France. " (Max Gallo)

Euro
" Les ennemis de l'euro sont aussi des ennemis de l'Europe. " (Peter Hain, ministre britannique des affaires européennes)

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Guy Millière

En ces temps où l'anesthésie socialiste s'appesantit sur la France, le seul réconfort, quand tout semble prêt pour le crépuscule définitif, est que, parfois, une voix forte et audible parvient à s'élever. La voix, pour les États-Unis, fut celle de Ronald Reagan en 1980. Pour la Grande-Bretagne, ce fut en 1940, celle de Winston Churchill et, en 1979, celle de Margaret Thatcher.
Cela fait environ douze ans que celle qu'on appela la " dame de fer " a quitté le pouvoir. Son ombre immense continue à veiller sur son pays. Elle a, depuis son retrait de la vie politique, publié deux livres remarquables concernant sa vie. Elle vient d'en publier un troisième, consacré cette fois à la politique et à l'histoire*.
Margaret Thatcher parle d'abord de l'époque cruciale où elle était Premier Ministre, et nous met en garde contre une dangereuse révision de l'histoire de la fin de la guerre froide. " Le rôle de Ronald Reagan, écrit-elle, a été délibérément minoré. Le rôle des Européens, qui - à l'exception de l'ex-chancelier Kohl et de moi-même - cherchaient à saper les efforts américains aux moments cruciaux, a été redéfini de manière aseptisée, et le rôle de Mikhail Gorbatchev, qui a spectaculairement échoué dans sa tentative de sauver le communisme et l'Union soviétique, a été réécrit de manière absurde ".
Les conséquences de la révision ? La dissémination en Europe de discours selon lesquels l'apaisement reste, face à un adversaire, la meilleure solution. La possibilité pour la gauche d'" échapper à tout blâme pour ce qui concerne le communisme et le philo-communisme " et la possibilité, pour la gauche aussi, de prétendre être " plus moderne, plus lucide, et plus pragmatique que ceux grâce à qui le monde a pu être libéré du communisme ".
Ces conséquences sont visibles partout sur la planète, mais surtout en Europe où on oublie trop vite que " c'est sur le sol européen que sont nées les idéologies qui ont mené à deux guerres mondiales chaudes, mais aussi l'idéologie qui a conduit à une guerre mondiale froide. "

Le constructivisme européen

Ces conséquences se retrouvent aussi dans la façon dont on édifie l'Union européenne. Et ce qu'écrit Margaret Thatcher à ce sujet est sans appel : " L'Europe qui se construit est fondamentalement irréformable… L'objectif européen de faire de la monnaie unique un concurrent du dollar, les mouvements furtifs mais rapides de l'Europe vers la création de ses propres forces armées de façon à les substituer à l'Otan, son ambition de créer une zone judiciaire commune qui prévaudra sur les systèmes juridiques nationaux et le projet actuel de créer une Constitution européenne, tout cela constitue l'un des projets politiques les plus ambitieux et les plus mégalomanes des temps modernes. "
Outre son ambition mégalomane, nous dit Margaret Thatcher, le projet est vicié. " L'Europe n'est pas les États-Unis " et ne peut devenir un équivalent européen des États-Unis. Elle ne dispose pas d'" un langage, d'une culture, d'une histoire, et de valeurs communes ".
Si les États-Unis furent le résultat d'une évolution, parfois douloureuse, " l'Europe est le résultat de plans. Elle est, en fait, un projet utopique très classique, un monument à la vanité des intellectuels, un programme dont le résultat inévitable sera l'échec. Seule l'importance des dégâts finaux reste inconnue ".
Nul ne doute que le livre de Margaret Thatcher sera lu dans tout le monde anglophone. Vu la situation actuelle en France, nous devrions, d'ores et déjà, nous interroger sur ce qu'il nous dit.
Ne sommes-nous pas dans un contexte où la révision de l'histoire de la guerre froide est omniprésente ? Ne sommes-nous pas en pleine phase d'apaisement face à tant de dictateurs et terroristes ? Ne cherchons-nous pas, une fois encore, à saper les efforts américains ? N'avons-nous pas une gauche qui se proclame lucide, moderne et pragmatique et pour qui des libéraux-conservateurs comme Reagan et Thatcher sont des ringards idiots ? N'avons-nous pas tendance à oublier que tant d'idéologies criminelles sont nées en Europe et que, dans l'islamisme radical lui-même, il y a des ingrédients venus de ces idéologies criminelles ? Ne sommes-nous pas atteints presque tous d'une croyance en l'Europe, dont nous avons tendance à oublier la dimension constructiviste ? Avons-nous, sous l'influence pernicieuse de la gauche, oublié que le constructivisme mène toujours au désastre ? Quand le désastre sera patent, comme des enfants incorrigibles, nous compterons sur l'oncle Sam pour nous sortir de là et, comme des enfants à l'âge ingrat, nous ne dirons même pas merci.

*Margaret Thatcher, Statecraft, HarperCollins, 2002.



Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com